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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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L’histoire de la lutte armée tchadienne retiendra qu’à une certaine époque,  près de dix milles hommes armés regroupés en diverses tendances naturellement claniques ont été facilement démobilisés, sans aucun gêne eu égard à l’impressionnant arsenal de guerre dont elles disposaient, et, dans un délai assez  court,  par leur ancien principal pourvoyeur en armes, munitions, moyens matériels et  financiers. Redevenu fidèle ami de leur ennemi, il (le pourvoyeur) a  ainsi respecté à la lettre les engagements qu’il a souscrits avec ce  dernier.

 

La flamme de la résistance allumée au début des années 2000 contre la dictature de N’djamena  s’est donc éteinte d’un seul coup. Et  l’on se demande si elle n’aura pas  laissé quelques braises couvertes des cendres qui pourraient  d’un moment à l’autre resurgir après le passage éventuel d’une bise ?  De toute évidence, la résistance, telle qu’elle se présente aujourd’hui, mène  une vie au ralentie pour ne pas dire qu’elle est en hibernation.

 

Par la faute de ses animateurs, elle a porté un coup dur à l’espoir d’un peuple agenouillé  par l’asservissement d’un système despotique qui n’a point d’égal sur cette terre des hommes. Et c’est à cause aussi de l’insatiable boulimie de ses dirigeants  trop dépendants des miettes octroyées  par le fameux bailleur de fonds  soudanais qu’elle était déviée de son objectif, perdant donc, non seulement l’esprit de la lutte   mais aussi le sentiment national. Rien donc d’étonnant de son état actuel, cette résistance  a, comme l’a souligné au cours d’une sortie médiatique le Général Mahamat Nouri, enregistré des « ratés » et non des « échecs ».Mais des ratés qui se justifient  par l’absence d’une vision politique clairement définie et d’un leadership affirmé car on  n’aurait du pas vouloir conquérir le pouvoir sans qu’on n’ait pas eu les mains libres pour conduire son mouvement avec une certaine autonomie vis-à-vis du partenaire financier. Or, dans le cas de l’opposition armée tchadienne, l’implication active du bailleur de fonds, qui tire les ficelles de différents groupes armés en les émiettant les uns des autres, a rendu impossible toute action nationale. « La main qui donne est au dessus de celle qui reçoit », dit un adage. Cette stratégie des barbouzes soudanais en charge du dossier de la rébellion, ayant transformé  les leaders de l’opposition armée en des véritables marionnettes  pensant et agissant selon les ordres donnés depuis les bords du Nil, ne vise pas en réalité à renverser le régime de N’djamena  mais bien au contraire à le consolider et  à le pérenniser.

 

