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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Par Vourboubé Pierre

 

Bonjour, Mak !

 

Aujourd’hui, les Tchadiens manquent de nourriture et leurs enfants souffrent de malnutrition. Cela est bien connu de tous. En août, le son de maïs pour mes moutons me coûtait 150 F CFA le coro. Hier, Mak, les vendeuses ont réclamé 250 F CFA pour la même unité de mesure ! Par ailleurs, le mois dernier, nous avons suivi le reportage de RFI au Kanem: la situation alimentaire dans cette région interpelle vraiment. En plus, dans son numéro 9 de janvier et février 2012, la FAO alerte sur la crise alimentaire au Tchad. Elle a écrit : « Le Tchad devrait faire face en 2012 à une crise alimentaire et nutritionnelle grave. » Bien en avant cela, en décembre 2011, le Tchad avait appelé ses amis au secours (lire Le progrès N° 3296 du jeudi 22 décembre 2012).

 

Il y a donc la famine au Tchad. Mais, a-t-on pris les dispositions nécessaires pour éviter que nos partenaires ne nous servent du n’importe quoi au nom de l’aide ou de l’assistance alimentaire ? Apparemment, non ! La nouvelle qui va suivre, laisse croire que le phénomène a déjà commencé.

 

Tout remonte à la délégation sanitaire du Wadi Fira. Un jour, le délégué sanitaire constate que des gens distribuent des suppléments nutritionnels aux enfants. Il les interroge et ils disent qu’ils viennent du HCR et que c’est le chef du service de nutrition qui a autorisé cette distribution aux fins de test du produit ! Le délégué contacte le chef de service nutrtion au téléphone. Dr Adoum, se nomme-t-il, dit qu’il n’est pas au courant ! Dr Raoul, le médecin qui gère la circonscription sanitaire ci-dessus désignée, remonte son enquête jusqu’aux autorités de son ministère. Celles-ci sont simplement surprises. Autrement dit, elles ne sont pas informées que le HCR est en train de mener une telle action sur le terrain. D’urgence, un dimanche, le ministère de la santé publique réunit son staff. Ils  interpellent le HCR qui avoue que c’est bien Dr Adoum qui lui a donné l’autorisation (verbale ou écrite ?) pour cette action. Doit-on simplement traiter avec un individu pour introduire un nouveau produit alimentaire dans un pays ? Sur le terrain, les agents du HCR tentent de quitter en catimini. Ils sont rattrapés alors qu'ils s'apprêtaient à prendre l'avion pour N'Djaména! Que se reprochent-ils au point de s’enfuir ainsi ? Pourquoi des enfants autochtones alors que le HCR s'occupe des réfugiés ? Pour quel groupe d'intérêts privé cette instutition roule-t-elle ? Magouille du personnel ? 

 

Maintenant, l’affaire serait entre les mains de la présidence de la République. Le produit, nutri-butter, m’apprend-on, aurait été saisi et envoyé au laboratoire à Yaoundé pour analyses. Que va-t-on y rechercher pour déterminer s’il ne contient pas de substances toxiques ? Wait and see. S'il est toxique, qui indemnisera les enfants contaminés? A-t-on dressé la liste de ceux qui en ont déjà pris? Une autre affaire Arche Désolée (de Zoé)?

 

Le HCR informe que le produit est distribué avec succès dans les autres pays de la sous-région. L’a-t-on aussi introduit dans ces pays au mépris des règles en vigueur ? Autrement dit, a-t-il suffi d’un « oui » des chefs de service nutrition de ces pays pour procéder à la distribution de nutri-butter aux enfants malnutris ?

 

Mais, aucune tête n’est tombée, même pas celle du Dr Adoum ! J’ai connu ce monsieur pour la première fois au Kanem. C’était, je crois, au début des années 2000, à l’occasion d’un reportage. A l’époque, il travaillait pour le compte du PDAOK (projet de développement agricole des oaddis du Kanem). Ses collègues murmuraient beaucoup son incompétence. Ils disaient qu’il était un biochimiste autoproclamé nutritionniste et qu’il ne produisait pas de rapports, amateur d’alcool et de belles femmes. Ils critiquaient aussi sa vie qui, semble-t-il, était asociale. Les évaluateurs étaient étonnés de le voir occuper son poste dans cet important projet. Son nom serait aussi associé à des scandales dans le projet qui a remplacé le PDAOK. Le chauffeur du projet aurait même intenté une action en justice contre lui, en décriant sa gestion chaotique des fonds. Comment peut-il se retrouver à la tête du service de nutrition ? Mais, que son nom ne te trompe pas, Mak : il est Sudiste.

 

En dehors de cela, ce n’est pas la première fois que ces institutions se comportent ainsi au Tchad. Parfois, c’est leur personnel expatrié qui se croit en territoire conquis, parmi des ignares de la pure espèce. Tu te rappelle le Sénégalais de l'Unicef qui a violé une mineure. Autrement dit, ces gens pensent que les Tchadiens ne sont pas intelligents. Le personnel de l’OMS d’Abéché déplorait le comportement hautain d’un Rwandais, responsable du bureau. Aujourd’hui, Dieu merci, ses promoteurs l’ont fait partir du Tchad. On dit la même chose d’un certain Roger, Béninois à l’Unicef.

 

Mak, saluons la réaction des autorités sanitaires dans cette affaire. Cependant, déplorons leur impuissance face à la poliomyélite et à la rougeole. Ces maladies sévissent encore de façon épidémique dans notre pays ! Pourtant, on ne compte plus les campagnes de vaccination contre ces fléaux. Des experts défilent pendant ces campagnes. Le séjour de certains dépasse les trois mois. Un consultant international bénéficierait d’un per diem de 54 000 F CFA quand il est en province et deux fois plus à N’Djaména. Sans compter les honoraires. Mak, fais les calculs. Lors de la dernière JNV (avril), ils seraient 109 consultants, expatriés et Tchadiens confondus ! Dans la logique, on devait avoir bouter la polio du Tchad. Où est donc le problème ?

 

A N’Djaména, lors des JNV, beaucoup de ménages de la pépriphérie se plaignent de n’avoir pas été visités par les vaccinateurs. On ne peut donc plus reprocher seulement les parents dans cette affaire. Il faut considérer tous les maillons, les étudier cas par cas pour situer les responsabilités. Il faut prendre les taureaux par les cornes. Impliquer le ministère de l’élevage parce que sur les trois cas de polio, deux seraient des enfants nomades, ne suffit pas. Il faut interpeller tout le monde, même le président de la République. Car c’est tout le système sanitaire qui est défaillant.