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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

I%20dont%20know[1] Pr Ali Souleymane

 

Poncif, en seulement deux ans,  il est usé et éculé jusqu’à la dernière fibre. Mâché et rabâché non pas par les seuls vassaux zélés du système, mais également par des communicateurs, des tribuns et autres déclamateurs du pouvoir, enchérisseurs infatigables des dithyrambes, par des obligés soumis à l’obsession de conserver les biens mal acquis, par les soupirants ministres, DG et autres chrysalides de l’administration, parfois compétents mais qui ne rêvent que d’atteindre, enfin, l’interstice pour s’insérer dans le noyau du pouvoir à l’instar des vers s’introduisant dans le beau milieu d’un fruit avec toutes les conséquences que leur malsaine intrusion et leur séjour y entrainent quant au processus de mûrissage. « Le quinquennat social » ! Voilà le mot magique, le nouvel étendard du « Mpéisme » triomphant, l’expression qui vogue et ricoche sur toutes les lèvres grasses de ceux qui vivent dans et autour du cercle. Cette locution inopinément tombée un triste lendemain de mars 2008, dans la minuscule écuelle du vocabulaire français de nos gouvernants pour ne pas dire nos fossoyeurs, est d’une vacuité sans égale.

 

Mais depuis, bien plus qu’une formule banale, elle est devenue aux yeux de ses promoteurs une vision prophétique. Pourtant, elle n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle extravagance sortie tout droit des neurones frigides d’un président éthylique qui découvre soudain l’amour de son peuple. Et, au demeurant, elle est un stéréotype de faire-valoir attifée des atours sublimes pour exalter « les œuvres » de notre si « bienveillant » chef.

 

Une école construite, une route bitumée, un forage effectué dans un village, la pose d’une première pierre pour un hôpital ou un dispensaire, la reconstruction d’un musée ou la réfection d’on ne sait quel bâtiment, et voilà parti le déluge de l’expression « justifie-tout »,  scandée partout en longueur des journées sur les médias, Pravda locaux, pour célébrer l’immense générosité de son « Excellence qui veille sur notre bien-être ».

 

Subséquemment, notre « chef bien aimé » qui est présumé veiller sur nous, réduit cruellement des centaines de familles de Ndjamena au dégradant statut de sans-abri dans le seul dessein de tracer des avenues dignes d’une vraie  capitale : « la vitrine de l’Afrique centrale ». Le peuple, soumis et subjugué comme à l’accoutumé, ne doit en aucun cas maugréer parce qu’il s’agirait, ici, d’une œuvre qui s’inscrit dans le cadre du quinquennat social de son Excellence. Qu’est-ce qu’il y a de plus social pour un Tchadien que de vivre dans une belle ville qui fera sa fierté à travers le monde ? Mais le déposséder de ses terres et parcelles est une bavure bassement asociale.

 

Au nom  de ce principe, donc, notre « chef bien-aimé » qui veille sur nous, interdit à ses concitoyens l’usage du charbon de bois : Ouste ! Ne protestez surtout pas ! C’est le quinquennat social ! Quoi de plus normal que le Tchad puisse se mettre au diapason des grandes nations de ce monde dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Qu’est-ce qu’il y a de plus social pour un Tchadien que de se sentir investi, au même titre que les occidentaux, dans la lutte pour sauver la planète ? Eh bien, Mesdames et messieurs les « gouvernants » ! Ce qu’il y a d’anormal est le fait de priver les tchadiens de leurs deux seules sources de chauffe et de cuisson sans que vous ne leur trouviez un substitut adéquat accessible à tous.

 

Ainsi, notre chef bien aimé qui veille sur nous interdit l’importation des véhicules usagers sur le territoire national : Le peuple, dans son ignorance fondamentale, ne doit surtout pas rouspéter ; c’est le quinquennat social. Et pourquoi les routes de notre pays ne ressembleraient-elles pas à celles de d’Abou Dhabi qui charrient des belles cylindrées ? Qu’est-ce qu’il y a de plus social pour un Tchadien que de rouler dans le confort d’un véhicule neuf ?

 

C’est de cette manière, donc, que notre chef bien aimé qui veille sur nous, impose aux fonctionnaires l’ouverture des comptes bancaires pour percevoir leurs rétributions mensuelles. L’instituteur du village de Bessada, de Kamkalaga ou de Sido n’a aucune raison de se morfondre : le miracle du quinquennat social de son excellence fera pousser comme des champignons et des concombres sauvages, dans tous les coins et recoins de ce pays, des succursales de banques et des  guichets automatiques distributeurs de billets de banque.

 

Voilà comment le Tchad claudique  sous le faix monstrueux des gouvernants sans repères, voguant entre approximations  et tâtonnements, et qui manquent de la moindre lumière de rationalité et de clairvoyance.

 

 

Professeur Ali Souleymane

gkambi@yahoo.fr