Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

Les résultats du Baccalauréat 2011 au Tchad, à la limite catastrophique ont suscité beaucoup de réactions allant de la déception des candidats malheureux et leurs familles à la récupération du sujet  par des politiciens pour faire un procès politique au gouvernement en passant  par les coups de gueule des spécialistes de l’éducation, partisans de la reforme de notre système éducatif.

Pour histoire, rappelons que sur les 60.654 candidats ayant composé le Bacc 2011, seuls 9.954 ont décroché le précieux sésame,  soit un taux d’admissibilité de 15.73%.

Ce taux de réussite jugé trop faible a eu non seulement le mérite de remettre au gout du jour l’eternel débat sur la baisse de niveau voire l’absence de niveau dans les salles de classe au Tchad, mais reflète pour une première  fois  les résultats réels de ce Bacc 2011. Cette nouveauté, il ne faut pas s’en cacher, est à mettre a l’actif de l’actuel ministre de l’enseignement supérieur du Tchad, Ahmat  Taboye universitaire de profession, homme intègre et rigoureux qui en plus de bien connaitre son travail se sert de sa proximité avec la première dame pour faire avancer les reformes dont le système éducatif tchadien attend pour prendre son envol et produire une élite apte à relever les défis du développement du Tchad.

Pas tard que la semaine dernière, le ministre nous a offert un show unique de remise des prix par la première dame aux 100 premiers bacheliers.  Passé l’ambiance et l’euphorie, on attend de voir si ce dernier ira jusqu’au bout de sa logique en attribuant à ces 100 meilleurs lauréats de l’année les bourses d’études à l’extérieur dont d’habitude, les parents les plus nantis n’hésitent pas à acheter à coup de millions pour leurs progénitures.

Aujourd’hui, sur la base des changements en cours, on peut affirmer sans triomphalisme que  le Bacc tchadien regagne enfin sa crédibilité: éradication des fraudes, sécurisation du fichier des candidats à l’aide des cartes biométriques pour éviter le phénomène communément appelé «  mercenariat » ou des individus passent l’examen à la place des candidats réels moyennant argent. Ces pratiques à elles seules ont décrédibilisé le Bacc tchadien dans les pays voisins ou les candidats et « mercenaires » ressortissants de ces pays se lancent à l’assaut de Ndjamena à l’approche des examens en clamant à qui veut les entendre «  on va chercher notre gâteau ». Quel mépris pour notre Bacc ?

L’autre mesure annoncée en pompe par le ministre de l’enseignement supérieur et  qui doit entrer en vigueur l’année prochaine est l’instauration du probatoire en classe de première. Demandez-vous pourquoi autant de camerounais traversent le fleuve chari chaque année pour le Bacc tchadien et vous comprendrez ce que c’est. En fait, désormais  tout élève de la classe de première ne comptera plus sur ses notes de classe pour monter en terminale mais devra obligatoirement passer un examen final à l’image du Baccalauréat.

Si le probatoire venait donc à être instaurer pour servir de filtre avant le Bacc, qu’allons nous faire alors des milliers de jeunes qui vont abandonner l’école seulement avec le niveau de première si déjà on ne sait quoi faire des milliers de bacheliers existants dont la plus part ne savent rien faire (ils parlent mal français, savent à peine lire et écrire). D’où pour faire réaliste, l’instauration du probatoire doit être expérimental pendant deux ou trois années afin de déterminer ses avantages et ses limites.

Des reformes au  Tchad on en a toujours entendu sans vraiment voir  les effets escomptés se réaliser et aujourd’hui encore on se demande si  celles-là aussi ne sont pas de la poudre aux yeux.

Le mal de notre système éducatif en effet se trouve surtout dans l’annonce des reformes théâtrales sans que celles-ci ne soient suivies par des mesures d’accompagnement efficaces et pérennes.

Dans ce cas d’espèce par exemple ces mesures d’accompagnement  consisteraient d’abord à :

Primo : Innover et à adapter continuellement le curricula d’enseignement pour qu’il réponde aux besoins du développement du pays et du marché du travail. Force est de constater que l’école tchadienne continue toujours de former  des demandeurs d’emploi alors que la conjoncture économique actuelle exige plus tôt que l’on forme des entrepreneurs et des créateurs d’emploi. Cette situation fait que chaque année des milliers de diplômés se retrouvent sur un marché ou l’offre d’emploi est nulle.

Secundo : La création des écoles de formation des professeurs des lycées et collèges et  le relèvement de la qualité de la formation des écoles nationales d’instituteurs.  La pédagogie d’enseignement,  la déontologie  faisant défaut chez nos enseignants, il est normal qu’au Tchad ces derniers fournissent une formation au rabais et cèdent facilement à la corruption.

Tertio et enfin : La mise en valeur de l’enseignant lui-même en lui rendant sa dignité perdue grâce au relèvement de son salaire. Des efforts réels d’augmentation des salaires des enseignants ont été faits ces dernières années mais le cout de vie grimpant concomitamment, ces efforts  n’annulent d’eux-mêmes. Il serait judicieux de continuer à investir davantage dans les ensei gnants car de leur bonne santé physique et morale dépendra la santé économique du Tchad de demain.

 

 Ousmane Hamay, Montréal