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Publié par Mak

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Dr Ali Gadaye,ancien ministre, opposant au régime de Ndjaména.

 

Le 11 août 2010 prochain, les tchadiens auront à se remémorer des 50 an d’indépendance. Cette journée sera une occasion pour eux de se rappeler des étapes phares qui ont marqué l’histoire contemporaine de leur pays.

D’abord 1900, s’était l’apogée de la résistance face à la colonisation qui s’est terminée par la bataille historique de Fort Foureau remportée difficilement par la puissance coloniale grâce à sa supériorité de feu.

 

Néanmoins cette ‘‘ victoire’’ n’a pu arriver à bout de la résistance. Celle-ci avait pris d’autres formes et s’est poursuivie. C’est ainsi que la région du Ouaddaï n’a été pacifiée qu’en 1912 et la région du BET n’a connue un début de pacification qu’en début des années 60. C’est la raison pour laquelle, cette dernière région n’a été placée sous l’autorité du gouvernement de Fort Lamy (aujourd’hui Ndjamena) malgré l’avènement de l’indépendance en 1965.

 

Ensuite il convient de rappeler que les 60 ans de colonisation du Tchad ont été émaillés par de nombreux soulèvements populaires en forme de protestation contre la colonisation. On peut citer en guise d’illustration l’organisation de la résistance pacifique par les oulémas face à la colonisation qui s’est traduite par le refus opposé à la culture du colonisateur autrement c’est le boycott de l’école française. Cette situation avait débouché en 1934 sur les événements du coupe-coupe au Ouaddaï. En effet la réaction de l’administration coloniale fut très violente. Les oulémas qui n’ont pas réussi à s’échapper ont été soit décapités soit déportés sans ménagement.

 

Cet acte ignoble a coûté très cher au pays. Car il l’a privé de son intélligentia qui aurait pu peser sur l’évolution de l’histoire et aurait pu conduire le peuple tchadien à bon port.

Dans le même ordre d’idée, il n’est pas superflu de rappeler le soulèvement populaire de Bébalem au Logone contre les exactions et l’arrogance de l’administration coloniale en 1955. Comme vous vous en doutez une fois de plus c’est dans le sang que ce soulèvement s’était terminé.

 

Le refus de l’arbitraire, de l’injustice sous toutes ses formes et de l’arrogance est devenu une culture pour les tchadiens. D’où l’instabilité chronique que connaît ce pays. En effet les régimes néocoloniaux qui se sont succédés jusqu'à là n’ont pu ou su tirer cette leçon.

Depuis 1965 (Mangalmé) et 1966 (Niala, Soudan) la stabilité et la sécurité n’ont jamais été instaurées sur l’ensemble du territoire tchadien.

 

Tant que l’injustice, l’absence de la liberté, bref la méthode de gouverner reste basée sur l’arbitraire, la violence, la terreur, l’intimidation, la négation de la dignité de l’autre et l’absence du respect des droits de l’homme, celui qui gouverne le Tchad ne connaîtra jamais la tranquillité.

 

Le peuple tchadien n’est pas récalcitrant. C’est un peuple profondément généreux et pacifique. Mais il est solidairement attaché à sa dignité et sa fierté.

 

A cet effet nous pouvons affirmer que ces deux exigences sont intrinsèquement liées à la liberté et au respect des droits de l’homme.

 

Le schéma qui conduit à cette forme de synergie n’est autre que la démocratie non galvaudée qui rend en dernier ressort le pouvoir au peuple souverain. Celui-ci le confie à un groupe d’hommes et de femmes qui se seraient distingués grâce au projet de société dont ils sont porteurs. Il s’agit en fait d’un mandat limité dans le temps que le peuple confie à ses dirigeants et son renouvellement peut être accordé ou refusé conformément aux performances réalisées dans tous les domaines.

 

Le jour où le peuple tchadien aura à vivre une telle situation, le pays entrera sans nul doute dans une phase de tranquillité, de quiétude et de sécurité.

Nous invitons les tchadiens à méditer en ce jour mémorable du 11 août sur les voies et moyens qui peuvent transformer le Tchad en un havre de paix et de liberté.

 

Fait le 02/08/2010

 

Dr. Ali Gaddaye