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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Reporters sans frontières (www.rsf.org)

Alerte

18 octobre 2013

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE


La Seleka démantelée mais les journalistes centrafricains toujours menacés


Reporters sans frontières s’inquiète profondément du climat menaçant que fait régner à l’encontre des journalistes le Comité extraordinaire de défense des acquis démocratiques (CEDAD), un nouveau groupe de police mené par le Général de l’ex-Séléka, Mahamat Nouradine Adam. Au cours du dernier mois, le directeur de publication du quotidien Centrafrique Matin, Julien Bella, le directeur de publication du quotidien Le Citoyen, Maka Gbossokotto, et le directeur de publication du Quotidien de Bangui, Ulrich Landry Ngopkele, ont subit des interrogatoires musclés hors de toute procédure judiciaire, à la suite de publications dénonçant certaines activités du CEDAD.

"Reporters sans frontières condamne ces arrestations arbitraires et les graves menaces dont ont fait l’objet ces journalistes. Sans préjuger du contenu des articles, il est inadmissible que des professionnels des médias fassent l’objet de telles intimidations. Nous appelons le gouvernement centrafricain à mettre en œuvre les engagements pris à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2013, par le président Michel Djotodia qui avait promis que pendant son mandat aucun journaliste ne serait inquiété pour ses propos ou ses opinions", a déclaré Reporters sans frontières.

"Il est important que le Comité extraordinaire de défense des acquis démocratiques soit à la hauteur de son nom, préserve effectivement les acquis démocratiques dont fait partie la liberté de presse, et accomplisse sa mission déclarée de "veiller sur la sécurité, la sérénité et l’intégrité du territoire national", a ajouté l’organisation.

Le général Nouradine, homme fort des premières heures de la Séléka, après avoir contesté les conditions de l’Accord de Libreville et participé à la marche sur Bangui qui a déclenché la chute du Président Bozizé, avait été nommé le 31 mars Ministre d’Etat chargé de la Sécurité publique, de l’Émigration-Immigration et de l’Ordre public. Il contrôlait donc en principe la gendarmerie et la police. Le 23 août, il a été remplacé par décret présidentiel à ce poste par le pasteur Josué Binoa et nommé à la tête du Comité extraordinaire de défense des acquis démocratiques, crée pour l’occasion, et qui maintient une emprise certaine à Bangui.

Selon les informations reçues par Reporters sans frontières, ce groupe serait à l’origine des harcèlements de journalistes de ces derniers jours.

Ce 9 octobre, Ulrich Landry Ngopkele a été convoqué à la base du Général Nouradine où il a subi un premier interrogatoire avant d’être emmené, cagoulé, vers un lieu inconnu et détenu plusieurs heures en cellule. Il a ensuite été interrogé une deuxième fois par le Général Nouradine en personne, qui a exigé de connaître les sources de son article, "Les éléments du général Nouradine tabassés au camp de Roux", paru le 4 octobre dernier et faisant état des difficultés de succession au poste de ministre de la Sécurité. Le journaliste a été forcé de s’excuser avant d’être relâché et continue d’être intimidé au quotidien par des hommes du Comité.

Maka Gbossokotto s’est présenté aux éléments de la police le 4 octobre, suite à une convocation. Il a été mis en garde par des agents du général Nouradine qui lui reprochaient les faits inexacts énoncés dans un article paru dans son quotidien Le Citoyen, et le ton employé, hostile à la Séléka. Au sortir de l’entretien, ces agents l’ont menacé de mort s’il recommençait. Le Citoyen a par la suite publié un démenti.

Julien Bella a été convoqué par le CEDAD le 30 septembre 2013 pour interrogatoire, suite à la diffusion dans l’édition du 25 septembre de Centrafrique Matin, d’un article qui révélait l’existence d’une prison secrète tenue par le CEDAD. Il a été accusé d’avoir révélé un dispositif relevant du secret d’Etat, menacé de mort et qualifié de "déstabilisateur du régime" par les policiers du CEDAD. Au lendemain de son interrogatoire, son journal a publié un article dans lequel Julien Bella s’excusait d’avoir dévoilé l’existence de cette prison et insistait sur le rôle de protecteur de la nation du CEDAD.

