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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak



Par Mr Senior Mbary

Le député Saleh Kebzabo fait actuellement l’objet d’une procédure de levée de son immunité parlementaire à la demande du Procureur de la République du Tribunal de Première instance de N’Djaména qui estime que le député a tenu des propos « outrageants vis-à-vis de l’ensemble du corps de la magistrature ». Cette procédure est engagée pendant que son collègue, le député Saleh Macky avait été arrêté et croupit toujours en prison sans que son immunité ne soit levée et sans que le Procureur ait levé le moindre doigt.
Nous remercions infiniment la toile de Tchadoscopie d’avoir apporté des éclairages sur cette procédure qui a peu de chance d’aboutir parce que la procédure n’a pas été respectée.
Il y a un fait : le député Kebzabo est un député et a par conséquent un mandat national. De ce fait, c’est un homme libre qui, sans tabou,  doit se prononcer sur tous les problèmes touchant aux intérêts de son pays. D’ailleurs, les problèmes soulevés par Mr Kebzabo sont des problèmes vécus quotidiennement par les Tchadiens. Ce n’est pas aujourd’hui seulement qu’on parle de la Justice tchadienne inféodée au pouvoir exécutif, de sa corruption et de son inefficacité.
Si l’actuel ministre de la Justice s’empresse de demander la levée de l’immunité du député Kebzabo, par le Procureur de la République interposé, c’est simplement parce qu’il se sent visé dans cette interview, lui qui a été monté de toute pièce pour briser la carrière politique de Mr Saleh Kebzabo. Nous espérons que les députés ne vont pas tomber dans ce piège grossier de Me Jean Bernard Padaré.
Mais la vrai raison de cet harcèlement du député Saleh Kebzabo, c’est de vouloir à tout prix l’empêcher de se présenter aux élections présidentielles de 2016, parce qu’il représente une menace sérieuse pour le pouvoir. En fait, le  Procureur de la République et le Ministre de la Justice Mr Jean Bernard Padaré ne sont que des pions. Is sont mis à contribution pour atteindre un objectif précis. Pour cela, ils vont donc utiliser tous les pouvoirs et instruments juridiques en leur possession pour arriver à cette fin. Par conséquent, la vigilance est fortement recommandée.
Hommes politiques et citoyens tchadiens, ouvrez grandement les yeux sur ce qui est en train de nous guetter tous. Mr Kebzabo, sachez que Me Padaré n’est pas un voyou, c’est un magistrat et il a tout le soutien de Deby et son clan qui sont des assoiffés de pouvoir, de sang et de l’agent et sont prêts à tout pour garder le pouvoir aussi longtemps que possible et ça vous le savez mieux que moi.
Le tort de Mr Kebzabo dans son interview, c’est d’avoir osé énoncer un train de mesures qu’il allait prendre pour changer les choses lorsqu’il sera au pouvoir alors que Deby Itno et son clan ne veulent surtout pas entendre parler d’ « alternance ». En plus, étant donné qu’il est fatigué, usé par l’exercice du pouvoir et sous la pression de son clan, il voit le danger partout.
A mon humble avis, la seule façon de parvenir à une alternance reste indubitablement une meilleure organisation de l’opposition par une redéfinition de leurs stratégies. Quelques suggestions :
1.    Prendre conscience et se rendre à l’évidence que Deby Itno et son clan ne sont pas prêts à lâcher le pouvoir si on ne les y force pas sans toutefois recourir à la violence. Il faut arrêter avec le cycle de prise de pouvoir par la force ;
2.    Sur la base de ce constat, les partis politiques doivent s’organiser pour se regrouper afin de présenter un seul candidat. Cela passe par le dépassement de soi, l’abandon de l’orgueil personnel et de l’égoïsme, etc.  Au préalable, avant d’aller aux élections, ces regroupements des partis doivent signer des accords pour soutenir le candidat qui arrivera au second tour contre le candidat du pouvoir. Garder à l’esprit que le régime actuel fera tout pour infiltrer les regroupements des partis politiques et les déstabiliser afin d’empêcher d’une telle éventualité qui a donné des résultats ailleurs ;
3.    Surveiller très étroitement le recensement biométrique qui est la première étape d’une fraude électorale ;
4.    C’est maintenant qu’il faudrait commencer le travail si on veut parvenir à un changement aux élections de 2016.