Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

 

Cet article vise à éclairer les lecteurs sur les pratiques de corruption qui existent au sein du ministère des Finances à travers l’élaboration et l’exécution du budget de l’Etat. S’il est admis que le seul instrument de politique économique que dispose le gouvernement tchadien est celui des dépenses publiques, nous comprenons bien que le développement socio économique du Tchad passera d’abord et inéluctablement par une gestion transparente et rigoureuse des ressources de l’Etat.

Alors plusieurs pratiques de fraude existent pendant l’élaboration, l’exécution et la validation des comptes de l’Etat.

 

La pratique la plus usuelle porte sur les subventions et transferts de l’Etat. D’énormes dotations sont prévues  chaque année pour les sociétés d’Etat telles que la STEE, la Coton Tchad, la SHT, les maîtres communautaires. Mais le régime prend le soin de mettre à la tête de ces sociétés des tchadiens à même de recevoir ces transferts et subvention et de lui restituer la grande partie des fonds reçus. C’est pourquoi malgré les importantes subventions et les transferts chaque année, ces sociétés ne sortent pas du marasme dans lequel elles sont plongées. Les ressources d’appui sont déviées de leur but.. ces subventions et transferts représentent chaque année 15% du budget total de l’Etat.

 

Le deuxième canal de tricherie porte sur une ligne budgétaire importante appelée dépenses communes dont les dépenses exceptionnelles de sécurité. Cette rubrique est aussi importante et a atteint aux environs 20% du budget ces dernières avec les incursions des rebelles. Là c’est carrément une ligne budgétaire bordelle où tout est mis dedans, on peut tout faire avec et  rien ne se justifie là.

 

Le troisième canal porte sur l’exécution des budgets ministériels. Des instructions peuvent être données à des services de contrôle financier de bloquer l’absorption de budget par tel ministère et favoriser celle d’un autre parce que ce dernier peut véritablement à travers les commissions des marchés publiques et autres pratiques alimenter le régime. Il en est le cas du ministère des infrastructures d’Adoum Younousmi dont le taux d’exécution budgétaire dépasse chaque année 90% alors que les autres ministères trainent avec des taux d’exécution au tour de 50%. Pour bloquer le processus d’exécution budgétaire des autres ministères, on invoque le non respect des procédures, le caractère illisible des documents comptables, etc.. l’actuel mandat de Deby étant un mandat social, on s’attendait à ce que les ministère de santé, de l’éducation, la famille et de l’action sociale aient des taux d’exécution de leur budget les plus élevés. Mais il n’en est rien.

 

Le quatrième canal est le favoritisme accordé à certains agents. En effet, il est usuel aujourd’hui au Tchad que plusieurs personnes saines bénéficient des subventions d’évacuation sanitaire à l’étranger et en particulier en Tunisie tandisque les cadres effectivement sont abandonnés par l’Etat dans les hôpitaux mouroirs du Tchad. C’est ainsi que l’ancien premier Ministre Djimasde Koibla  et bien d’autres malheureux cadres tchadiens avaient succombé à leur maladie durant le processus des procédures administratives d’évacuation  rendu expressément long et lent alors que je connais des gens qui ont obtenu leur papier de « vraie fausse évacuation sanitaire » en moins d’une semaine par ce qu’ils ont des relations privilégiées avec tel haut cadre de finances.

Le cinquième canal est l’utilisation des DAO par l’Etat, les fameuses dépenses avant ordonnancement. Il s’agit simplement d’un fait que l’Etat se permet le loisir de ne pas respecter ses propres règles de circuit de dépenses (dotation, engagement, ordonnancement et payement). Il achète tout ce qu’il veut dans des conditions très flues et enfin d’année, il va s’évertuer à régulariser ces dépenses.

Le sixième canal est celui de la rubrique des investissements sur financement intérieur car les investissements sur financent extérieur sont contrôlés plus ou moins par le bailleur. Les investissements représentent environ 50% du budget total chaque année. La, on prend le soin de choisir auparavant une entreprise très proche et que celle-ci serait accompagnée par les autres àpres un appel d’offre qui n’est pas un. C’est simplement un maquillage d’un choix opéré arbitrairement et de manière partisane. L’entreprise proclamée récipiendaire est tenue de donner de commission allant de 10 à 20%. Les résultats sont que les travaux  réalisés seront à la hauteur du montant du marché public moins les commissions octroyées. Il apparait clairement que la plupart des infrastructures réalisées ne respectent pas les normes internationales. Plusieurs routes bitumés au Tchad se détériorent au bout de  2 ans d’usage alors qu’à kousseri (Cameroun) à coute, le bitumage a une durée de vie qui s’étend de  20  à 50 ans.

 

Le septième canal porte sur la rubrique «  biens et services ». Pour cette rubrique, la fraude est généralement intra ministérielle.  Le ministère qui achète les biens et services mais il ne distribue pas suffisamment aux services pour leur travail. En fin d’année, la part importante non consommée est soit vendue au marché, soit déposée à la maison chez le chef.

 

Le huitième canal est celui de salaires qui représentent environ 18% de l’ensemble du budget de l’Etat. Pour les salaires civils, l’ampleur de la fraude est quad modérée. On note quand même que certaines personnes continuent à se faire intégrer moyennant leurs 5 ou 6 premiers  mois de salaires.

C’est chez les militaires que la fraude est astronomique. En 2008, on a enregistré 65 000 militaires y compris les policiers et les gendarmes contre   56 000 civils. Ces militaires touchaient environ 62 milliards de FCFA contre 111 milliards pour les civils. Le gros problème pour les militaires, personne ne peut vérifier cet effectif et ce sont les généraux qui prennent du Trésor ces 62 milliards et se donnent le plaisir de payer les troupes sans vérification du nombre. Surtout que ce corps enregistre des taux de mortalité les plus élevés, ces personnes enregistrées sont elles vivantes ou mortes ? le ministre de finance a essayé dans le passé de se charges lui-même du payement des militaires mais l’armée a refusé. Les tentatives de recensement des militaires ont aussi échoué les unes après les autres. A cela, il faut ajouter que parfois, les troupes n’entrent pas en possession de leur salaire intégral mais elles ne peuvent revendiquer quoi que ca soit car dans l’armée, c’est la discipline.

 

Voila la liste des méthodes des détournements de l’argent au budget de l’Etat tchadien. Elle n’est pas exhaustive car les méthodes de vol sont nombreuses et multiformes. Toutes ces magouilles se font au su et au vu de nos ministres des finances et en particulier Mr Gata Goulou mais ils se taisent tous car leur part de gâteau est garantie.


Daniel hongramngaye

BP 69742, Ndjamena Tchad

hongramngaye@yahoo.fr