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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Il y a 21 ans, Idriss Deby accéda au pouvoir grâce à la chute du mur de Berlin en 1989 et au discours de La Baule orienté sur  une  nouvelle perspective en faveur du  multipartisme et de  la démocratisation de la vie politique sur le continent africain qui lui ont été favorables.

Après donc 21 ans d’exercice solitaire et sans partage du pouvoir, le dirigeant tchadien dont le régime est réputé par des pratiques liberticides et répressives, butte aujourd’hui, à une nouvelle ère : le printemps arabe qui a éclaboussé successivement le régime de Ben Ali, de Moubarak et de son ami Khadafi arrêté puis tué comme un vil individu par des insurgés.

Les soubresauts populaires dans les pays du Maghreb et le monde arabe, tentent certains peuples opprimés par la dictature en Afrique noire à s’émanciper.

Des organisations internationales spécialisées sur des questions politiques à travers des analyses  pointues, les préventions des conflits en Afrique et des éminents observateurs politiques s’accordent de plus en plus à  dire qu’après la chute du colonel Khadafi, le Tchad dont le dirigeant est un valet du guide libyen, se trouve dans une situation  politiquement et socialement explosive.

Dans un récent rapport intitulé : l’Afrique sans Khadafi :  le cas du Tchad,  International Crisis Group (ICG) s’est intéressé principalement au régime de Ndjaména  qui règne depuis 21 ans par des méthodes anti-démocratiques susceptibles de provoquer des soulèvements populaires.

La preuve,  depuis deux semaines, tous les secteurs socioprofessionnels, les associations estudiantines,  les  militaires retraités, les débrouillards de l’informel et tous les segments de la société tchadienne, sont en ébullition dans le pays.

Un préavis de grève lancé par deux principales centrales syndicales du Tchad,  a été largement suivi et apprécié pour avoir  paralysé le pays.

La fixation unilatérale des prix du pétrole par le gouvernement tchadien, en dépit de l’opposition des organisations de la société civile du pays, radicalise les positions entre les différents protagonistes.  

De plus, au sein du clan régnant au Tchad,  l’assassinat de Zakaria Timan Deby, fils du sultan déchu des « Zaghawa » par son cousin,  Hissein  Ibrahim Mahamat Itno, vient à point nommer  cristalliser et renforcer la tension sociopolitique  qui y prévaut dans le pays.

Tous les ingrédients sont ainsi réunis pour que le printemps arabe trouve un terrain d’expérimentation et  de prédilection pour des protestations et contestations générales  de masses populaires exacerbées par l’humiliation, la terreur, la répression et les violences verbales et autres provocations sordides et quotidiennes de ce régime déprécié et rejeté par tous.

Sans Khadafi en Libye et une politique étrangère de la  France, incriminée et récriminée par une opinion publique planétaire de soutenir les dictatures en Afrique, on verra bien, si Idriss Deby tiendrait longtemps devant les mouvements populaires qui prennent corps au Tchad ?

 

Makaila Nguebla