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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Bonjour, Mak !

 

Permets-moi de présenter mes excuses à Emmanuel Derkembé : hier, j’ai écorché son nom en écrivant Dézeumbé ! Je crois qu’il ne m’en voudra pas pour cette erreur. Et puis, je voudrais aussi remercier très chaleureusement, NGarmadji, ce bloggeur qui a réagi à notre chronique d’hier. relarquons que les élèves nordistes sont plus nombreux que ceux du sud à poignarder leurs enseignants et que cela est bel et bien le fruit d’une éducation, la plus mauvaise qu’on puisse inculquer à ses rejetons ! A moins qu’on ne soit soi-même éduqué ainsi, dans la barbarie, éduqué à faire du mal à ceux qui ont la charge de votre instruction et de celle de vos rejetons. Qui a dit qu’on ne confie pas ses enfants à celui qu’on méprise ? Pourquoi confier ses progénitures à ceux qu’on tue, hein ? Mak, il suffit d’avoir vos enfants avec les leurs dans la même école pour apprendre des choses. Pour comprendre quelle éducation leurs parents leur inculquent ! Et je me demande est-ce ainsi que, jadis, nos parents ont fréquenté aux lycées Jacques Moudeina de Bongor, Félix Eboué de N’Djaména, Charles Lwanga de Sarh, Franco-arabe d’Abéché, etc. ? Dites-moi, chers parents, quelle était l’atmosphère entre vous dans les internats des établissements cités ci-dessus ?

 

S’agissant de nos frères du Guéra, que notre bloggeur sache que le chien a comme cousin le renard, pire ennemi,… le renard ! Que nos cousins du Guéra soient nos pires ennemis, je peux comprendre. Mais qu’ils détestent aussi leur sérail est de la pire absurdité. Considérez comment ils ont géré les deux phases successives du projet de sécurité alimentaire au nord Guéra : une vraie catastrophe. Aujourd’hui, la famine a élu domicile dans leur région. L’Association pour la sécurité alimentaire au nord Guéra, une structure privée qui devait prendre la relève de la gestion des fonds du FIDA, n’est que l’ombre d’elle-même, une coquille vide, un instrument entre des mains sorcières. Heureusement, les évaluations ont dit qu'elle n'était pas à mesure de gérer des milliards. Si la pluie vous surprend dans les locaux de la préfecture de Bitkine, partez en courant vers un autre abri : quoiqu’en matériau durable, ce bâtiment suinte comme s’il était en paille pourrie. Ne parlons pas de l’atmosphère qui régnait dans les établissements scolaires : les notes fictives ont assuré le passage en classe supérieure de plus d’un enfant. Les promoteurs de ces bassesses, de cette baisse de niveau, sont devenus des personnalités àau Tchad ! Dans le Guéra, les parents confondent encore l’enseignement du français au christianisme ! Les communautés dépendent des cantines scolaires si bien que peu de parents envoient leurs progénitures à l’école (lire le rapport de mission de lancement des activités de la DPEF dans le Département de Saraf, mai 2009). N’oubliez pas la pauvreté : elle touchait, selon l’enquête de consommation sur le secteur informel au Tchad, 2004, 63% de la population ! En 2009, le taux de malnutrition aiguë était est de 22,4% et le taux de malnutrition chronique globale s’élève à 41,1% (Enquête de Sécurité Alimentaire et de Vulnérabilité Structurelle, Tchad, juin 2009). Depuis, les choses auraient empiré, entendu les cris d’alarme de cette année au Sahel.

 

Ceci dit, quand, Mak, le 7 avril dernier, je quittais N’Djaména pour Moundou pour la visite à M. Gali, FM Liberté faisait toujours la guerre à notre ministre des droits de l’homme et des libertés fondamentales. En cause, sa déclaration selon laquelle la situation des droits de l’homme était meilleure au Tchad. Cette radio est allée tendre son micro à un monsieur qui a dit que cette dame, notre ministre des droits de l’homme, tentait de cacher le soleil avec une main. Quelle prouesse ! N’a-t-elle pas vu que nous sommes sur un territoire qui fait 1.284.000 Km2 ? En tout cas, le Tchad est vaste. A partir de N’Djaména, même devant les gens des Nations-Unies, personne ne peut voiler les choses avec une simple déclaration. Ce monsieur a appris qu’on construisait notre aéroport moderne (en face de la mini-raffinerie de Djarmaya, 40 km au nord de la capitale) sur des champs des paysans qu’on n’avait pas indemnisés après qu’on ait arraché ces parcelles pour cette œuvre pharaonique.

