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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

monza 2Le déguerpissement manu militari des squatters des domaines de l’Etat tchadien est une politique mise en place par le président Idriss Deby Itno et son équipe de planification et développement de N’djamena, et partant de tout le Tchad. Et nous venons tous d’apprendre ce matin du 11 aout 2010 que le Bulldozer de N’djamena, le président Idriss Deby Itno en personne, entend visiter (ou réviser) et si possible raser la base militaire française du Tchad. C'est-à-dire, le président Bulldozer Deby envisage de déguerpir l’Opération Epervier de N’djamena et du Tchad dans les prochains jours ou mois pour cause de présence inutile, nuisance politique et économique de ces squatters (légionnaires français) de la Base Sergent Adji Kossei sise au quartier Farcha de N’djamena.

Pour certains Tchadiens et détracteurs du président Deby, la décision ou l’intention de déguerpir les squatters de la Base Adji Kossei de N’djamena et du Tchad est un peu osé et comme mal préparée et annoncée à nos parents Gaulois d’outre-Atlantique. Pour ma part, la question n’est pas comment Deby peut-il oser annoncer et réussir à déguerpir ces légionnaires squatters qui sont visiblement ses propres informateurs, protecteurs et conseillers occultes etc. depuis l’avènement du MPS au pouvoir en 1990 ? La question est plutôt comment les Tchadiens entendent-ils en tant que peuple souverain, ah oui! (malgré leur haine viscérale et opposition politique contre le président Deby) soutenir le président dans sa décision et démarche de débarrasser le pays de ces fléaux politico-militaires français qui empêchent les Tchadiens et l’Afrique de voir clair dans leur avenir et destin politique après 50 ans d’indépendance nominale?

Alors, si le président Deby a pris cette fois-ci son courage (à trois mains !) pour dénoncer la chose ce 11 aout, quitte aux Tchadiens en général et la communauté politique tchadienne d’en saisir l’occasion pour tenir les pieds du président au feu afin qu’il tienne une fois au moins à sa parole et libère, une fois de plus, le Tchad de la nuisance de cet Epervier français et surtout arrêter les officines de la Francafrique qui poussent les Tchadiens à se tuer sans intérêt.

En fait, l’inutilité de la présence militaire française au Tchad est dénoncé et décrié de bout en bout par presque tous les présidents et dirigeants politiques du Tchad: de Tombalbaye à Deby. Cependant, aucun d’entre eux n’a eu le courage politique et le soutien national nécessaire pour passer concrètement à l’action  de déguerpir ce monstre militaire français de Farcha et du Tchad.

De manière générale, le rôle de l’Opération Epervier au Tchad  c’est d’abord d’empêcher les Tchadiens de réfléchir pour eux-mêmes et d’installer et démettre tout dirigeant tchadien qui coopère ou boude la politique française du Quai d’Orsay. Comme le note Antoine Bangui, « Tous les gouvernements tchadiens successifs ont fait appel à l’armée française pour se maintenir en place. Et là, il n’y a quelque chose qui ne va pas parce que demander l’appui d’une grande puissance pour se maintenir au pouvoir alors que des problèmes de liberté et des problèmes de frustrations, des problèmes de famine, des problèmes de développement (ne serait-ce que des problèmes de développement de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur), il y a quelque chose qui ne va pas ». (Bangui, interview à RFI/11 aout 2010).

