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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

La véracité des faits, base de l’honnêteté intellectuelle !

 

En visitant le site associé de Librafrique.com, je suis tombé sur les commentaires très légitimes des membres de votre club d’internautes fidèles, concernant mon article intitulé “Attention à l’explosion de la marmite“, notamment la publication d’un extrait de livre intitulé : « Les secrets d’une allégeance …témoignage d’Ali Abdelrahmane Haggar ». Avec votre permission, et n’ayant pas le document original cité, je voudrai restituer la vérité des faits qui est une exigence intellectuelle fondamentale, étant entendu que je demeure respectueux de la critique, de la contradiction et même de la controverse. Cependant, les faits tronqués ou imaginaires pour soutenir une opinion est un crime intellectuelle qui fait honte, mais qui a malheureusement cours impunément au sein de nos élites tchadiennes, aux seuls fins de manipuler à outrance une opinion publique encore peu structurée.

Acte 1 : « J’appelle Enoch Djondang, l’ex tout puissant Président de la ligue Tchadienne des droits de l’homme. Je voudrais m’informer sur les raisons de sa suspension de la LTDH. »

Il n’y a jamais eu de « tout puissant président de la LTDH » ; ce que je sais, c’est que j’avais bâti une organisation, la LTDH qui, elle était « toute puissante » à travers tous ses démembrements intérieurs et extérieurs et faisait perdre le sommeil au pouvoir et au Clan. Et en fomentant depuis le début toutes sortes de complots et de tentatives de neutralisation ou de récupération de cette organisation tentaculaire à l’époque, en concentrant les intrigues contre ma modestes personne, le pouvoir et le Clan voulait absolument en finir avec ce contre-pouvoir gênant et défiant leur idéologie de suprématie tribale ambiante. Et avec l’aide de nos médiocres et profito-situationnistes, ils ont finalement réussi : de ce point de vue, M. Ali A. Haggar peut-il exulter ? Ce qui m’étonne de la part d’une personne qui a dû son ascension politique en partie grâce à la rampe de lancement de Tchad Non Violence dont il était militant, avant de bénéficier de la « baraka » exceptionnelle du pouvoir et du Clan à qui il appartient naturellement ?

Acte 2 : « C’est une affaire rocambolesque de tribalisme tout court. Il y a une partie de camarades originaires d’une région du pays qui veulent s’approprier tout, monopoliser la direction des ONG de défense des droits de l’homme. C’est leur fonds de commerce. C’est dommage. C’est un monde à part les ONG de défense des droits de l’homme, me dit-il ……..Je promets à Djondang une rencontre avec le Président.… »

Ce n’est pas croyable ! En tant qu’écrivain littéraire, Mr Ali A H aurait dû prendre les précautions d’usage pour crédibiliser son récit et les propos à moi attribués. Dans ces choses-là, il ne faut pas faire le jeu de Me Bourgi pour se débiner après. J’avais été suspendu de ma fonction de président de la LTDH le 20 septembre 1997. Jusqu’à ma nomination au gouvernement de Mr Nassour Ouaiddou le 13 mai 1998, je n’ai jamais rencontré le président IDI ni demandé à Mr Ali de négocier une audience. Les évènements me concernant durant cette longue période sont bien développés, avec des éléments irréfutables à l’appui, dans mon livre intitulé “Les Droits de l’Homme : un pari difficile pour la Renaissance du Tchad et de l’Afrique, Edition l’Harmattan, Collection Etudes africaines, mai 2006“. Ce n’est pas la peine d’en rajouter comme dans l’affaire de la controverse entre Mr Yorongar et les vrais auteurs du coup d’Etat d’avril 1975! Après la date du 20 septembre 1997, les actes publics de Djondang Enoch n’engagent que sa personne et en aucune manière la LTDH, sauf dans l’esprit de ceux qui continuaient à avoir peur de l’ours après l’avoir tué ! En plus que, malgré ma nomination au gouvernement le 13 mai 1998, j’avais réussi à arracher mon organisation des filets du pouvoir et des comploteurs en faisant élire massivement mon candidat déclaré Assingar Dobian au Congrès de Koundoul en juin 1998, que devrai-je aller plaindre auprès de Mr Déby et pour obtenir quoi ? Je ne mange pas de ce pain là et je suis encore en vie !

Acte 3 : Djondang est assis en face du président. L’ancien Président de la LTDH propose un certain nombre de démarches afin d’améliorer l’image du gouvernement.

