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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

Le monde entier s’est réveillé sur un mouvement vibratoire d’un mot désormais fétiche : « DEGAGE ! ». De la Tunisie à l’Egypte le phénomène s’étend au Yémen, en Libye et en Syrie, le cas du Bahreïn et du Royaume Jordanien étant circonscrit pour le moment. Ce mouvement qui semble être inattendu ne s’inscrit-il pas dans la droite ligne de la logique défendue en son temps par le président Bush-fils et sa Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice (le Moyen-Orient nouveau) où la démocratie était envisagée comme solution miracle devant l’avancée de l’extrémisme islamiste? Ce projet qui avait provoqué l’ire de l’égyptien Moubarak et du roi saoudien Abdallah n’a pu voir le jour ; surtout l’enlisement des Etats Unis en Irak à dû les résoudre à le placer dans le placard. De ce fait, il n’y a plus qu’un pas à franchir pour soupçonner une complicité idyllique entre le projet en question qui changerait d’habit et de démarche, et le ras-le-bol des peuples devant des pouvoirs anachroniques et statiques.

 Les « Jeunes révolutionnaires » et/ou révoltés, n’ont généralement aucune idée précise du changement qu’ils réclament. L’impression qu’ils donnent, c’est que le départ du président et ses collaborateurs, la dissolution du parti-Etat, et la démobilisation ou la réforme de la police constituent déjà une bonne partie du changement. Pour les plus avertis, ils réclament une nouvelle Constitution ou des amendements de celle-ci pour passer à des élections alors qu’ils ne disposent d’aucune structure organisationnelle capable de gérer un Etat. Les partis politiques, longtemps tenus en laisse par le pouvoir, complètement affaiblis et pris au dépourvu, n’ont ni les moyens ni le programme de diriger un pays. Les transitions partout exigées courtes, ne sont pas faites pour arranger la mise en place des structures fiables. Les institutions longtemps maintenues dans un monopolylogue ne peuvent pas s’adapter du jour au lendemain aux nouvelles donnes qu’exige la pluralité d’une société démocratique.

Les causes qui sont à l’origine des soulèvements ne se règlent pas systématiquement avec le départ du système incriminé; ça pourrait même se compliquer, comme la question du chômage et de l’emploi. S’il est vrais que la soif de démocratie et de libertés déshydrate l’intellect et la conscience sociale, il est vrai aussi qu’elles seules n’apportent pas le pain non plus. Or, l’Homme a forcément besoin des deux à la fois pour remplir les fonctions qu’exige de lui son passage éphémère sur cette terre. La foule enivrée par la magie de sa révolution parfois soutenue de l’extérieur au nom d’une éthique au sens multidimensionnel et aux objectifs souvent obscurs, voudrait voir ses revendications exécutées au lendemain de ce qu’elle considère comme étant une victoire qu’elle a arrachée de haute lutte . En réalité, la vraie révolution ne commence qu’après la chute du système combattu. Cette réalité têtue égare souvent la foule dans les labyrinthes des devoirs et des engagements de l’Etat qui sont largement ignorés par le commun des mortels. Depuis que la mondialisation à introduit ses fameuses déréglementation, désintermédiation, délocalisation et autres « D » dans le système économique et financier, les Etats se débattent pour ne pas se laisser confiner dans le simple rôle de communes et les gouvernants semblent se complaire à celui des fonctionnaires de multinationales qui elles-mêmes sont englouties dans les transcontinentales. Les interférences des intérêts stratégiques, politiques et économiques qui sont en pleine restructuration pour se frayer des nouveaux espaces géopolitiques, s’intègrent de force dans les nouvelles dimensions des changements vivement souhaités par des citoyens révoltés. Aucune donne n’est désormais strictement nationale. A chacun ses objectifs. La planète terre connaît en ce moment une explosion démographique qui a battu en brèche toutes les prévisions des conceptions économiques basées sur les notions de croissance et autres. Il faut nécessairement une nouvelle génération d’économistes pour une nouvelle vision qui intégrerait ce nouveau visage que le monde est entrain de s’imprimer. La guerre froide non dite et les replâtrages des G 8 et 20 qui se côtoient en bonne intelligence ne règlent rien. Ils seront obligés de se rendre à l’évidence que sans opérations chirurgicales profondes, ils risquent tous des implosions catastrophiques. Le combat que mènent les pays industrialisés pour réduire le chômage est un combat perdu d’avance ; tant qu’il est traité par les outils de l’économie de la société de consommation. L’émigration du Sud vers le Nord mérite une attention plus particulière que l’attitude actuellement adoptée par les Européens. Même si La pauvreté apparaît comme le principal mobile, elle n’est nullement la cause de l’augmentation du chômage dans le Nord. En revanche ce mouvement pourrait faire partie de la nouvelle redistribution que la terre veut se donner.(Parole naïve ?) Le printemps arabe ne peut pas être un fait isolé; Il s’intègre forcément dans un phénomène qui aura des répercussions sous d’autres formes, peut être, ailleurs. Pour le moment disons le : à chacun son printemps

 ABOULANWAR  Djarma