 Dr Ghazi Salahadine Attibani, le conseiller du Président Omar El Béchir l’a si bien expliqué en Octobre 2009 lors de son séjour à N’djamena : « en appuyant la rébellion tchadienne, notre objectif  n’est pas de renverser le pouvoir d’Idriss Deby avec qui nous sommes liés politiquement et idéologiquement mais plutôt  de lui faire pression pour qu’il cesse  de soutenir le MJE du Dr Khalil Ibrahim ».Idéologiquement,  le MPS  pur  produit  du trio décideurs  du destin  du Tchad à savoir la France, la Libye et  le Soudan, s’inspire depuis sa  création  de la pensée de Hassan El- Tourabi. Politiquement, il  a  copié   son projet de société sur le modèle  du Congrès National Soudanais. Ce lien qui unit les tenants du pouvoir à Khartoum et  à N’djamena était bien connu par les leaders de la rébellion tchadienne  avant  qu’ils  n’eussent mis  les pieds au Darfour. Mais ils l’ont volontairement ignoré  voire même banalisé pour le seul but de trop miser  sur des opportunités que leur offre l’éphémère désaccord entre les deux régimes voisins. Désaccord voulu et sciemment entretenu depuis la première attaque d’El Fâcher, capitale du Nord Darfour par les insurgés de cette région soudanaise en 2003. Dès lors, le régime de N’djamena et son voisin soudanais  conscients de la nature impopulaire et répressive  de leurs pouvoirs  respectifs ont  voulu par une guerre larvée, se donner une image de garants de simulacre de stabilité  et de vraie fausse paix  au Tchad et au Soudan. C’est pourquoi, de commun accord, ils ont  soutenu et entretenu des rébellions interposées. Cette « opération de charme » faite sur le sang des milliers des victimes et sur le drame des populations du Darfour et de l’Est tchadien  a porté aujourd’hui ses fruits. Les deux régimes se sont fortement consolidés  au détriment des souffrances endeuillées de leurs peuples résignés et  tendent par conséquent à« se monarchiser »  davantage. Si le Soudan a encore des soucis devant lui avec l’inévitable indépendance de son sud et la pénétration en profondeur très mouvementée des forces rebelles du MJE dans la zone  méridionale et la région du  Kordofan, le Tchad d’Idriss Deby Itno sort victorieux de ce jeu grâce au soutien des services de la DGSE et de la diplomatie française ainsi que d’autres réseaux et loges dont le dictateur tchadien en est adepte et membre. Idriss  Deby Itno, pour qui  l’existence d’une rébellion est un élément essentiel pour la conservation de son pouvoir,  a refusé catégoriquement  de s’assoir avec ses concitoyens  qui contestent arme à la main sa mégalomanie et sa manière  de conduire dans la violence, la mafia, la perversité, le clanisme, l’exclusion et dans l’arbitraire les affaires de l’Etat. Cet état de fait prédispose un sombre avenir pour le pays car le naufrage du bateau national en cours  sera à l’image du déluge du peuple de Noé. Faisant fi des revendications légitimes de son peuple, il enclenche avec son mentor soudanais un processus de liquidation de la lutte armée de l’Est, lutte pour laquelle les dignes fils du peuple opprimé ont largement contribué et dont la nation toute entière attend avec impatience ses fruits. C’est ainsi que l’accord du 15 janvier 2010, fruit de la normalisation  des relations entre N’djamena et Khartoum fut  appliqué et surtout  respecté religieusement par la partie soudanaise. L’opposition armée n’étant pas bien préparée pour affronter la nouvelle donne s’était retrouvée entre le marteau et l’enclume : soit rallier sans condition au pouvoir d’Idriss Deby avec les conséquences que cela peut comporter ou soit déposer les armes dans les magasins soudanais bien que certains matériels de guerres et moyens roulants ont été arrachés sur l’ennemie au prix d’innombrables sacrifices humains. Le choix étant donc difficile car les différents leaders qui ont géré leurs tendances dans l’opacité, le désordre et le clanisme primaire s’étaient déjà éloignés de leurs bases et leurs chefs de guerres présents sur  le terrain avaient besoin des  verres correcteurs pour bien regarder la réalité en face  et agir en fonction d’un sursaut national – chose – qu’ils n’étaient pas civiquement préparés d’avance. Dans ce tohu bohu, les services des renseignements soudanais avaient concocté et planifié des ralliements à coup des sommes d’argents. Ce fut donc une aubaine pour les indécis, les complices et les traitres de la cause du peuple tchadien d’en tirer profit tout en prétendant espérer à des lendemains meilleurs lorsqu’ils seront auprès de leur maitre. Mal en connaitre ce dernier qui a astreint certains à s’acclimater à l’environnement carcéral, d’autres exposés sous un soleil brûlant de Moussoro comme des esclaves à vendre pendant la traite négrière. Et tout cela s’est passé sur un ton autoritariste avec une arrogance et une insolence qui traduisent la nature profonde du monstre froid croyant toujours qu’il est invincible et éternel. Or ce qu’il faut savoir ce que rien n’est encore joué et ce n’est qu’une partie remise. Aujourd’hui,  les autorités soudanaises s’enorgueillissent d’avoir dégraissé l’opposition armée tchadienne, d’avoir donc honoré leurs engagements vis-à-vis d’Idriss Deby. Le Directeur Général des services des renseignements soudanais Mohamed Atta Almollah s’est même félicité au cours d’un point de presse  d’avoir envoyé près de quatre milles rebelles tchadiens vers leur pays. Et qu’en pense t-il de ceux qui croupissent dans des cachots secrets soudanais et dont le tort est de n’avoir accepté ni de déposer les armes contre un prix du mercenariat ni de rallier au régime fantoche de N’djamena ? Quel serait le sort de ces milliers autres  dépossédés de leurs moyens de guerres contre des récompenses symboliques et qui sont d’ailleurs déboussolés errant dans les différentes villes soudanaises comme des pèlerins ayant raté le Hadj ? Faut-il finalement se réjouir de voir le peuple tchadien dans son état actuel de spolié, marginalisé et asservi par un pouvoir dictatorial sadique et cynique ?  IL est vrai que la tempête  a fortement  secoué le cocotier  de la résistance au point où étaient complètement élagués ses branches et feuillages. Mais fort heureusement, la résistance continue de tenir avec des racines solides. Rien ne peut ébranler la ferme conviction et la détermination à consentir des sacrifices pour le bonheur de la république.

 

 Alors, il est temps que les résistants d’où qu’ils se trouvent, doivent  se lever, se mobiliser et se remettre en cause  pour rectifier le tir afin d’agir ensemble  dans l’intérêt bien compris du peuple meurtri du Tchad confiné dans la misère noire en dépit de ses immenses richesses. C’est inacceptable de  céder devant les conjonctures actuelles car la cause qui a poussé chacun à se rebeller contre la tyrannie des Itno et leur système de liquidation de la république  impose à ce qu’on tire les leçons de tous ces ratés pour un bon décollage. Le devoir de s’opposer au pouvoir arbitraire, injuste et criminel en cours aux bords du Chari  est et reste sacré. Sinon, la poubelle de l’histoire serait  la destination de tout un chacun.

 

AHMAT YACOUB ADAM

Combattant de la Résistance