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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Amadou Bouba Gong-Daba

A l’origine, un consultant burkinabè, Dr Lee, en mission au Tchad dans un autre cadre que celui de la Coopération suisse, a eu un accident avec un véhicule de la Coopération. Bilan de cet accident: un mort et une personne grièvement blessée. Etant l’invité personnel de Mme Sabine Schenk, coordinatrice du Bureau de la Coopération suisse (BuCo), celle-ci va tenter de faire porter la responsabilité à son chauffeur, Mahamat Ousmaïn Brahim.Par Amadou Bouba Gong-Daba, collaborateur de La Voix.

 

Le chauffeur, employé à la Coopération suisse depuis 17 ans, témoigne: «le consultant burkinabé m’a demandé, sur instruction de la coordinatrice du BuCo, de faire une déclaration à la police chargée des constats. Je devais faire cette déclaration comme si j’étais l’auteur de l’accident. Histoire d’éviter de se justifier. Offre que j’ai refusée et depuis lors elle a menacé de me faire de surprises. Elle m’a fait enlever de mon lieu de travail et torturer physiquement. Sous la pression, on a tenté de me faire signer un document dont je ne comprenais pas la portée. Ce document portait sur ma démission. Ensuite, j’ai eu des menaces de mort si je devais dévoiler le secret». La coordinatrice du BuCo aurait payé cher à la famille de la victime le prix du sang, la dia pour étouffer l’affaire et échapper à la vigilance de la Direction de Berne.

 

Pour écarter Mahamat ousmaïn Brahim, le témoin gênant, Mme Sabine Shenk lui confie une mission pour laquelle il n’est pas habilité, pour enfin le noyer pour incapacité ou insubordination caractérisée. Mme Shenk demande à son chauffeur d’effectuer une mission aller-retour N’Djaména-Kalaït. Apres le refus du chauffeur de s’exécuter, elle initie une autre mission aller-retour N’Djaména-Melfi. Offre que le chauffeur a toujours déclinée. Mais Sabine Schenk ne lâche pas prise. Le 23 février 2000, elle écrit aux autorités de la police Immigration-émigration. « Par la présente, nous avons l’avantage de vous demander de bien vouloir établir un passeport ordinaire au nom de Mahamat Ousmaïn. En effet, Mahamat Ousmaïn est bénéficiaire d’une formation au Burkina-faso, financé par la coopération suisse au développement ». Comme sollicité, le passeport a été établi et remis au chauffeur qui est prié de quitter le Tchad pour le Burkina où il doit « étudier ». Le hic dans cette affaire est que Ousmaïn, la cinquantaine révolue, ne connaît ni parler ni écrire en français. Le chauffeur signe un refus catégorique et se justifie: «si vieux que je suis, je vais aller étudier, moi, dans ma langue maternelle et dans quel domaine? Si vous voulez me sacrifier, faites le dès maintenant et sur place ».

 

Pour se débarrasser du témoigne gênant dans une affaire qui pourrait lui créer des ennuis, Sabine Schenk l’affecte à Kalaït où il met trois mois sans salaire ni indemnité quelconque. Acculé par la galère du désert, le chauffeur descend en catastrophe à N’Djamena où il se fera cueillir et torturer par les responsables de la Coopération suisse avant d’être mis en tôles. Apres examen médical, le fond de son œil montre une excavation pupillaire totale et une atrophie optique. Le certificat médical précise que M. Mahamat Ousmaïn Brahim présente un glaucome chronique au stade terminal avec atrophie optique entraînant une incapacité permanente partielle évaluée à 85%, ne lui permettant pas d’exercer son métier de chauffeur. Eu égard à toutes ces tentatives de nuisance, Mahamat Ousmaïn Brahim écrit aux responsables de la Coopération suisse pour leur annoncer son intention de démissionner.

 

Les abus de pouvoir de Mme Shenk ne s’arrêtent pas à son infortuné chauffeur. Certains cadres du Programme de développement rural (PDR), qui ont osé dénoncer la mauvaise gestion, la torture morale et physique et le non respect du processus d’extension du projet vers des régions pourtant programmées, sont systématiquement licenciés sans leurs droits sociaux s’ils ne sont pas poussés à la démission. Il s’agit entre autres de Mahamat Ali Togoï, agronome formateur dans le domaine de l’économie rurale, et de Mahamat Kosseï Allahimi, ingénieur en aménagement du territoire et gestion urbaine, formateur en santé communautaire. Ces cadres, témoins oculaires de la gestion opaque des projets du BuCo, ont écrit à la Direction de Berne pour tout dénoncer. Ces informations ont été relayées par des sites opposés à la gestion mafieuse de la coordinatrice du BuCo.

