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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

deby 22

Le président sud-africain Jacob Zuma est allé à Tripoli pour négocier avec le régime une issue au conflit libyen. Le colonel Kadhafi s'est dit prêt à accepter un cessez-le-feu.

C'est peut-être la mission la plus délicate jamais confiée au président sud-africain. Lundi, Jacob Zuma est arrivé à Tripoli pour tenter de trouver un accord avec Mouammar Kadhafi et mettre un terme au conflit qui déchire la Libye. Officiellement, l'héritier de Mandela est venu, mandaté par l'Union africaine (UA), pour faire appliquer le plan mis sur pied par cette instance continentale en février. Dans la nuit de lundi à mardi, le président a déclaré aux télévisions libyennes et sud-africaines que le colonel Kadhafi était «prêt à mettre en oeuvre la feuille de route de l'UA», à commencer par le cessez-le-feu qui doit inclure «toutes les parties», et donc l'arrêt des bombardements de l'Otan. Cette demande avait été rejetée par l'alliance atlantique en avril lors d'une précédente visite de Zuma, avec la même feuille de route.

Officieusement, c'est avec l'idée d'obtenir une démission sans condition du Guide que Jacob Zuma a foulé le tapis rouge de l'aéroport de Tripoli. Mouammar Kadhafi l'a reçu à sa résidence de Bal al-Aziziya pendant deux heures et en a profité pour se montrer à la télévision nationale pour la première fois depuis près de trois semaines. Samedi à Benghazi, le chef du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, ne s'en est pas caché : « Je veux confirmer que toute solution à la crise libyenne devra inclure un départ du colonel Kadhafi.» Une exigence rendue plus facile par le ton martial adopté ces derniers jours par l'Otan et ses membres. «Le règne de la terreur de Kadhafi touche à sa fin », a martelé lundi Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l'Organisation. La Grande-Bretagne a, elle aussi, augmenté la pression en annonçant son intention d'utiliser des ogives capables de percer des fortifications. La France, de son côté, est sur le point de déployer ses hélicoptères de combat.

Ambiguïtés 

Il n'est cependant pas certain que ces déclarations aient enchanté les Africains. Elles ne laissent de fait aucune marge de manœuvre alors que l'Union africaine peine déjà à jouer son rôle de médiateur tant ses positions demeurent ambiguës dans le conflit libyen. Pour réussir sa mission, la première tâche de Jacob Zuma sera de passer outre les atermoiements de ses pairs continentaux et à définir une position ferme. La tâche n'est pas simple.

En aparté, plusieurs hauts dignitaires africains ne cachent pas leur agacement de voir, un mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo avec l'aide des forces de l'ONU et des soldats français, un autre chef d'État du continent sous les bombes occidentales. On parle d'«ingérence », de « diktat » Mais au-delà de cet aspect politique, c'est le volet économique d'une éventuelle chute du «Guide» qui inquiète dans bien des présidences. Car Mouammar Kadhafi, une fois ses rêves de panarabisme brisés, s'est tourné vers l'Afrique. Au cours des quinze dernières années, la Libye a massivement misé sur les pays frères, pour un total de plus de huit milliards de dollars. Pour la seule année 2009, la Libyan African Investment Compagny (Laico) a investi 370 millions d'euros pour beaucoup dans les hôtels et la téléphonie.

Cette politique des «pétrodinars» a créé autour de Kadhafi un solide réseau d'amitié qui redoute la chute de leur bienfaiteur et avec lui la fin de cette manne. À commencer par le Malien Amadou Toumani Touré. À Bamako, Laico engage de grands travaux, possède les grands hôtels, des rizières… Au Tchad, Idriss Déby sait ce qu'il doit au soutien militaire libyen. Le Bénin, le Niger profitent aussi des largesses de Kadhafi. Ces derniers jours, ces pays ont gardé un silence gêné autour du problème libyen.

Car dans le même temps les délires et les menaces de Kadhafi, autopromu «roi des rois d'Afrique», ont considérablement agacé. Les anglophones se sont ainsi détournés d'un chef d'État qui apparaît souvent comme la caricature du dictateur. Mais, pour l'heure, seuls le Sénégalais Abdoulaye Wade et le fantasque dictateur gambien Yahya Jammeh ont officiellement lâché leur homologue libyen.

 

Voir : ICI