Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

 

PAPA MOCTARPapa Moctar SELANE,

Journaliste sénégalais, ancien présentateur Télé-Canal Info 

 

Tout un continent qui se réunit autour d'un président d'une ancienne puissance coloniale. C'est ce qu'on appelait autrefois la France-Afrique. La Françafrique. La Françafrique est, selon François-Xavier Verschave, cette « nébuleuse d'acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisé sur l'accaparement de deux rentes : les matières premières et l'aide publique au développement. La logique de cette ponction est d'interdire l'initiative hors du cercle des initiés Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie. » C'est cette Afrique (avec la France) des réseaux parallèles, des pratiques criminelles, de mauvaise gouvernance et d'absence de démocratie que la France veut effacer.

La presse française a bien joué sa partition dans cette redéfinition ou encore reconsidération des relations franco-africaines lors de la 25ème édition du fameux sommet France-Afrique. Non Afrique-France. La presse française met en avant l'Afrique et puis la France et elle parle de sommet Afrique-France. La leçon de l'Elysée et du Quai d'Orsay a été bien sue. Le fait de parler Afrique-France ou France-Afrique, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. C'est du pareil au même. Ce n'est pas l'appellation qui est importante mais les actes posés. La politique française en Afrique est le fond du problème. C'est ce qu'il faut changer dans sa totale profondeur parce qu'elle a fait trop de morts, trop de réfugiés et trop de disparus dans le continent africain. Ce n'est pas non plus en réunissant des présidents-dictateurs, des rois polygames, des monarques mourants et des militaires assoiffés de pouvoirs sous l'éclatant soleil de la Côte d'Azur et sur la Promenade des Anglais qu'on va changer le quotidien de l'Afrique. Cette comédie franco-africaine, avec comme acteur principal un président bling-bling et des présidents africains servant de mimes prétentieux, ne fait plus rire. L'heure n'est plus à une théâtralisation des relations dégradantes franco-africaines. Ces présidents d'Afrique ne respectent pas leur peuple respectif. Ils étaient 33 à répondre à la convocation de Sarkozy alors qu'ici en Afrique ils n'étaient que 25 à faire le déplacement au dernier sommet de l'Union africaine ! Qu'ils ne nous parlent plus des Etats-Unis d'Afrique. C'est un luxe que les actuels chefs d'Etat africains ne pourraient jamais atteindre. L'Afrique ne changera jamais aux yeux du monde avec ses actuels dirigeants.

 

L'Afrique pour qu'elle change et éradique la pauvreté, la famine, le paludisme, le choléra, le sida, les guerres et la mal gouvernance doit compter d'abord sur elle-même. Un président d'une ancienne puissance coloniale, incapable de surmonter les moindres difficultés au plan local, n'a pas une recette magique à filer pour changer le cours de vie des centaines de millions d'Africaines et d'Africains. Les aides, les dons, les prêts sans fin, les multiples annulations de dettes effectués depuis plusieurs décennies n'ont pas permis à l'Afrique de réaliser un décollage économique à la hauteur des attentes des populations meurtries du continent. Afrique-France, France-Afrique, Françafrique, Chinafrique, Indafrique. Basta ! Ces sommets n'ont pas des solutions miracle. Ils étalent au grand jour une Afrique mendiant. Ce mendiant qui n'a pas encore pris conscience de son banc diamanté et de son bol doré. L'aide au développement n'a jamais développé un pays du monde. L'ancien ministre ivoirien du Développement rural, Gilles Labhouet Vally, a raison quand il disait, dans les années 80, que « le temps est venu d'aider l'Afrique à construire son avenir... L'Afrique a besoin d'une aide à se passer de l'aide ».

 

Papa Moctar SELANE