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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Notre rédacteur en chef a été expulsé du Tchad au motif qu’il n’avait pas de passeport et de titre de séjour. Les vraies motivations de cet acte sont ailleurs. Le journal la Voix fait mouche au niveau national et international après seulement six mois de vie.

Pour beaucoup d’observateurs, c’était une réussite fugitive. Le feuilleton du succès de cet hebdomadaire d’informations générales et d’analyses est parti du 1er mai avec le lancement officiel et la médiatisation tonitruante sur les antennes de RFI par le tout premier Directeur de publication. L’environnement politique, économique et social, peu favorable à la presse privée, a fait planer le doute sur sa survie.

 
Petit à petit, le journal a fait son petit bonhomme de chemin et le pessimisme qui hantait les esprits s’est effondré comme un château de cartes. Et pour cause, le courage de la jeune équipe, l’arrivée d’un certain Innocent Ebodé à la tête de la rédaction et surtout l’engagement indéfectible du Conseil d’Administration à offrir aux Tchadiens un journal de qualité, ont permis à La Voix de créer son trou, et d’ambitionner de jouer un rôle de leadership dans l’espace concurrentiel de la presse privée au Tchad.
 
La vie est un mélange de fiel et de miel, dit un adage. Dans le cas d’espèce, le fiel a pris le dessus ce mardi 15 octobre 2009 avec la séquestration de la chronique tant prisée du public : Au fil du temps. Quoi qu’on dise, le succès de ce “ caneton” ôte le sommeil aux uns et suscite de la jalousie dans le cœur des autres. Dans cette affaire (de Directeur de publication, du Journal et du “Kamer”), il fallait vaille que vaille trouver des prétextes ou du moins un bouc émissaire : L’innocent, Innocent EBODE, le rédacteur en chef, sort du tiercé gagnant, avec une meilleure côte pour être choisi.
 
Le mystère autour de la disparition de son passeport (dont les fins limiers du renseignement peuvent d’ailleurs trouver les traces dans les services de la police aéroportuaire) juste à la veille de son voyage à Yaoundé pour ramener sa famille, nous laisse pantois. Sans doute, une manœuvre habile d’un méchant kleptomane ou magicien téléguidé pour les besoins de la cause. Des appels anonymes lui parvenaient chaque jour depuis que le feuilleton de détournement de deniers publics a commencé. Son intervention sur les antennes de RFI le 13 octobre au sujet des séries de détournements, lui a valu près d’une cinquantaine de messages de compliments et de félicitations : « Merci INC EBO, tu es un journaliste de qualité, à la tête d’un journal qui a un avenir prometteur », s’est enthousiasmé un admirateur.
 
Le 14 octobre 2009, Innocent Ebodé a répondu à une convocation du Haut Conseil de Communication. L’entretien, par ailleurs amicale et confraternelle, a essentiellement tourné autour de l’absence du Directeur de Publication en dépit des exigences de l’ordonnance 5.Quoi de plus normal ? Curieusement, 24 heures après, une convocation de l’ANS du commissariat de CA3 atterrit sur son bureau, comme une soucoupe volante et lui demande de se présenter dès réception. Ce qui fut fait.
 
Les enquêteurs n’avancent que l’absence du passeport pour bouter comme la polio, hors du Tchad le petit Kamer parce que sa chronique souvent écrite dans son style ironique et décapant, heurte la susceptibilité des pêcheurs en eaux troubles. L’innocent est cueilli ce 13 octobre, comme un petit lapin, par les services de renseignements courtois, sans aucune menace physique, exécutant visiblement la mission d’une “main invisible”. Le chroniqueur est conduit à bord d’un 4 x 4 d’immatriculation civile à la frontière de Nguéli, avant de se voir confier sans payer la facture, à un “clandoman” chargé de le jeter comme un sac de riz à Kousseri. Comme quoi, va manger ton “ Ndolé” aux maquereaux, au lieu de nous produire un journal qui dérange.
 
Une fois à destination, son transporteur a failli lui chauffer les joues à cause de la facture alors que l’infortuné pensait avoir à faire à un “Car gentil” de son pays natal qui a coutume de déposer gratuitement à la demande des flics, de présumés coupables.

Voilà, il a quitté sa famille, ses collègues sans dire au revoir .INC EBO, longue vie à ton fil du temps qui blesse certains et n’arrête pas de blesser, même si tu as a été propulsé, tiens, que dis-je, expulsé comme une fusée japonaise H2 chez toi dans la capitale des 7 collines, Yaoundé.

 
Par Amadou Bouba Gong- Daba, journaliste de la Voix.