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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Tobie4-1-.jpg

Point de vue de DINGAMTOLOUM Tobrome,

ancien président de l’association des étudiants

en médecine, par rapport à l’appel à la sécession du Tchad,

 lancé par Mr Anathole LAOUKOUNDA.

 

C’est avec une attention particulière que  j’ai lu l’article de mon compatriote LAOUKOUNDA. Je me demande si la division du Soudan résoudra pour toujours les querelles entre ces « ex-compatriotes » ? Quel sera alors l’avenir de ce nouvel Etat comme celui duquel il vient de se détacher ? Je souhaite de tout mon cœur que cette jeune république se démarque des autres Etats Africains qui subissent une forte influence impérialiste.

 Il faut le craindre puisqu’on constate déjà qu’il ya un début de discorde entre les unionistes de John Garangue, prédécesseur de l’actuel président sud-soudanais, d’une part et les séparatistes d’autre part, de même qu’une autre opposition tout à fait tribale et régionale qui lutte les armes à la main contre le tout nouvel Etat. Cette population sudiste soudanaise réclame une part de gâteau beaucoup plus consistant. Elle taxe Salvakir, le président sud-soudanais, et les membres de son ethnie d’avoir les mains basses sur les ressources de l’Etat.

 

Et donc, pour revenir au sujet, les motivations de cette sécession s’observent-elles réellement dans ma chère patrie le Tchad ? Devrons-nous, tchadiens, imiter aveuglement, comme des automates, tout ce qui se fait ailleurs ?

N’avons-nous pas, nous-mêmes, des projets de société plus civilisé afin que nous nous démarquions de cette image stéréotypée d’individus qui ne savent rien proposer à l’humanité que faire la guerre ?

Je crois que nous devons éviter certaines polémiques et regarder vers la bonne direction. Notre misère relève-t-elle réellement de l’influence négative qu’exercent certains de nos frères du nord sur nous, sudistes ?  Avions-nous usé de toutes les voies légales avant de statuer que seule la séparation serait la meilleure solution ?

Dans un passé encore récent, lorsque les bœufs des missériés ravageaient les champs de « kouna, et de massar » de mon grand père  et qu’il était impossible d’obtenir réparation, lorsque des chefs de brigades  nordistes ignorants semaient la terreur dans nos villages, sous le regard complice des agents de l’administration d’IDI sans que ce dernier fasse quelque chose pour faire respecter le droit, et tant d’autres évènements malheureux, je croyais à cette éventualité.

Aujourd’hui, avec du recul, c’est une autre lecture que je fais de la situation. Je me pose tout simplement les questions comme pourquoi les Timan, les Nouri, les Togoimi et autres prennent les armes  disant non au régime en place ? Vous me direz que c’est pour des intérêts inavoués ou que s’étaient eux qui, lorsqu’étant encore en bon terme  avec IDI, exacerbaient cette misère ! Alors que dirons-nous de la persécution que subit le peuple Tama, les Ouddayens (Gniguilim et Cokoyon), les arabes et tant d’autres compatriotes du centre et du Nord, ce qui les fait fuir vers le Niger ou le Soudan? Que dirons nous de la disparition de IBNI OUMAR MAHAMAT SALEH ? qu’aurait déclaré cette grande figure de l’histoire du Tchad aux cadres sudistes présents au moment de son exécution ?

Nous sudistes, nous-mêmes, ne sommes-nous pas, quelque part, responsables de certaines choses, je voudrais dire une responsabilité négative ? N’est-ce pas nos frères Nagoum Yamassoum, Mangaral Banté, Djimarangar Dadnaji, Oudeingar David, Pascal Yoadimnadji, Yokabdjim Mandigui et autres qui aident Deby à s’éterniser au pouvoir ? N’est-ce pas les vraies têtes pensantes du régime sont nos « parents sudistes », cher Laoukounda ? Voulez-vous vraiment me dire qu’aucun sudiste n’est responsable de la longévité du régime de Deby, qu’il n’y a aucun complice sudiste dans le sérail des ITNO ? Et dans quel intérêt le font-ils ?

Ou bien comme se le demandait un autre frère sudiste quelque part que les crimes politiques et économiques des sudistes ne sont pas dommageables pour la république et donc pas blâmables ? 

En vérité, il y a bien ceux qui se disent cadres du sud qui nous vendent, vendent leurs propres frères, vendent la nation tout entière. Prenez simplement part à une audience publique à la cour suprême et vous verrez comment nos « propres parents », tel que   SOUROUMBAYE, s’acharnent sur le pauvre citoyen sudiste qui réclame son droit. Et à la fin ils vous diront : « au Tchad des doums-là tu ne peux rien gagner ».

Quand nous prenons les cadres de l’enseignement supérieur, n’est-ce pas les enseignants sudistes qui nous font voir de toutes les couleurs et nous cassent les tympans plus tard  avec des propos tels que « ah, c’est parce que vous êtes des enfants des pauvres qu’on ne s’occupe pas de vous, tous leurs enfants étudient à l’extérieur dans des grandes écoles »? A la Faculté de médecine, en dehors de Djada qui est hadjarai, n’est-ce pas les Djaibé,  Ngariera, Tetimian, Silé, Djonnadji, Dezoumbé, Bolsané qui inventent toutes sortes d’alibis et des règlements oppressifs pour  nous compliquer la vie ? Détruisant ainsi l’avenir des jeunes.

Une fois que le cadre sudiste s’affilie à une quelconque organisation occulte il oublie que le Tchad est une nation laïque. Il oublie que dans toutes les nations il y a ces choses mais les gens outrepassent leurs intérêts personnels pour œuvrer pour la grandeur de leur patrie.

Oui, des compatriotes originaire du nord ont fait beaucoup du tord pour la république. Oui, ils ont fait autant sinon pire que ce qu’ils reprochent aux sudistes lorsque ceux-ci étaient aux commandes de l’Etat, mais de là faire la propagande de la division justement parce que quelque part on est lésé, n’est pas une solution idoine, je dirais même que c’est démission puisque c’est la solution de la facilité ; celle qui consiste à ne fournir aucun effort. Encore faudrait-il que ce plan de mon cher compatriote Laoukounda se passe sans effusion de sang tchadien de part et d’autre.

Oui, nos cœurs à nous sudistes sont noirs, plus noirs que du charbon de nos jours. Il est temps que nous changeons nos mentalités. Il est tant que  nous laissons l’amour envers nos prochains inondé nos cœurs. Réfléchissons à comment ramener l’ordre constitutionnel dans notre nation. Réfléchissons à comment doter notre nation des institutions fortes. Oui, nous devons réfléchir et réfléchir encore à comment faire pour que le pauvre éleveur caché dans les grottes du BET ou le pauvre cultivateur égaré sous les arbres de Mbaibokoum puissent avoir le courage de se plaindre lorsqu’il est victime d’un abus de pouvoir ou puisse jouir de tous ses droits. Nous devons réfléchir à comment faire pour arriver à l’autosuffisance alimentaire et à une bonne exploitation de nos ressources naturelles. Oui, nous devons cogiter comment briser le joug de l’impérialisme qui nous déforme.

En un mot, nous devons apprendre à mener la vraie lutte, la lutte pour le meilleur et non pour le pire.

Affaire à suivre……