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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

Par Talha Mahamat Allim

Genève, Suisse

 

Oh ! Que le temps passe vite. Nous voici à la moitié du mois de Ramadan et nous espérons que chacun d’entre-nous au plus profond de lui-même a su profiter et continue de profiter des avantages de ce pilier important de l’Islam qui englobe tous les autres piliers. Comme nous l’avons évoqué antérieurement, le jeûne du mois de Ramadan est plus qu’un acte de privation ; c’est une expérience intense, ayant pour objectif le sacrifice de soi, la discipline des désires et la proximité avec le Tout-Puissant. Le musulman est appelé à apprendre le contrôle de soi et à en faire une habitude. En allant dans le même sens que notre compatriote le Dr Ali Abderamane Haggar (dans une émission sur le Ramadan à la télé Tchad ce week-end), il importe de faire des valeurs, vertus et principes du mois de ramadan un model de savoir vivre et un mode de vie continuelle, mais pas uniquement limité à la seule période de Ramadan.

 

Jeûner est la meilleure manière de rendre grâce à Dieu, puisque la plupart des gens connaissent la valeur de la nourriture et de la boisson, et en ressentent le besoin lorsqu’ils ont faim et soif. Le jeûne vient nous rappeler la réalité des pauvres, et nous fait ressentir leurs souffrances quotidiennes. La faim qui résulte du jeûne donne une chance à l’esprit de se libérer de la domination du corps physique et de se développer. Il nous rappelle l’exigence de faire toute sorte de bien, matériel et immatériel, garant de bienveillances de Dieu, comme le disait le prophète (Sallah Lâllahou Alayhi Wa Sallam) : Irham man fil ardi, turham fis-Samà  ("Aie de la miséricorde envers les habitants de la terre et sera miséricordieux envers toi le ciel"!)

 

Dans cette perspective, les appels de Ali Abderamane Haggar s’avèrent pertinents. A l’égard de la population tchadienne, il la convie à s’ouvrir davantage aussi bien aux pauvres du Tchad qu’à ceux qui viennent d’autres pays, et d’être plus généreux envers eux. Il appelle aussi les autorités dirigeantes, en l’occurrence les membres du gouvernement de faire du mois de Ramadan une occasion d’aller vers la population, dans les mosquées, pour construire plus de proximité et de confiance avec elle. En dehors du mois de Ramadan, il est souhaitable que les dirigeants restent beaucoup plus proches des administrés afin de mieux comprendre leurs préoccupations et leurs légitimes aspirations. 

 

L’exercice spirituel que procure le jeûne nous rappelle à tous que nous ne sommes pas maîtres de nous-mêmes, mais de simples créatures de Dieu et que nous Lui appartenons  ("A Allah nous appartenons et à Lui nous retournerons"). Par ailleurs, la perception de la spiritualité, dans la tradition musulmane, est fondamentalement assise sur l’unicité absolue de Dieu qui est le credo principal de l’Islam. Lui seul a crée l’univers et le maîtrise, à Lui seul revient tout attribut de perfection, et tout acte de piété et d’adoration ne peut être dirigé que vers Lui.  Pour que cela soit plus vivant en nous, il nous faut chercher et apprendre à cultiver la proximité avec Allah, car plus on s’approche de Lui, plus on a conscience de la manière dont il s’occupe de toute sa création, et plus on se préoccupe du bien être des autres, et nos relations avec les autres prennent une toute autre orientation, conforme à la volonté divine. 

 

Cette spiritualité est aussi ancrée dans la conception de l’être humain au travers de son quotidien. Le rythme de son existence quotidienne est harmonieusement articulé avec les exigences spirituelles (prières, invocations, charité, lecture du Coran…) dont la base fondamentale est Dieu et la droiture. Un jour, un homme s’approcha du prophète Muhammad (Sallah Lallahou Alayhi Wa Sallam) et lui dit : "Renseigne-moi sur l’Islam de telle manière que cela me suffise et que je ne doive rien demander de plus à quiconque." Le prophète répondit succinctement : Dis : "je crois en un seul Dieu" et ensuite, conduis-toi avec droiture. Cette affirmation résume les deux parties intrinsèques de l’Islam, c’est-à-dire l’unicité de Dieu, et « conduis-toi- avec droiture » (istaqîm en arabe) fait allusion à un  état d’équilibre, de justice, de modération, de loyauté, et d’intégrité dans le caractère et les actions…

 

C’est un enseignement prophétique plein de bon sens et un meilleur bagage pour ne pas se laisser séduire par le charme des attractions mondaines et ainsi se préparer dès maintenant à la l’ultime rencontre avec Allah (le Jugement dernier). Ce n’est pas encore tard pour la plupart d’entre nous de se préparer à cette rencontre, en faisant de la droiture le ciment de notre manière de vivre, et plus particulièrement pour certains de nos dirigeants. Combien d’entre eux, qui se disent croyants, se conforment à cet enseignement ? 

 

La foi pénètre non seulement la vie spirituelle du musulman, mais aussi, elle influe positivement sur tous les domaines de sa vie. L’Islam envisage la vie comme une question d’équilibre, plutôt que comme une série de compartiments séparés. La foi, la spiritualité et l’action sont donc dans l’Islam liées comme trois entités qui se fortifient mutuellement. Au-delà de ces trois éléments,  il est essentiel de ne pas perdre de vue la nécessité de la quête du savoir qui est d’ailleurs une obligation en Islam.

 

Le prophète (Sallah Lallahou Alayhi Wa Sallam) a dit que la quête du savoir est obligatoire pour chaque musulman, qu’il soit homme ou femme, et cette injonction a été pratiquée dès les premiers temps de l’Islam, à l’époque du prophète. Les femmes étaient très impliquées dans la campagne d’éducation à Médine. L’épouse du prophète, Aïsha, fut elle-même une autorité reconnue en exégèse coranique, en traditions prophétiques (hadiths) et en droit musulman. 

 

Le verset coranique ( 33/ 35) ci-après nous montre combien la musulmane et le musulman ont la même responsabilité spirituelle : «  les musulmans et les musulmanes, les croyants et les croyantes, les hommes pieux et les femmes pieuses, les hommes sincères et les femmes sincères, les hommes patients et les femmes patientes, ceux et celles qui craignent Dieu, ceux et celles qui pratiquent la charité, ceux et celles qui observent le jeûne, ceux et celles qui sont chastes, ceux et celles qui invoquent souvent le Nom du Seigneur, à tous et à toutes, Dieu a réservé son pardon et une magnifique récompense. » Ce verset, au-delà de l’utilisation des deux genres pour chaque injonction religieuse et de la conformité aux enseignements de l’Islam, dresse une liste concise d’attributs que tout(e) musulman(e) doit aspirer à avoir. A noter que l’Islam demande aussi aux hommes et aux femmes de partager la responsabilité dans l’établissement d’une société paisible, sûre et juste.

 

Dans cette même logique, il est nécessaire d’être bienveillant envers les aînés et particulièrement ceux qui sont en âge. Par ailleurs, d’autres qualités à rechercher transparaissent dans l’enseignement de Luqmân le sage à son fils concernant les vertus cardinales du comportement social : le respect de la pratique régulière de la prière quotidienne pour adorer Allah, le bon conseil, la patience dans les épreuves, le juste milieu dans la démarche de tous les jours, et la mesure dans les relations avec les autres, etc.  L’Islam est une religion d’amour, de justice et de paix. C’est cette paix que nous vous souhaitons en tout temps et en tout lieu, qu’elle guide nos actions quotidiennes tout en demandant à Allah de nous accorder sa miséricorde.    

 

Talha Mahamat Allim