Contacté par Reporters sans frontières, le général Nouradine reconnaît avoir convoqué les journalistes mais nie toute intimidation à leur encontre. Il a néanmoins dit que toute future publication "d’allégations mensongères" entraînerait l’emprisonnement des journalistes responsables.

En août 2013 déjà, Reporters sans frontières avait dénoncé l’aggravation du climat d’insécurité pour les journalistes centrafricains.

La République centrafricaine se situe au 65ème rang, sur 179, dans le classement mondial 2013 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.


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CENTRAL AFRICAN REPUBLIC


 

Seleka disbanded but journalists still threatened

 

Reporters Without Borders is very concerned about the threat to journalists from the "Extraordinary Committee for the Defence of Democratic Achievements" (Comité extraordinaire de défense des acquis démocratiques- CEDAD), a new police organization led by Mahamat Nouradine Adam, a general in the former Seleka rebel coalition that ousted the previous government.

The editors of three Bangui-based dailies – Julien Bella of Centrafrique Matin, Maka Gbossokotto of Le Citoyen and Ulrich Landry Ngopkele of Quotidien de Bangui – have all been subjected to heavy-handed interrogation in the past month after publishing stories criticizing the CEDAD’s activities. None of these interrogations was sanctioned by judicial procedure.

“We condemn these arbitrary arrests and serious threats targeting journalists,” Reporters Without Borders said. “Without taking a position on the content of these newspapers articles, we think it is entirely unacceptable that media personnel are subjected to such intimidation.

“We appeal to the Central African Republic’s government to implement the undertaking that President Michel Djotodia gave on 3 May, World Press Freedom Day, when he promised that no journalists would be arrested for what they report or the views they express while he is president.

“It is important that the Extraordinary Committee for the Defence of Democratic Achievements (CEDAD) should live up to its name and really defend democratic values, which include media freedom, and that it should fulfil its stated mission of ‘ensuring security, calm and territorial integrity’.”

Gen. Nouradine was the Seleka strongman in the initial phase of the rebellion. After disputing the Libreville Accord and participating in the march on Bangui that led to President Bozizé’s fall, he was appointed minister in charge of public security, emigration and immigration, and public order on 31 March.

In theory, this gave him control of the police and gendarmerie. But on 23 August, a presidential decree reassigned the post to Pastor Josué Binoa and Gen. Nouradine was instead put in charge of the specially created CEDAD, which has established a degree of authority in Bangui.

According to the information received by Reporters Without Borders, it is the CEDAD that has been harassing journalists in recent weeks.

Ngopkele was summoned to Gen. Nouradine’s base on 9 October and was subjected to an initial interrogation there before being taken, with a hood over his head, to an unknown location and held for several hours in a cell. He was then interrogated a second time by Gen. Nouradine himself, who wanted to know the source of a 4 October article headlined “Followers of Gen. Nouradine beaten at Roux Camp,” referring to difficulties in the succession to the position of security minister. Forced to apologise before being released, Ngopkele continues to be harassed and threatened by CEDAD members.

When Gbossokotto responded to a police summons on 4 October, he was taken into custody by Gen. Nouradine’s officers, who told him he got his facts wrong in an article in Le Citoyen and accused him of using a hostile tone towards Seleka. Le Citoyen subsequently published a retraction.

Bella was summoned by the CEDAD on 30 September for questioning about an article in Centrafrique Matin’s 25 September issue revealing the existence of a secret CEDAD prison. The CEDAD police officers accused him of divulging classified information and trying to “destabilize” the government, and threatened to kill him. The next day, Centrafrique Matin published an article in which Bella apologized for revealing the prison’s existence and said the CEDAD was protecting the nation.

Reached by Reporters Without Borders, Gen. Nouradine acknowledged that he had summoned journalists but denied intimidating them. He nonetheless said that any future newspaper articles containing “mendacious allegations” would result in the jailing of the journalists responsible.

Reporters Without Borders already condemned an increase in threats and violence against journalists in August.

The Central African Republic was ranked 65th out of 179 countries in the 2013 Reporters Without Borders press freedom index.

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REPORTERS SANS FRONTIÈRES |REPORTERS WITHOUT BORDERS  

Cléa Kahn-Sriber

Responsable du Bureau Afrique / Head of Africa Desk

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