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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Wade-Khadafi.jpg

DOCUMENT - Le Sénégal est, après la Gambie, le premier pays africain à reconnaître la légitimité des rebelles libyens.

«La seule solution pour arrêter les combats et les violences est que Kadhafi parte» : samedi, au lendemain duG 8 de Deauville, auquel il participait, Abdoulaye Wade a affiché son choix, reconnaissant le CNT comme seul représentant légitime du peuple libyen. Une position en décalage avec nombre de capitales d'Afrique qui comptent encore avec Mouammar Kadhafi.Tandis que l'Union africaine (UA) avance sur un fil, relançant une médiation délicate pour tenter de rapprocher les protagonistes libyens, le président sénégalais, lui, met les pieds dans le plat. En reconnaissant, la semaine dernière, la légitimité des rebelles, le Sénégal est le premier pays africain à franchir le pas, après la Gambie.

Une décision mûrie de longue date. Le 9 mars dernier, dans une conversation téléphonique dont Le Figaro a obtenu la transcription (lire ci-dessous), Wade a pris ses distances avec le dirigeant libyen qu'il accable de remontrances. La veille, Kadhafi avait déjà tenté de joindre son homologue sénégalais qui est de passage à Paris. À la veille d'une réunion de l'UA à Addis-Abeba, le Guide, téléphone tous azimuts aux Africains pour les enjoindre de se mobiliser contre la résolution 1970, votée le 27 février par le Conseil de sécurité et qui impose de lourdes sanctions contre Tripoli. Mais Wade ne s'en laisse pas compter : il presse le Libyen de proclamer un cessez-le-feu unilatéral. Son interlocuteur rechigne. Il appelle également Kadhafi à rapatrier ses avoirs placés hors d'Afrique et investir utilement sur un continent «qui crève de faim».

À la différence des pays sahéliens, Dakar ne bénéficie guère de la manne financière libyenne. C'est l'une des raisons expliquant le «revirement» de Wade sur la Libye, souligne un diplomate. «Wade n'a jamais voulu se laisser enfermer dans les positions de l'UA, il fait entendre sa petite musique», ajoute cette source.

 

Le vieux président - il est âgé officiellement de 85 ans - est candidat à sa propre succession en 2012. Le 19 mai, il a reçu à Dakar deux émissaires du CNT. À leur sortie, un communiqué, soulignait la nécessité du départ de Kadhafi, reconnaissait l'opposition et proposait une conférence nationale. Peu avant les deux envoyés libyens, l'ambassadeur de France au Sénégal, Nicolas Normand, était reçu en audience au palais…

 

Verbatim

«On a vu l'armée libyenne tirer sur les civils : c'est inacceptable»

 

 

- Abdoulaye Wade : … Hier, votre premier ministre m'a appelé. Vous vouliez me dire quelque chose ?

 

 

 

 

- Mouammar Kadhafi : Oui, je voudrais demain que la prise de position africaine soit très forte pour qu'on mette un terme aux ingérences étrangères (…) et qu'on puisse arrêter les convoitises coloniales. Comme vous le savez, il y a des cellules dormantes d'al-Qaida qui se sont infiltrées en Libye petit à petit. (…) Actuellement, (...), ces bandes ont envahi la région de Benghazi. Ils ont attaqué les prisons et libéré les prisonniers. (…) Elles ont armé ces gens-là. Elles ont choisi des jeunes gens et leur ont distribué des cachets hallucinogènes. (…) Elles ont capturé des avocats, des officiers comme otages et elles leur ont demandé de mettre en place un Conseil à Benghazi. (…) Il faut que l'Afrique prenne une position très forte pour qu'elle mette un coup d'arrêt aux Américains, aux Britanniques et aux Français (qui) ont des convoitises par rapport au pétrole.

- A. W. : Je vous remercie pour les explications que vous venez de me donner. Je voudrais vous dire que les membres du Conseil de paix et sécurité de l'Union africaine ne sont pas par nature hostiles à la Libye. (Mais) quand vous allumez la télévision, vous voyez des images de l'armée libyenne qui tire sur les civils. Ce sont des procédés absolument inacceptables. Cela me fait mal au cœur (…) On ne va pas me dire que les journalistes ont inventé cela !

- M. K. : Cela ne s'est pas produit de la sorte… il s'agit de la résistance contre les bandes armées uniquement…

- A. W. : Je vais te dire mon sentiment, c'est que tu es avec des gens qui ne disent pas la vérité. Dans tous les pays, et pas seulement en Afrique, il y a des populations qui sont mécontentes. (…) Ces revendications, il faut les écouter (…). La Libye a les moyens de les satisfaire grâce aux milliards de dollars que vous gardez comme cela à l'extérieur alors que les populations de la Libye et de l'Afrique ont des besoins.

- M. K. : Nous étions en train de répondre positivement à ces sollicitations… Il y a beaucoup d'investissements libyens en Afrique. La Libye est en train de bâtir l'Afrique.

- A. W. : Les chefs d'État à qui tu donnes de l'argent ne te diront jamais la vérité. Quel est le chemin de fer qui a été fait par les Libyens ? Quelle route ou autoroute ? (…) Vous avez fait 30 kilomètres de route au Niger. (…) Il s'agit à présent d'arrêter les tueries. Il faut qu'on arrête cela. (…) Il faudrait que tu proclames le cessez-le-feu unilatéral.

- M. K. : Si on arrête la résistance contre les bandes armées, cela ne va pas aller.

- A. W. : (…)J'ai dit qu'il faut proclamer le cessez-le-feu pour 24 heures, (…) il faut faire le premier geste.

- M. K. : Le Nigeria a bien combattu des groupuscules dans le delta. La Mauritanie a également combattu les groupes armés. La Russie a bien détruit la Tchétchénie !

- A. W. : Moi, je n'ai de compte nulle part, dans aucun pays du monde. Il faut ramener les milliards de dollars en Afrique (qui) a besoin de chemins de fer, de routes, d'écoles…

- M. K. : Monsieur le président, moi aussi je suis comme vous. Je n'ai pas d'argent à l'extérieur.

- A. W. : Mais l'État libyen a de l'argent à l'extérieur…

- M. K. : C'est vrai…

 

 source: seneweb