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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

monza 2

Il y a cinquante ans que le Tchad est indépendant politiquement de l’ancienne Métropole. Mais le mal tchadien, caractérisé par la bêtise politique et humaine, ne trouve pas encore de soigneur ni de remède adéquat. Tous les charlatans politiques et marchants d’illusions (connus comme libérateurs) qui ont fait croire à l’exorcisation de ce mal aux Tchadiens ont tous péché par leurs propres tares, ignorance dans le diagnostique, et l’imbécilité dans l’administration de la dose politico-sociale voulue pour rétablir ce pays malade dès l’aube de son indépendance en 1960. Ainsi, l’ineptie politico-militaire des propres fils du Tchad empoisonne davantage sa santé politico-sociale et économique dans la sous région de l’Afrique centrale.

 

De Ngarta Tombalbaye à Idriss Deby Itno en passant par Félix Malloum et Hissein Habré, que de cerveaux et de vies humaines sont sacrifiés pour des causes et raisons politiques qui échappent jusqu'à là aux trucideurs et libérateurs eux-mêmes! Alors, l’heure est-il au bilan pour informer et éduquer afin de tourner la page et avancer, ou bien faut-il tronquer l’histoire en ressassant les déboires des uns et des autres afin de se blanchir et blanchir le pouvoir de son choix pour ne se limiter qu’aux biens faits d’un régime quelconque au peuple tchadien meurtri pendant tout un demi siècle? Selon les statistiques d’un des acteurs politiques tchadiens, sur les 50 ans d’indépendance, les Tchadiens ont passé mathématiquement 30 ans à se faire la guerre et 20 ans à se déchirer politiquement sans arriver à mettre en place une République digne de ce nom pour profiter à tous.

Aujourd’hui, les comportements des Tchadiens et leurs politiciens ou gouvernants dépassent toutes les théories en sciences politiques et sociales. Seuls les imbéciles ne changent pas, dit un adage populaire. Même si la communauté politique et militaire tchadienne fait du sur place depuis 50 ans, les populations tchadiennes, elles, ne voient pas leurs imbécilités à cautionner les bêtises humaines et politiques qu’on les fait subir afin de s’organiser consciencieusement, une fois pour toute, pour imposer un changement positif et durable dans le pays. Et  les années passent, mais les militaires tchadiens ne changent pas de fusil d’épaule. Les politiciens poursuivent toujours leurs programmes politiques égoïstes et macabres en retournant leurs vestes à tout vent et bruits de canon. Les intellectuels et législateurs tchadiens se délectent dans leurs officines sous marines pour maintenir le pays dans le chaos et s’enrichir!

Enfin, après des affrontements interethniques et communautaires basés sur des leurres politiques et considérations religieuses, les populations tchadiennes dans leur majorité ne retrouvent plus leurs repères entre le Nord et le Sud. Les conflits ont viré à l’est en 2003 pour finir en débandades en 2010. Bref, après cinquante ans de gâchis politico-économique et humain, il y a un désistement général des Tchadiens vis-à-vis de l’engagement citoyen et patriotique pour maintenir ce pays en vie en Afrique.

Pour preuve, malgré le mirage du pétrole en 2004 et les chantages du développement en 2010, l’opposition politique est devenue amorphe et ne sert que de cloche que Deby tinte, quand il le veut, pour rappeler à l’opinion nationale et internationale que sa démocratie made-in Bamina est toujours en marche au Tchad. La majorité des Tchadiens dorment encore dans le noir, broient du noir, et vivent dans la misère noire. Entre temps, seuls les médiocres et prébendiers du régime de la démocratie sans or roulent sur de l’argent et de l’or, et voient clair dans leur vie de tous les jours ainsi que dans l’avenir de leurs progénitures. Pour ces derniers, le Tchad, entendez N’djamena, se développe et il faut y être dare-dare pour en « profiter » sinon tant pis.

Alors, il n’est pas exagéré qu’il a fallu 50 ans, pardon 20 ans, pour le président tchadien actuel de dire et reconnaitre qu’il considère le 1er décembre 2010, ou plutôt le 11 janvier 2011, comme l’An Un de la renaissance, du renouveau, de la justice sociale, de la démocratie, de la restitution de la République ou de l’autorité d’état au Tchad. Est-ce un mea culpa de la part du président Deby des 20 ans « d’indémocratisation » du Tchad avec son lot de guerres cherchées, d’assassinats, de pillages, d’injustice et d’exaltation de la médiocrité? Ou bien cela témoigne-t-il d’un examen de conscience pour redire aux Tchadiens que la « kermesse du désordre est définitivement terminée » dans le pays depuis le 1er décembre 2010? Laissons-nous convaincre par ce beau discours en ce début d’année d’anniversaire, et qui vivra verra le bâtisseur Deby au pied du mur de la démocratie à compter d’avril 2011.

L’assainissement politique prôné par le président commence déjà mal pendant ce cinquantenaire. Malgré les sacrifices consentis par tous les fils du Tchad, on semble faire de mecontents en faisant croire a certains Tchadiens que l’histoire de ce  pays n’a commencé qu’il y a 20 ans, donc liée à l’avènement du MPS au pouvoir ! Qu’on le veuille ou non, la vraie histoire du Tchad ne peut être écrite qu’avec ce sang des Tchadiens versé à tort ou à raison, avec ces guerres et tares politiques pour éduquer et informer exactement nos progénitures quel Tchad on entend leur léger. D’ici là, il est du devoir de tout le monde de restituer cette mémoire collective qu’on a de ceux qui sont morts pour la patrie ou qui ont perdu ce qui leur est cher pour faire avancer la cause républicaine ou nationale. Même si l’histoire n’est qu’écrite que par les vainqueurs, il n’est pas raisonnable de réduire la mémoire collective de tout un peuple au simple avènement, règne et autres réalisations du pouvoir MPS au Tchad. C’est également malhonnête que d’oblitérer les acquis et gâchis des régimes antérieurs parce que ce passé n’est pas reluisant ou est gênant pour certains. Nous avons tous les moyens de communication aujourd’hui à notre disposition pour documenter, restituer et échanger sur l’historique de notre pays.

Le malheur du Tchad c’est la faillite des intellectuels qui ont choisi de continuer à faire le jeu des politiciens pour détruire ce pays et y trouver leurs comptes. Comme le faisait déjà remarquer le vieil Adam Adji, « Ce sont vous les intellectuels qui détruisez le Tchad ». Dénoncer le mal tel quel est une abomination chez la majorité des Tchadiens de bonne conscience que je connais. Qu’ils soient enseignants, fonctionnaires, diplomates, parlementaires, journalistes, écrivains ou fonctionnaires internationaux, cette catégorie de Tchadiens n’a jamais pleinement assumé sa responsabilité civique ou jouer effectivement son rôle d’éclairer l’opinion nationale sur ce qui sévit dans le pays depuis 50 ans. Par conséquent, la vraie histoire du Tchad n’est pas encore écrite faut de désistement de cette catégorie de Tchadiens appeler à le faire. L’homme d’état britannique, Sir Edmund Burke, avait raison de dire, « Evil flourishes when good men do nothing » [Le mal sévit quand les personnes de bonne conscience ne font rien]. Alors si les Tchadiens ne font pas bonne lecture de leur passé politique, les mesquineries des politiciens vont encore l’emporter pendant les 50 prochaines années.

Laounodji M. Monza

Washington DC

laoumonzal@yahoo.fr

 

 

 

Laounodji M. Monza

Washington DC