C’est une fois encore légitime pour le Tchad politique de réitérer sa volonté de revoir ses relations politiques, militaires et fraternelles avec la France en ce jour d’anniversaire d’indépendance de la Métropole. Ce qui n’est que normal en pratique et théorie de communication relationnelle. Cependant, la question demeure: si Deby compte vraiment faire l’exception, arrivera-t-il à le faire sans le soutien populaire des Tchadiens, vu les largesses de cette Opération Epervier envers sa personne et son régime depuis décembre 1990 ? Ce qui est sûr, actuellement, Deby plus que quiconque au Tchad connait le bienfait et la capacité de nuisance de la présence de l’Opération Epervier. Cette légion française au Tchad constitue un cancer pour son propre régime. Par conséquent, que les détracteurs ou critiques du président Deby comprennent que le président est lui-même otage, sinon prisonnier politique et financier de ce macabre bras armé du Quai d’Orsay au Tchad. Tout compte fait, les Tchadiens doivent cette fois-ci mettre de côté leurs animosités et haines gratuites pour soutenir, encourager et pourquoi ne pas féliciter le président Deby dans son dernier sursaut patriotique de débarrasser le Tchad d’un cancer politique, militaire et financier: l’Opération Epervier ? Qu’on me démente si les Tchadiens et le président Deby ne sont-ils pas suffisamment victimes des méfaits de l’Opération Epervier et sa consœur la Francafrique au Tchad.

L’Opération Epervier, parfois à travers les injonctions de la Francafrique, a souvent empêché les Tchadiens de créer l’alternance politique dans leur propre pays. Et elle a de tout temps empêché les dirigeants politiques tchadiens de faire ce qui arrange le Tchad. Pour preuve, quand les dirigeants tchadiens veulent devenir ou commencent à devenir nationalistes, la France ou le Quai d’Orsay dépêche souvent son armée d’occupation au Tchad(Opération Epervier) pour aider les ennemis du pouvoir à déstabiliser le Tchad. C’est du vécu de Tombalbaye à Deby en passant par Malloum et Habré. Par exemple, le régime du défunt président Malloum était le premier à prendre publiquement cette décision de déguerpir ces militaires squatters dans les années 1970 et en a amèrement payé le prix en 1979. La suite tout le monde le sait déjà !

Par ailleurs, c’est lamentable que certains tchadiens commentent  négativement cette décision politique de Deby de voir/envisager comment débarrasser son pays d’une pandémie militaro-politique introduite par la France politique en Afrique et au Tchad. Si la RCA l’a fait et le Sénégal est en instance de le faire, pourquoi pas le Tchad? Même si la majorité des Tchadiens ont leurs propres déficiences sociopolitiques de lutter pour le redressement politique et  économique ainsi que pour la cohésion sociale dans le pays, la France en tant que pays colonisateur, pays ami, partenaire politique et soutien militaire du Tchad n’a fait que corrompre le paysage politique tchadien et la communauté de tout ce que le Tchad compte comme leaders.

Alors, qu’on ne banalise pas surtout la décision ou intention du président Deby de préserver les intérêts du Tchad tout en gardant les liens de fraternité et de coopération avec la France dans ses multiples ramifications d’assistance (économique, politique, culturelle, éducative etc.) au Tchad.

Il n’est pas exagérer que le président tchadien actuel fasse ce sursaut patriotique de demander à cette légion française de déguerpir afin de laisser les Tchadiens trouver la solution politique ou militaire qui les convient afin de se réconcilier et développer leur pays. C’est dire qu’après plus de 20 ans de présence militaire et d’occupation de l’Opération Epervier au Tchad, sur les 50 ans d’indépendance du Tchad, il n’est que normal de se poser la question sur le vrai héritage politique de cet instrument militaro-politique du Quai d’Orsay; et en quoi sa présence physique contribuera-t-elle à l’émergence d’un Etat de droit ou d’une nation tchadienne digne de ce nom chez nous? Comme je l’ai souligné si haut, ce qui importe pour le moment ce n’est pas la lecture que la France politique, la Libye, le Soudan, ou les USA etc. fera de cette annonce ou décision politique du président Idriss Deby. C’est assurément plutôt comment les Tchadiens dans leur fort intérieur comptent-ils voir résoudre ce problème de nuisance de la présence militaire française dans leur propre pays après les échecs dans les tentatives des présidents Malloum et Habré de déguerpir la légion française du Tchad ? Alors, s’il y a encore résistance ou échec à ce nième appel au déguerpissement de la légion française du Tchad, cela serait imputable au manque de pris de conscience des Tchadiens et leur tendance a l’inaction qu’a celui qui a pris le courage de le dire ou dénoncer en public.

Laounodji M. Monza

Washington DC

laoumonzal@yahoo.fr