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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

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Bonjour, Mak !

 

A-t-on une police dans ce pays ? A priori, oui. Puisque tous les jours, dans la capitale en particulier, on les rencontre à tous les coins de rues. Mais que font-ils exactement ? Ils arnaquent les paisibles citoyens. Dans cette dénigrante activité, ils ne visent que les faibles. Pays de deux poids, deux mesures ! Ils prennent l’argent et les engins sans aucun papier continuent de rouler ! 

 

Mais, il ne faut pas jeter l’opprobre sur tous les flics. En effet, quelques rares font effectivement et honnêtement leur travail ce, en âme et conscience. Quand on les voit à l’œuvre, on n’est satisfait. C’est le cas de ceux qui ont participé au constat d’un accident entre une benne (18 P 2588 A) et une voiture (18 C 8089 A). Le propriétaire du premier engin, un Nordiste, après le constat, a souhaité que son chauffeur poursuive son travail de ramassage et de livraison de sable alors qu’il doit être confronté au conducteur de la voiture pour le besoin du procès-verbal. Les deux policiers se sont opposés. Il y a eu même des échanges verbaux malsait entre eux et le propriétaire du véhicule. Ces policiers ont insisté pour que son engin revienne au commissariat du 7ème arrondissement de la ville de N’Djaména. C’était le dimanche 29 avril dernier. Ils ont réussi. A l'intérieur du commissariat,  le chauffeur n’a exhibé que son permis de conduire, se contentant de dire que les papiers administratifs du véhicule était chez son patron : « J’ai déjà appelé mon patron ; il va les apporter », a-t-il dit ! Alors que depuis l’accident jusqu’à leur confrontation en passant par le constat, il y a eu deux heures de passer ! Pendant la confrontation, le chauffeur de la benne a parlé en arabe. A son tour, le propriétaire de la voiture a utlisé le français pour donner sa version des faits. Le chauffeur a alors bondi: "dites-lui de parler en arabe ; moi je ne comprends pas le français." Son protagoniste a aussi réagi: "Oui, mais je ne parle pas l'arabe. Quand tu t'es expliqué dans cette langue, je n'ai pas requis qu'on t'oblige à parler en français. Dans tous les cas, les policiers te traduiront ce que je dirai." A quel arabe faisait-il allusion? Pas celui qui est inscrit dans la constitution comme deuxième langue officielle. En moins celui du mayo-Kebbi qui, pourtant, amuse vraiment. Mais, son arabe à lui que des gens du Nord sont nombreux à réclamer comme deuxième langue officielle ! Quand je me suis renseigner quelques jours plus tard, on m’a dit que ce chauffeur continuait d’attendre les papiers de sa benne qui se trouvent avec son patron.

 

Le samedi 5 mai, j’ai appris ceci : le corps d’un enfant de 14 ans a passé la nuit du vendredi 4 mai du côté est de la grande mosquée de N’Djaména, juste en face du commissariat de police ! Tous les passants s’arrêtaient, semble-t-il, pour regarder le corps sans vie du gosse. Quelques policiers, ce que je ne peux croire, sont aussi venus admirer le cadavre avant de repartir comme tout le monde ! C’est-à-dire sans chercher à comprendre ce qui s’est passé et à amener le corps à l’hôpital pour une autopsie et les autres mesures nécessaires.

 

Le lendemain du drame, le samedi matin donc, c’est un jeune qui a identifié le corps avant de prévenir la famille autour de 6 heures. Ses parents sont venus chercher son cadavre au nez et à la barbe de la police. Aucun flic n’a interdit à la famille de toucher le corps en vue d’engager la procédure dans ce genre de situation ! Autrement dit, les parents ont ramassé le cadavre sans qu’un seul flic ne parle !

 

Dans la nuit du mercredi 9 mai, c’est un autre jeune proche du décédé qui a mené ses enquêtes. Il est reparti sur les lieux du drame et ses investigations l’ont mené à une vendeuse de carburant. L’assassiné travaillait pour le compte de cette dame, une Gorane, semble-t-il. Pendant que le gars interrogeait intelligemment les gens, cette dame était arrivée. L'enquêteur de circonstance a appelé les parents au téléphone. Ces derniers sont arrivés en masse pour encercler la dame et l'amener, heureusement, à la police. La démarche du gars est édifiante et mérite que tout le monde s’en inspire dans de tel cas. Je pense qu’on y reviendra très prochainement. Accorde-moi le temps de récolter les informations. Je pense que si ce gars attendait la police, l’enquête n’aurait pas abouti si vite.

 

Suite à la plainte des parents de la victime, ce jeudi 10 mai, les policiers ont interrogé la présumée coupable. Une handicapée (elle se déplace avec un tricycle) a témoigné contre l’accusée. La première dit que c’est à elle que cette dernière a confié l’enfant agonisant (après l'avoir assommé?) L’accusée aurait reconnu les faits. Mais, la famille ignore l’origine du différend qui a conduit à ce crime. La police a demandé à la famille éplorée de passer le lundi. Apprendra-t-elle les circonstances dans lesquelles leur enfant a été assassiné ? Prions pour que cette dame ne s’évade pas d’ici là.  

 

Mak, tu vois que Bachir a du pain sur la planche. Il doit redonner ses lettres de noblesses à ce corps en chute libre.  A moins qu’il soit revenu pour accentuer le désordre qu’il a créé. Compte tenu de sa déclaration dans un journal local, je suis persuadé qu’il fera plus de désordre qu’avant. Sa déclaration de guerre aux malfrats me réjouit. Mais, ne les connaît-il pas ?

  

La police est remplie de bourricots. Il semble certains policiers ne savent ni lire ni écrire aucune de nos deux langues officielles ! Quel drame ! Quand on dégage les douaniers non formés, pourquoi garde-t-on les policiers et les gendarmes qui ternissent l'image de ces institutions?

 

Mak, il faut que je détale pour ne pas ramasser un cendrier en pleine figure.