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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

Le 16 Avril 2008 un premier ministre déclarait au micro Olivier Roger de RFI : « J'irai vers les responsables politiques qui ont signé ces importants accords [Accords du 13 Août 2007], qu'ils soient de la majorité ou de l'opposition, pour construire avec eux un gouvernement d'action capable de régler les problèmes quotidiens des Tchadiens...»
 
Un espoir était né en ce moment là. Mais comme de nombreux chef de gouvernement depuis l’avènement de la liberté et de la démocratie avant lui, on s’est très vite aperçu que celui-ci et ceux qui le suivront sont venus aider le président Idriss Deby dans son processus de stagnation sinon de régression de la démocratie au Tchad.
 
Si les hauts faits d’arme d’un premier ministre a été d’expulser du Tchad un évêque qui a osé parler de la misère des Tchadiens de la zone pétrolière puis d’accuser un parlementaire de braconnage de phacochère, celui d’un autre, à la tête d’un gouvernement aux mœurs opaques, est de faire le contraire des conclusions du congrés de son parti, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS). Museler les medias et faire la chasse aux parlementaires jugés « Incontrôlables » et causant des « Bavures » serait peut-etre les recommendations du  dernier congrès du MPS.
 
Qui ? A l’instar de la tragédie née des esprits malades qui croyaient en la pureté ethnique, notamment la fameuse «ivoirité » de Konan Bédié conçue avec l’aide de grands intellectuels ivoiriens, l’ancien ministre Routouang Yoma avait sorti le 9 mai 2009  contre Tchanguiz Vatankha  une certaine « tchadianité » ! Il a fait valoir à ce journaliste d’origine étrangère, marié à une tchadienne et surtout qui a vécu toute sa vie au Tchad, son statut d’étranger. Un autre ressortissant africain, Camerounais celui-là, vient de l’apprendre à ses dépens !
 
En effet, Ebodé avait été escorté à la frontière dans la clandestinité. Il aurait été torturé avant son renvoi, au Cameroun (son pays d’origine). Pourtant, ce monsieur, grâce à sa plume alerte et incisive avait fait les beaux jours de son employeur, un certain Padaré, défenseur des droits de l’homme à ses heures mais fossoyeur de cette même démocratie à d’autres moments ! Terrible, le Tchad ! 
 
Ainsi, accusé de gérer un blog et  de perturber le sommeil des paisibles citoyens tchadiens, M. Nguebla, sera lui aussi expulsé  du pays de la « Teranga » vers la Guinée. Un pays sur lequel la démocratie a installé au pouvoir un autre fossoyeur de la démocratie. M. Alpha Condé, qui ne peut que se prévaloir que de son passé d’opposant à Sékou Touré !...Mort en 1984 !
 
Le Tchad a-t-il vraiment peur de Makaila Nguebla? Makaila peut accéder à son blog partout où il a accès à l’internet. L’acte du Tchad envers M. Makaila n’a fait que le grandir et comme lui, ceux qui gèrent les sites qui refusent d’encencer le gouvernement tchadien.
 
Peut-on s’empêcher de dire, aujourd’hui, qu’il y a des Tchadiens plus égaux que d’autres ? Qu’il y en a qui boivent l’eau venu de France, de Dubai, d’Arababie Saoudite et de Londres tandis que d’autres s’alignent devant la fontaine ou ...les puits !
 
On s’en prend à Eric Topona et Jean-Etienne Laokole, perturbateurs des douces nuits de l’Avocat de L’Etat Tchadien, devenu ministre de la Justice, qui proclame n’avoir jamais entendu parler de quelque chose appelé « Septembre Noir » au Tchad ! Eh bien, au nom de son « Etat de droit », il embastille !
 
En effet, en voulant obtenir d’Eric et de Jean-Etienne de « lâcher » leur source d’information, donc d’en faire des délateurs, comme au bon vieux temps de la Direction de la Documentation et de la Sécurité, on vient de poser les brodequins de l’Etat sur la plume du journaliste. On tord sa plume et on baillonne la démocratie. À jamais !
 
Faut-il encore mentionner à ceux qui ne voient pas derrière les rideaux que le Tchad ne peut pas juste redorer son blason en défendant le Mali tout en encourageant le désorde en République Centrafricaine ?
 
C’est une tautologie de dire que les gouvernements qui se sont succédés au Tchad depuis la journée de la « Liberté et de la Démocratie » il y a deux décennies,  n’aiment pas la presse indépendante. Tenez ! Marcel Ngarogto de la radio Brakos, Koumbo Sy Gali de l’Observateur, Adji Moussa du journal le Miroir, Nadjikimo Benoudjita de Notre Temps, Begoto Oulatar de Ndjamena bi Hebdo, …ont  connu ce qu’il convient d’appeler les foudres, les folies furieuses des gouvernements successifs du Président Idriss Déby Itno.
 
Les anciens ministres ont un dénominateur commun. Phobie des journalistes quand ils sont en fonction, comme dirait celui-ci, « il faut les faire taire par des menaces afin qu’ils ne rapportent pas des affaires gênantes », expansifs quand ils sont largués, sans parachute.
 
Museler la presse n’est pas une option. Même à l’Ecole de Guerre, on enseigne cela !
 
La presse demeure la jauge de la vie nationale. Si l’opinion publique, instrument privilégié de mesure et d’orientation de la vie nationale, est systématiquement étouffée sous d’énormes éteignoirs du gouvernement Tchadien, où va ce pays. ? Même la Birmanie s’ouvre ! La démocratie ne se limite pas aux prébendes. Ce n’est pas des immeubles dans un quartier, la misère dans l‘autre ! Ce n’est pas Tanga-Nord, Tanga-Sud, pour reprendre la formule de Mongo Beti dans « Ville cruelle ». Oui, revenons à une certaine éthique et morale sociale. Pas de place pour la regression de ce que le Colonel Idriss Déby a concédé en 1990. Pas question de régression  des principes démocratiques et ruines des institutions de liberté, dont la presse est le porte-voix ! Halte aux griffes d’un régime grégaire aux instincts primitifs avec un premier ministre viscéralement rancunier et délirant,  sans aucun égard pour la presse !
 
Si le Tchad est « une République et non un simple agrégat d'ethnies en compétition pour le pouvoir de l'Etat » (dixit M. Hissein Habré), alors pourquoi ne pas arrêter ce gâchis ? Arrêtez d’être des aventuriers politiques et vendeurs d'illusions !
 
Nous pouvons encore rebondir, si les  hommes et les femmes de ce pays veulent encore bien s'asseoir, discuter et s'organiser pour accéder au minimum commun que seul un débat démocratique et républicain peut aider à poser. Notre démocratie est gravement malade. Passons rapidement aux soins intensifs !
 
La Redaction
 
Félix Ngoussou



 " A bend in the Road is not the End of the Road...Unless you Fail to Make the Turn"