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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Sous le prétexte d’une déclaration de l’Union Africaine (U.A) , consacrée  à l’année pour  la « Paix et  la Sécurité sur le continent », il a été tenu, hier mercredi 03 novembre 2010, un point de presse à Novotel à Ndjaména au Tchad, lequel,  a réuni, entre autres acteurs :  le Comité de Suivi à l’Appel à la Paix et à la Réconciliation (CSAPR) nationale, structure pilotée par Kemnloum Delphine, d’un côté et de l’autre,  Emmanuel Nadingar, Premier ministre d’Idriss Deby.

 

Le choix du thème qui porte sur : « Paix et Sécurité au Tchad : Défis et Perspectives », nous paraît plus que jamais sujet à interprétation dans un contexte  sociopolitique tchadien dangereusement troublé et instable.

 

Nous  déplorons que le Comité de Suivi à l’Appel à la Paix et à la Réconciliation  (CSAPR) Nationale dont la mission principale assignée consiste,  à suivre plutôt  le processus, relever les manquements  et diagnostiquer objectivement l’environnement politique tchadien globalement menacé et incertain, se permette de tenir  une conférence de presse en partenariat avec le pouvoir en place , à côté d’un Premier ministre issu du régime et dont la neutralité pose problème aux yeux des observateurs nationaux et étrangers de la crise sociopolitique et militaire du Tchad.

 

Pour une opinion publique tchadienne avertie,  l’accord du 13 août 2007, est vidé de sa substance et de sa quintessence et que la Coordination des Partis Politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC), principale coalition d’opposition démocratique au pouvoir tchadien, avait à maintes reprises  par voie des déclarations et communiqués de presse, dénoncé le manque du respect dudit accord par la partie gouvernementale.

 

Pour ce point de presse sponsorisé par le régime tchadien, notre premier constat, est simple, le fait que nous ne voyons pas parmi les conférenciers, un membre de la CPDC, cela nous réconforte dans notre soupçon légendaire  pour  une telle démarche menée par le Comité de Suivi à l’Appel à la Paix et à la Réconciliation (CSAPR).

 

Si nous saluons au passage  les propos tenus par  Kemneloum Delphine, pour  rappeler aux autorités tchadiennes que la sécurité seule dans un pays ne suffit pas, sans respect des droits socio-économiques et culturels des populations.

 

Il est en revanche permis de lui faire remarquer avoir omis  d’ajouter que la misère et la pauvreté de plus en plus frappante de la société tchadienne face à  l’extrême enrichissement illicite  des tenants du pouvoir, ne semblent pas être ses préoccupations en tant que militante des droits de l’homme de première heure d' une société civile tchadienne qui  est supposée être le relai des revendications  légitimes des  populations.

 

Par ailleurs, nous  sommes scandalisés  par la contre-vérité d’Emmanuel Nadingar, soutenant que la normalisation des relations entre El-béchir et Deby, a « ramené » la sécurité entre les deux pays qui ont en commun une frontière poreuse où l’insécurité bat son plein. Et, pourtant, en dépit du rétablissement des rapports entre le Tchad et le Soudan, rien n’a pas empêché à ce que les travailleurs humanitaires soient toujours la cible potentielle et réelle des  groupes armés incontrôlés qui sévissent de par et d’autre des Etats.

 

Concernant, la MINURCAT, les déclarations du  Premier ministre tchadien, restent  démenties par  la reprise des affrontements intercommunautaires entre  les Zaghawas  et les  Tamas où on dénombre la mort de deux officiers dans les rangs  de l’armée tchadienne, après le départ des forces multinationales. Le pire est à venir……….

 

Au regard de cette situation  périlleuse dans laquelle, les Tchadiennes et les Tchadiens vivent quotidiennement,  rien ne peut justifier la tenue d’un point de presse du Comité de Suivi  à l’Appel de la Paix et à la Réconciliation  (CSAPR) nationale qui prétend œuvrer pour la recherche de la paix par le truchement d’une démarche indépendante et neutre.

 

La communauté africaine et  internationale  ne doit pas seulement se limiter aux déclarations très mitigées des acteurs de la société civile tchadienne qui nous semblent s’écarter de leurs convictions depuis quelques années.

 

Au Tchad, la société civile ne doit pas cautionner un processus de paix qui reste fragile dans tous les sens. Parce que,  à l’heure où nous mettons sous presse, des centaines et des milliers d’hommes armés appartenant à la rébellion tchadienne, n’ont pas déposé les armes et sont signalés un peu partout en territoire national après avoir refusé d’être désarmés par le Soudan qu’ils ont quitté  avec armes et bagages pour se volatiliser dans la nature.

 

Par ricochet, le régime d’Idriss Deby,  continue d’entretenir les groupes armés  Darfouri en territoire tchadien.  De plus,  les rumeurs persistantes annoncent l’éventualité du retour au Tchad du Dr Khalil Ibrahim, chef de file du MJE. A quelles fins ?

 

Devant une telle évolution du contexte sociopolitique et militaire, aucune analyse ne peut résister face aux réalités sur le terrain militaire complètement incontrôlables aussi bien du côté du  Tchad que du côté du  Soudan.

 

L’heure est plutôt à la prudence qu’à l’euphorie. La paix au Tchad n’est toujours pas acquise !

 

Makaila Nguebla

 

Lire l'article sur le point de presse: http://www.infotchad.com/details.asp?item_id=2275