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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

deb

La fête de la perversité et du désespoir

 

Dans quelques jours les tchadiens seront contraints à célébrer la fête dite de liberté et de démocratie. Il s’agit en fait de la commémoration de l’avènement du mouvement Patriotique du salut (MPS) au pouvoir. Tous les tchadiens se souviennent encore de cette fameuse  nuit d’un 4 novembre 1990 où Deby dans une voix chancelante, trébuchante et pleine d’incertitudes a annoncé sa célèbre boutade << je ne vous apporte ni or, ni argent mais je vous apporte la liberté>>.

Vingt trois (23) ans se sont écoulés depuis lors, où se trouve le peuple tchadien par rapport à cette boutade ? A dire vrai, il est au creux de la vague. D’ailleurs il n y a jamais eu une tentative qui a viser son sauvetage. Au contraire tout ce que Deby a pu faire, c’est d’enfoncer davantage ce peuple martyr. Pire tous les ingrédients de la perversion ont été mis en branle.

Prenons un simple exemple. La prochaine célébration de la fête de Deby, aura lieu dans la région de Wadi Fira. Il s’agit d’une illustration du découpage administratif fantaisiste dont Deby seul  est le fin connaisseur du secret. Wadi Fira correspond en fait à la Préfecture de Biltine qui faisait partie intégrante de la Région du grand Ouaddaï géographique. Un découpage administratif devrait en principe reposer sur des critères objectifs visant surtout à renforcer  la cohésion et l’unité du pays, au lieu de répondre plutôt à des critères fantaisistes et partisans destinés surtout à servir de base  à des magouilles électorales ou à des considérations clientélistes. Le tout vise un objectif inavoué ; c’est le renforcement de la base du parti au pouvoir (MPS). S’il faut ajouter à cette dimension du découpage administratif de la perversion, l’anéantissement de tous les leviers du pouvoir pour se retrouver concentrer entre les mains d’une seule personne ; à savoir le pouvoir judiciaire qui agit désormais que sous instruction directe de Deby, le pouvoir législatif ne peut prendre la moindre initiative qu’en se référant à Deby et le premier des Ministres Chef de Gouvernement n’est autre que l’archiviste attitré de Deby ; la boucle serait  alors presque bouclée. N’oubliez pas que le tout est couronné par le vol en éclat de l’unicité de la caisse de l’Etat. En effet, sous Deby tenez-vous bien le Trésor public a cessé de constituer le symbole de l’unicité de la caisse de l’Etat. Toutes les régies financières de l’Etat ont été placées sous l’autorité directe des proches de Deby qui, ont ouvert des comptes bancaires gérés par leur soin et à leur propre guise. Elles sont destinées par ailleurs , à rivaliser et non compléter le trésor public.

Comme vous le voyez le contour d’une dynastie sont tracés au Tchad. Deby ne rêve que de ça. C’est la seule garantie selon lui, qui pourrait le prémunir d’être trainé en justice une fois l’immunité que lui confère le pouvoir cesserait d’exister.

Par ailleurs, toutes les valeurs sur lesquelles repose le tissu social ont été mises à mal. Les communautés ont été dressées les unes contre les autres. Plus grave le clan au pouvoir (entendez Deby-Itno) se trouve placé au dessus de la loi. Rien ne peut l’inquiéter. Il se moque éperdument des us et coutumes des autres communautés et, la loi n’a de sens pour lui que quand elle garantit sa protection. Les conventions de vivre pacifiquement et intelligemment liant les communautés tchadiennes  sont foulées au pied quand un des siens est victime. En revanche il les exhibe chaque fois quand le clan commet un forfait au détriment d’une autre communauté.

Vous convenez avec nous que l’espoir suscité au lendemain du 1° décembre 1990 à l’arrivée du MPS au pouvoir a cessé d’exister depuis fort longtemps. A sa place c’est le désespoir qui s’est installé.

. Faut-il pour autant céder au fatalisme puis baisser les bras et attendre que le ciel nous envoie un messie pour nous arracher de notre calvaire ?

Le Front pour le Salut de la République (FSR) dit non à une telle attitude. Il est vrai que ce front se trouve aujourd’hui dans le collimateur du régime en place qui, par ses gestes et faits confirme qu’il est agacé par ce mouvement qui devient pour lui la cible numéro un à abattre. Nous voulons pour preuve les démêlées suivantes : (Tunis en avril  2012, tentative maladroite et malheureuse qui  avait visé la direction politique du mouvement et la manœuvre en cours à Khartoum qui, transforme contre toute attente le Soudan en une province tchadienne en transgressant toutes les normes internationales. En effet, la police politique tchadienne (ANS) a été autorisée à venir au Soudan procédé à des interrogatoires contre des opposants tchadiens incarcérés par les services de sécurité soudanais depuis bientôt un an sans le moindre jugement. Au final ces prisonniers ont été livrés aux agents de la sécurité tchadiens à l’issue de l’interrogatoire réalisé. Et ce, sans se soucier du sort qui leur soit réservé. Il s’agit vous vous en doutez des responsables militaires issus des rangs du FSR), malgré tout cela, nous avons le devoir de vous informer que le Front est debout et il est plus que jamais engagé à tout faire pour abattre le régime du mal.

A cet effet, li lance un appel solennel à toutes les forces vives de la nation et à toutes les couches sociales composant notre peuple à une mobilisation générale pour dire non et non ; assez de soumission. Les soulèvements populaires ne sont pas une nouveauté pour le peuple tchadien. Ton histoire est fournie d’exemples. Rappelles-toi  Bébalem en 1954, Fort-Lamy (Ndjamena) en 1963, Am-timan en 1963, Mangualmé en 1965, Gninguilim, Abéché et Ndjamena ; toutes ces localités ont connu des soulèvements populaires dans les années quatre vingt dix. Tous ces soulèvements ont été réprimés dans le sang par la garde prétorienne de Deby.

La meilleure arme dont tu disposes est ton hymne national. Rappelles-toi de cet hymne, mémorises ses refrains et tentes sans discontinuité à l’appliquer quel que soit les obstacles que tu puisses braver sur ta marche qui doit te conduire à recouvrer ce dont tu as le plus besoin, à savoir ta dignité et ta liberté. Rappelles-toi surtout que dans ce processus qui doit impérativement te conduire à cet objectif de relever la tête, tu n’es plus seul. Le FSR et tous les tchadiens amoureux de la paix et de la liberté et surtout qui sont jaloux de leur dignité ainsi que tous leurs amis sont avec toi.

 Debout et à l’ouvrage, la victoire est au bout de ton courage.

Vive le Tchad uni, fort, prospère et affranchi de toute entrave.

Fait à Djimézé Hamra le 15 novembre 2012.

Pour le Bureau Exécutif du Front pour le Salut de la République (FSR)

Docteur Ali Gaddaye.