 

Le couple Tidjani- Kadidja, résidant en France et coactionnaire de Mme Shenk dans une entreprise financée sur fonds détournés de la Coopération suisse, débarque précipitamment à N’Djamena et porte plainte contre les ex-employés du BuCo pour diffamation. Premier épisode, le chauffeur Mahamat Ousman Brahim sera cueilli tel un lapin à 6h du matin, le vendredi 02 avril 2010 par des éléments de la police judiciaire sans un mandat d’arrêt et de surcroît à bord d’un véhicule appartenant à l’entreprise ECAT (Bureau d’étude, conseil et assistance technique, une société de Mme Shenk et du couple Tidjani). Apres deux jours de garde à vue, M. Mahamat Ousmaïn Brahim reçoit la visite de Mahamat Ali Togoï et Mahamat Kosseï Allahimi, ses anciens collègues et cadres du PDR Ennedi. A leur grande surprise, ceux-ci seront envoyés rejoindre Mahamat Ousmaïn en tôles pour publication d’articles sur des sites et jugés diffamatoires   à leur mafia. Il a fallu l’intervention du chef de race Anakaza pour que les trois présumés coupables soient libérés, après 6 heures de détention. Contacté par les plaignants, le DG de la police leur a fait savoir que c’est une affaire purement judiciaire.

 

Actuellement l’affaire est au niveau parquet du tribunal de première instance de N’Djaména. En outre, apprenions-nous que Mme Kadidja, ex coordinatrice adjointe du BuCo, poursuit en justice la Cooperationsuisse pour licenciement abusif. Selon des sources concordantes, le poste de Mme Kadidja n’existe pas dans l’organigramme du BuCo. Ce poste serait créé par Mme Schenk.

 

Les dérives de la Coopération suisse au Tchad

 

Le Bureau de la coopération suisse (BuCo) est installé au Tchad, à la faveur des accords cadres de coopération du 21 février 1964. L’aide publique suisse au Tchad est mise en œuvre par le Bureau de la Coopération. Ce bureau est placé sous la tutelle du département fédéral des Affaires étrangères qui soutien des actions de développement au Tchad.

 

La République du Tchad et la Confédération suisse ont signé en 1999 une série d’accords portant sur une contribution de près de 14 milliards de FCFA pour la réalisation et la poursuite de 7 programmes de développement régionaux. 

 

Grâce à la reforme de 1999, des projets thématiques parmi lesquels figure le volet pistes et ouvrages hydrauliques pour la région de Biltine et Ennedi ont été mis en place. Cette reforme a conduit à la mise en route des Programmes de développement régional (PDR). Quelques années plus tard, le volet pistes et ouvrages hydrauliques qui intervenaient dans les deux régions est devenu un projet à part entière. Curieusement, selon nos sources, ce projet, destiné à améliorer le trafic routier, serait transformé par Sabine Schenk, la Coordonnatrice résidente de BuCo, après sa première phase de démarrage, en Bureau d’étude, conseil et assistance technique (ECAT), une entreprise privée.

 

L’équipe du projet a été scindée en deux entités, dont l’une exerce pour le compte de l’ECAT, qui serait devenu la propreté de Sabine Schenck et du couple Tidjani Salah-Kadidja Bouchra Youssouf. Selon la même source, les financements qui ont servi à la création de l’ECAT seraient prélevés sur le compte du Programme de développement régional de l’Ennedi, des autres programmes et de la liquidation du projet pistes/ouvrages. La lecture des rapports d’évaluation du 18 décembre 2001et du 16 août 2002 révèle que des voitures et camions en bon état ont été bradés à l’ECAT. En plus de cela, un important lot de matériels jugés arbitrairement défectueux tels que des motopompes, groupes électrogènes, compresseurs, des chargeurs, et autres engins… ont été attribués gracieusement à cette entreprise. 

