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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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N'DJAMENA (Xinhua) - La Compagnie Sucrière du Tchad (CST) a mis 380 de ses agents en chômage technique pour attirer l'attention de l'Etat sur la concurrence déloyale dont elle est victime de la part des individus et qui risque de l'amener à fermer boutique, a déclaré jeudi son président- directeur général, Ibrahim Badji Mollimi.

"Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous avons mis ces employés à la rue. C'est pour envoyer un message fort à l'Etat sur la concurrence déloyale que nous impose des individus et qui nous empêche de vendre nos produits", a précisé M. Mollimi.

Créée en 1964, la compagnie sucrière du Tchad a été privatisée en avril 2000. Elle est aujourd'hui détenue à 82,2% par SOMDIAA, le géant français de l'agroalimentaire; 8,9% par l'Etat tchadien et 8,9 % par la Société sucrière du Cameroun. Avec plus de 3.500 travailleurs, la CST est le deuxième employeur au Tchad, derrière l'Etat.

La CST produit en moyenne 35.000 tonnes de sucre par an. Les besoins en consommation du Tchad en sucre oscillent entre 150.000 et 200.000 tonnes par an. Or, la CST n'en produit que 35.000 tonnes par an. Aussi pour combler cet écart, le ministère tchadien des Finances a libéralisé, depuis 2008, l'importation et la commercialisation du sucre.

 

"Le problème qui se pose, c'est ni la libéralisation ni l'importation du sucre. Nous sommes fortement concurrencés par des individus qui vont importer du sucre dans tous les coins du sucre et passer entre les mailles des services des douanes, alors que nous payons plus de 13 milliards de francs CFA à l'Etat sous formes d'impôts et de taxes", a déploré M. Mollimi.

Le sucre provenant du Soudan et qui était cantonné aux régions tchadiennes frontalières, est aujourd'hui vendu à un prix défiant toute concurrence plus au sud, notamment à Sarh, le fief de production de la CST. "Depuis trois ans, la direction générale de la CST n'a cessé d'écrire aux autorités nationales pour attirer leur attention sur cette concurrence déloyale", a-t-il ajouté. "D'ici janvier, si le gouvernement ne prend pas une décision ferme allant dans le sens de nos doléances, la CST qui couvre 70% du marché ne sera plus en mesure d'importer du sucre. Et elle sera obligée de procéder à un licenciement pour motif économique", prévient son président-directeur général.

Le licenciement frappera également les 3.200 employés sur le complexe agricole de Banda, à Sarh, conclut-il.