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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Le lac Tchad en voie de disparition Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Dr. Djimé Adoum, tchadnews.info   
25-10-2009

ImageBien que des progrès s'observent dans le pays, il n'est un secret pour personne que le Tchad a du pain sur la planche pour relever tous les défis qui entravent son décollage socio-économique et politique.  Cette situation est due en grande partie à la convergence de beaucoup de facteurs parmi lesquels nous pouvons citer:  les effets des guerres interminables et les aléas climatiques.  Nous estimons qu'il est temps que le pays retrouve son souffle pour amorcer un développement socio-économique et politique pour son peuple. 
Nous savons bien que les deux facteurs sont intimement liés et convergent pour rendre encore plus aléatoire la vie des citoyens.  Bien que nous n'avons pas fini de parler de la guerre et compte tenu de la gravité de la situation alarmante que connait le lac Tchad, nous avons voulu consacrer un petit temps à ce sujet d'actualité en raison de l'impact que cela engendre pour les populations riveraines totalement dépendantes de ce cours d'eau. En effet, il est très clair que la disparition de ce patrimoine commun aux pays membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad pose des risques extrêmement graves pour la survie d'un très grand nombre de nos concitoyens.  Nous y reviendrons dans nos prochaines colonnes pour dire davantage sur la situation de guerre que vit le pays.
 
Selon les estimations de la FAO basées sur les images satellitaires de la NASA, le lac Tchad couvrait 25,000 kilomètres carrés en 1963.  Il ne couvre que 1500 kilomètres carrés en 2001.  Selon ces données, le lac Tchad a perdu plus de 90 pourcent de sa superficie durant cet interval.  Les effets dévastateurs ne se sont pas fait attendre.  Selon une étude de la FAO menée en 2006, la production halieutique s'est réduite de 60 pourcent et la flore s'est dégradée de 45 pourcent.  Ces statistiques entrainent la disparition d'un écosystème qui supportait des millions de producteurs, éleveurs, et pêcheurs, fournissant ainsi une vie meilleure à des millions de citoyens.
 
Cet assèchement a des conséquences désastreuses.  Selon M. Parviz Koohfkan, Directeur de la Division des Terres et des Eaux de la FAO, "la crise humanitaire qui risquerait de suivre la devastation écologique requiert des interventions urgentes".  "La disparition tragique du lac Tchad doit être freinée pour sauvegarder le moyen d'existence et épargner la vie des millions d'habitants". 
 
La mort à petit feu du lac Tchad doit nous servir de leçon et attirer l'attention de tout tchadien soucieux du devenir de ce pays martyrisé.  Nous n'ignorons pas que la communauté internationale a lancé le cri d'alarme en nous signifiant que si rien n'est fait, le lac Tchad disparaitrait dans les prochaines vingt années.  Nous convenons que cette disparition sera suivi par la mort progressive d'un patrimoine national.  Nous reconnaissons que les aléas naturels sont pour beaucoup dans cette situation (les eaux du Logone et du Chari ont tari) mais nous ne devons pas passer sous silence le manque de sérieux dans la gestion de ce trésor qui, a n'en point douter, a certainement accéléré la descente aux enfers des eaux du Lac Tchad.  Il est grand temps que les tchadiens se ressaisissent pour renverser cette tendance. 
 
Les services compétents doivent tout mettre en oeuvre pour acquérir les techniques pour la gestion des eauxs, de la pêche, de la faune et de la flore.    C'est aussi un devoir national qui mérite une attention urgente et particulière et la mise au placard de tous les autres calculs pour renverser la tendance.  Ces millions de personnes qui verront leur train de vie réduit à néant méritent que ceux qui sont sensés les diriger puissent déployer autant de ressources pour leur venir en aide.  Finissons avec les guerres fratricides et mettons nous au travail pour sauver notre Lac qui a donné son nom à la république.