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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Par Vourboubé Pierre

  

Bonjour, Mak !

 

Ouf ! Gali Ngothé Gatta retrouve enfin sa liberté ! Il sera à N’Djaména, semble-t-il, aujourd’hui mercredi 25 avril 2012, autour de 15 heures. Quelle joie ! Du coup, et ce qui rehaussera le niveau des débats, il reprendra, très bientôt, sa place à l’hémicycle.

 

Dans quelques jours, il fera encore face à Haroun Kabadi, le président de l’Assemblée nationale, l'homme dont beaucopu de Tchadiens ont vu derrière les déboires de M. Gali Ngothé Gatta, ressortissant comme lui, du Lac Iro. Comment se regarderont-ils ? Dans d’autres débats, il pourrait faire face à bien de personnalités de ce pays et, pourquoi pas, interpeller d’autres sur leurs gestions chaotiques de la chose publique. En tant que député, il est investi de cette mission, non ? Il parlera avec la verve dont lui connaît, critiquera de façon acerbe les dérives et dira tout haut ce que beaucoup de Tchadiens pensent très bas. En somme, bien dopé par ces quarante-cinq jours de détention arbitraires, il demeura le vaillant défenseur de ce peuple muselé, surexploité et soumis à une diète particulière amère depuis le 1er décembre 2012.  

 

Même si je n’ai pas été mandaté pour le faire, Mak, c’est le moment de remercier tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, hommes, femmes et enfants, n’ont ménagé aucun effort pour cette libération, cette gande victoire du bien sur le mal. Nous avons été nombreux à dénoncer cette dérive dictatoriale, ce regrettable abus et ce montage grotesque d’un régime aux abois, ces faits révoltants venus des hommes et des femmes qui ne méritent plus la confiance de ce peuple épris de paix et de justice. Qu'attendent-ils pour démissionner?

 

Mais, qu’ai-je retenu de tous ces évènements ? Après le député du Lac Léré, ce fut celui du Lac Iro qui s'est retrouvé dans le viseur du pouvoir ! Poursuivra-t-on jusqu'au Lac tout court ? En tout cas, Mak, je  ne reviendrai pas sur la capacité du pouvoir à faire des montages grotesques pour décapiter totalement ou garrotter simplement tous ceux qui critiquent ses actions macabres. Tandis qu’ils nous donnent chaque jour raison en emprisonnant dans ses rangs ! Le ministre de la justice, une fois de plus, sur Rfi, n’a pas raté l’occasion de se rire de ses propres turpitudes. Cet homme est vraiment l’un des rares à voir dans cette libération, l’indépendance de l’institution qu’il dirige ! Qu’a-t-il fait de la démission fracassante d’un des juges, le 17 avril dernier, alors que tous les regards étaient rivés sur la cour d’appel de Moundou ? Mak, dis à notre Garde des Sceaux que lorsqu’on claque la porte, c’est qu’on n’est pas d’accord avec ce qui se passe à l’intérieur. Et que se passait-il derrière la porte ce 17 avril au point de pousser ce juge à cette audace, cet important déclic qui a abouti à la libération de M. Gali NGothé Gatta ? Le ministre qui aurait reçu un rapport de la situation, pourrait nous le dire en homme épris de justice, de clairvoyance sur ses actions et de démocratie, comme il le claironne chaque fois qu’il se prononce sur une situation.

En attendant, Mak, j’ai peur, très peur, pour cet audacieux juge. Dans un pays où les autorités détestent la contradiction, il ne faut pas exclure qu’il se retrouve dans des ennuis ou catapulter dans une région aux conditions de vie extrêmes, où une main sournoise sera chargée de régler son compte. J’ai encore en mémoire le cas de ce greffier en chef qui, proche de l’opposition, s’est retrouvé dans la maison d’arrêt parce qu’une importante quantité de drogue sous scellé a disparu du magasin. On peut citer d’autres cas.

 

En attendant encore, Mak, ce sont les têtes autour du chef de l’Etat qui me préoccupe : on ne recense que des transfuges de l’opposition aussi bien démocratique que politico-militaires. Autrement dit, majoritairement des hommes et des femmes qui, à un moment donné de notre histoire, ont combattu, avec la dernière énergie, le pouvoir. Autrement dit encore, des hommes et des femmes qui, à un moment donné de notre histoire, décriaient les pratiques barbares qu’ils promeuvent maintenant avec un zèle certain, une arrogance défiant leur éducation, une conviction sincère ! Comme des vrais sans foi ni loi ! Comme des transgresseurs ! Ont-ils noté un changement entre ce qui combattaient et ce qu’ils défendent avec hargne, en vrais ennemis du peuple tchadien ?

 

Non, Mak, depuis le 1er décembre 2012, les méthodes du régime ont empiré. La situation des Tchadiens s’est terriblement dégradée. Personne n’est épargné. Le pouvoir fait tarauder la mort sur tout le monde. S’il faut encore le dire, ces gens qui soutiennent le régime, ne font qu’attraper les cornes pour laisser le président de la République et les siens traire la vache. En d'autres termes, ils sont des esclaves d'un système audieux, très honnis, des pions sur l'échiquier.

 

Hier, les arabes ont mobilisé les leurs pour soutenir Idriss Déby Itno. Nous avons vu, lors de la dernière campagne présidentielle, comment Alkanto a sillonné la brousse pour mobiliser les nomades, en grande partie des éleveurs arabes. Nous avons vu comment il a tenu un meeting à la tête d’une longue file de cavaliers ! Aujourd’hui, parce que Mahamat Saleh Annadif est arrêté, les arabes nous appellent à une action commune contre Idriss Déby Itno alors que des arabes siègent à l’Assemblée nationale, gardent leur poste au gouvernement et dans les autres institutions de la République ! Quelle lutte, Mak ! Pathétique, non?

 

En attendant encore, Mak, j’ai aussi retenu la forte mobilisation pour faire reculer le pouvoir. Oui, de manière unanime, les Tchadiens se sont levés comme un seul homme pour dire non à l’imposture. Certains ont en signé la pétition. D’autres ont organisé des conférences de presse. D’autres encore ont prié... Beaucoup ont fait le tout à la fois. Cela prouve que les tchadiens peuvent renverser des montagnes pour la bonne cause. Nous avons donc compris que notre salut ne viendra que de notre détermination à refuser l’esclavage, à dire « NON » à une autre colonisation, celle-là venue du sultanat d’Itnoland. Il faut donc demeurer vigilant car le pouvoir n’a fait que reculer pour bien sauter.