 

C’est ainsi que les efforts que déploie la Direction de développement et de la coopération (DDC) sise à Berne, à travers la collecte des fonds pour le développement des communautés bénéficiaires, sont détournés par des individus, via des projets mafieux. Il se trouve que la population de Borkou et du Tibesti ne bénéficie pas de l’appui au développement à cause, semble-t-il, de diverses manœuvres orchestrées par les responsables sortant du BuCo pour maintenir le PDR-Ennedi dans un stade embryonnaire et aux fins d’avoir une main mise sur ses actions. La gestion opaque de la coopération suisse a tant défrayé la chronique mais les autorités du Tchad ne semblent pas s’intéresser à la question. Pour rappel, nous pouvons citer l’article du président de l’Organisation tchadienne des droits humains (OTDH) publié dans Le Temps N° 553, un autre intitulé « plein feu sur la Coopération Suisse au Tchad », et « la vérité de Mahamat Ali Togoï » publiés toujours dans le même journal n° 573 puis celui du coordinateur du PDR-Kanem, « la face cachée de la coopération suisse au Tchad. A en croire les ex-employés du BuCo, Jean-Robert Moret, l’actuel Directeur résident, se dit disposé à apporter un dénouement heureux à la crise mais le trio Schen-Kadidja-tidjani menerait des campagnes d’intoxication au niveau national et international pour leur faire perdre leurs droits sociaux. Aussi, apprenions-nous que depuis quelques jours, des hauts responsables de la Direction de Berne ont séjourné à N’Djamena pour trouver la solution aux rififis qui n’ont que trop duré.

Jean-Robert Moret veut remettre les choses sur les rails

Le ministère Public de la coopération suisse a ordonné une enquête sur les activités du Bureau de la Coopération suisse au Tchad. Selon nos informations, cette démarche fait suite à une enquête administrative ordonnée en été 2009 par Micheline Calmy-Rey, chef du département fédéral des Affaires étrangères. Tout est parti des « gros trous », selon le terme d’un document, constatés par le contrôle fédéral des finances en octobre 2006 suite aux informations relayées par plusieurs sites, faisant état d’une gestion mafieuse. Il a été démontré qu’un grand nombre de comptes bancaires échappaient au contrôle des mouvements financiers, au point qu’un responsable a été pris en flagrant délit. Par ailleurs, deux grands projets auraient présentés des défaillances dans le contrôle des dépenses. Eu égard à cela, le contrôle des finances, dans son rapport, avait fait une série de recommandations à la DDC pour corriger les lacunes constatées. La conseillère fédérale, Micheline Camly-Rey, lors de son séjour à N’Djamena, aurait relevé les mêmes problèmes et a recommandé de son côté au BuCo d’entreprendre des démarches nécessaires pour y remédier. Conséquence logique : la restructuration des programmes de coopération et le licenciement des brébis galeuses.  

Au cours de l’été 2009, une mission de suivi a constaté que les recommandations contenues dans le rapport d’audit 2006 n’ont pas été observées par l’ancien BuCo au Tchad. Il a fallu que le nouveau patron, Jean-Robert Moret, ait saisi Micheline Calmy-Rey, pour ordonner une enquête administrative. Au moment où nous nous mettions sous presse, nous apprenions par une source autorisée que l’enquête administrative en question a été clôturée et le dossier transmis au ministère public de la Confédération. Ayant hérité d’une situation pourrie, suite à la gestion opaque de l’ancien bureau, M. Jean-Robert Moret est déterminé à remettre les choses sur les rails. Selon nos investigations, il a écrit, il y a quelques jours aux ministres tchadiens des Relations Extérieures et au ministre du Plan et de la coopération pour leur signifier que dorénavant, les programmes de développements du bassin du Logone, du Moyen chari, du Mandoul, du Waddi-Fira, de l’Ennedi, du Batha et du Kanem, sources de problèmes, seront gérés par les associations locales. Ainsi, le BuCo ne s’occupera-t-il que du financement, du suivi et de l’évaluation de manière à permettre le développement réel à la base. Ainsi, Jean-Robert Maret, l’air sérein, entend-il repartir sur des nouvelles bases.

 Amadou Bouba Gong-Daba

Source : www.lavoixdutchad.com