Quel amalgame ! L’article 31 de la Constitution actuelle dispose que : « L’accès aux emplois publics est garanti à tout tchadien sans discrimination aucune, sous réserve des conditions propres à chaque emploi ». A ce titre, le Secrétaire général à la Présidence est l’interface entre le Président et ses ministres dans le traitement quotidien des affaires de l’Etat. Il est aussi l’un des coordonnateurs des services civils et sécuritaires de la Présidence. Ainsi, il est au courant de tout, y compris les renseignements et leurs usages sur les élites du pays : très intéressant un jour pour faire la vérité sur les patates chaudes de cette époque, n’est-ce pas ? Un ministre au Tchad, en plus de gérer son département, sert d’interface dans le suivi des affaires concernant sa région d’origine. Donc, la scène rapportée par Mr Ali A. H n’a rien à voir avec la LTDH qu’avait dirigé Djondang Enoch, ni Tchad non violence qui avait permis à notre ami Ali d’entrer dans le cercle restreint du pouvoir à la faveur de la CNS. C’était trois personnalités publiques dans l’exercice normal de leurs fonctions, en concertation dans le cadre de la préparation d’une tournée du Chef de l’Etat à Léré fin 1998 et au début du processus de la décentralisation lancée par le gouvernement. A cause de la force de l’opposition à Léré, il y avait beaucoup de préjugés défavorables du pouvoir envers cette région du Tchad, et l’enjeu  était de tenter de juguler cette crise en s’attaquant à des problèmes locaux brulants, dont certains remontant à la période coloniale. Demander à un chef d’Etat de se surpasser pour résoudre objectivement les problèmes d’une population qui vote à gauche, et obtenir ainsi un rapprochement voir un meilleur climat politique, n’est pas un acte d’allégeance en république ! Sauf quand certains confondent le pouvoir avec la monarchie pour user de ce terme fort d’allégeance ! Si le député et opposant radical Yorongar obtenait une audience dans les mêmes conditions, je ne me permettrais jamais d’aller écrire pour dire qu’il a fait allégeance, car il joue simplement son rôle ! Mélanger des évènements distincts et distants dans le seul but de vassaliser les autres Tchadiens, j’espère que ce n’est là le motif de ce savant montage cité ?

Acte 4 : « Le Président se renseigne sur l’influence d’Enoch Djondang au sein de la FIDH, sur ses relations avec André Barthélémy (ancien président de la FIDH)…. »

Finalement, on ne sait pas ce que fait cette phrase ici : était-ce avant la nomination au gouvernement de Djondang Enoch (ce qui serait une démarche normale) ou après cette fameuse audience entre ministres en fonction (ce qui traduirait une méfiance et une peur incorrigible du milieu envers les personnalités difficilement corruptibles ou manipulables même dans les hautes fonctions de l’Etat) ? Et au passage, Mr André Barthélémy n’a jamais été membre ni président de la FIDH, erreur qui en dit long de la part de ceux qui sont censés tout connaître sur nous !

Acte 5 : Enoch Djondang profite de l’audience pour poser un problème local…»

C’est là que notre ami ex-SGP, celui qui était appelé « oncle » depuis la sentinelle à l’entrée du Palais Rose jusqu’au garde-du-corps du bureau présidentiel, s’est fait piégé : en effet, en tant que Secrétaire d’Etat aux Finances, j’étais souvent appelé pour régler des dossiers de notre ressort, parfois en présence d’autres ministres. Et j’avais l’habitude, en marge de ces audiences, quand le climat le permettait, d’aborder d’autres affaires générales de ma gouverne. Donc, il n’y a jamais eu de tripartite de ce genre sur la LTDH de tout le temps que j’avais mis au gouvernement. Cela est d’autant plus grave que l’intention cachée serait de me faire passer pour ce petit « sudiste » aigri qui irait vendre ses anciens compagnons de lutte : je prends ce montage imaginaire et grotesque comme une injure et une offense ! Concernant mon terroir de Léré, où Mr Ali A. H sait très bien que je suis grand prince comme lui-même à Iriba, il n’y a rien de secret sur ces problèmes mentionnés et ceux qu’il omet volontairement sur l’ensemble du département de Lac Léré : il suffit de lire mon autre livre qui sert de référence «  Au pays des Mundang  (Traditions orales, économie et sociologie), Editions L’Harmattan (09/2004) ». Si à l’Acte 2, l’intention d’opposition tribale à travers l’origine des protagonistes de la crise de la LTDH apparaît clairement, je ne sais pas quelle opposition pourrait être obtenue ici dans mon terroir naturel ? Je voudrai plutôt interroger mon ami Ali A. H, avec sa position forte au sein du pouvoir et du Clan de m’expliquer si le morcellement administratif du pays Zaghawa et la création au 21e siècle d’un sultanat dont Mr IDI est titulaire procèderait aussi de la politique de décentralisation engagée par le gouvernement ?

J’ai raison d’interpeller chaque fois les personnalités publiques tchadiennes anciennes de faire l’effort d’écrire ou de témoigner sur leur parcours, justement pour éviter d’être victimes outre-tombe des mensonges qui seront propagés sur eux. Je suis étonné que les mêmes procédés de manipulations et d’amalgames utilisés depuis l’assassinat de Me Behidi en février 1992 (dont nous attendons toujours la vérité !), soient encore utilisés quand il est question de moi. Je rappelle que le SGP tient habituellement le procès-verbal de toutes les délibérations du Conseil des Ministres, et qu’il serait intéressant un jour de déclassifier les registres pour rendre public toutes les déclarations de Djondang Enoch, si cela confirmerait une allégeance à la monarchie en place ? Mr Arnaud Dingamnayal a fait œuvre utile en recensant les ministres que le Tchad a connu depuis novembre 1958, la République. C’est seulement sous ce régime-ci, le sixième, qu’on considère qu’un droit constitutionnel de participer à la gestion de son pays est assimilé à une allégeance ? On comprend alors pourquoi c’est du Palais Rose que sont parties la plupart des rébellions !

Pour le reste, cette mise au point n’affectera pas les bons rapports que j’ai toujours eu avec les membres de la famille de Mr Ali A. H et qu’elle était nécessaire pour éviter que certains de nos compatriotes soient désinformés. Il y a encore beaucoup de témoins fiables de mes faits et gestes, tant à la LTDH, au gouvernement qu’ailleurs, y a-t-il un besoin ou une menace Djondang en vue ?