 

Et sous le Général – Président – Sultan Idriss Déby Itno, on a déguerpi les gens pour les travaux d’intérêts communs, les exploitations des richesses. Si, dans le bassin de Doba il y a eu compensation, ce n’est pas le cas autour de Pala et de Léré pour le calcaire et l’uranium, respectivement. Quand les Chinois ont commencé à Baoré, ce fut la catastrophe. Les cultures étaient à leur phase de maturité. C’était donc pendant la période dite de soudure. C’est-à-dire le moment où les récoltes précédentes peuvent venir à manquer, sont quasi épuisées. Pendant cette période, Mak, les pauvres souffrent vraiment. On a pitié d’eux. A cause des pluies, les déplacements sont limités. Des villages se retrouvent enclavés, sans aucun échange avec l’extérieur. Personne n’a donc attendu les récoltes pour commencer les travaux en rapport avec l’exploitation du calcaire ! Les buldozers et autres engins ont piétiné les champs, déraciné les arbres fruitiers. Maïs, mil, arachide, sésame, j’en passe, sont partis ainsi, sous la terre, sous les regards impuissants des paysans. Ces derniers ont pleuré à chaudes larmes. Personne ne s’est appesanti sur leur sort. Il paraît que lorsque quelques braves s’opposaient aux passages des engins, les Chinois allaient informer les autorités qui venaient, entourés de miliaires. Les autorités intimaient alors l’ordre à la population de laisser faire, de laisser raser leurs champs parce que le projet était suivi par … le Président de la République en personne !

 

Mak, imagine les dimensions d’un aéroport moderne et dis-moi combien d’hectares de terre sont ainsi arrachés ! Pour quelles conséquences ! Dans tous les cas, la survie des paysans n’a jamais préoccupé les gens  de la renaissance, tant leur mandat social, sur fond de guerre contre le Soudan, à générer des cas sociaux. Au nom de la lutte contre la peste porcine, on a exterminé presque tous les cochons du Tchad. Cochon, animal rencontré au sud. Depuis, les éleveurs n’ont pas été indemnisés ! Qu’aurait-on fait si une épidémie via les dromadaires menaçait les humains ?

 

La renaissance engendrera des cas sociaux : hier, jeudi 26 avril 2012, j’ai fait le tour des banques : à 11 heures, les salaires n’étaient pas encore versés ! Au rythme où évoluent les choses, soyons-en persuader, la majorité des fonctionnaires fêteront le 1er mai sans leur salaire d’avril !  

 

Maintenant, nous avons fait la paix avec le Soudan. Nous avons chassé le Dr Al Kalil du MJE de chez nous. Il est allé mourir depuis pour n’avoir pas suivi nos conseils. Nous sommes hyper armés au point où Baba Ladé et ses amis sont confinés aux communiqués. Au point où l’ONU nous confie la chasse à Joseph Kony, le leader de la LRA. Nous avons chassé la MINURCAT parce que nous sommes à mesure d’assurer la sécurité à l’est. Alors que faisons-nous de notre argent ?

 

Mais, dans cette affaire des droits de l’homme, je crois que FM Liberté en violerait aussi : souvent, elle diffuse des communiqués nécrologiques qui s’adressent à des gens qui vivent à New York, Casablanca, Paris, Washington, Lomé, sous le froid de Moscou, etc., des villes où cette radio n’est pas captée ! Alors que ses communiqués sont payés ! Pourquoi prendre de l’argent à son prochain pour un service partiellement rendu ?

 

Qu’à cela ne tienne, Mak ! J’aime traîner dans les bars de Moursal, Paris-Congo, Dembé et autres quartiers chauds du sud de N’Djaména : je rencontre fréquemment des mineures en train de servir à boire ou à manger aux clients ! Parmi ces derniers, je recense cent défenseurs de droits de l’homme. Mais, je ne sais pas ce qu’ils font exactement contre cette éducation, cette dérive terrible qui transforme ces gamines en proie facile pour ces écervelés qui sillonnent les débits de boissons. Tandis que ces fillettes prennent goût à l’argent, regardant parfois les hommes dans les yeux, tout en arborant un sourire charmeur !

 

Sans transition, Mak, permets-moi de te poser cette question : qu’a-t-on contre les arbres dans ce pays, particulièrement dans la capitale ? Notre hôpital général de référence nationale est devenu chauve : tous les arbres qui occupaient sa cour, ont été coupés ! On me dit que l’ordre de les élaguer est venu d’en-haut, de la Présidence de la République. En ces temps de canicule, les chambres d’hospitalisation sont, semble-t-il, invivables : les ventilateurs et le fait que les salles soient toujours bondées rendent l’air difficile à respirer. Il faut le reconnaître, ces arbres créaient un microclimat indispensable, qui soulageaient les malades et leurs accompagnants, quoique toujours occupés par des oiseaux.  

 

Mais, Mak, la suppression du service social du même hôpital est-elle aussi venue d’en-haut ? Il paraît que l’équipe du Dr Ngariera, le directeur de cette institution, a interdit aux garde-malades de faire la cuisine dans la cour. Cette mesure, à mon humble avis, est louable. Mais, ces gens qui dirigent cette institution n’ont pas pensé aux référés : une famille peut venir du Tchad profond avec un malade. Si elle n’a pas quelqu’un de sûr à N’Djaména, comment fera-t-elle ? D’ailleurs, de nos jours, la solidarité-là s’effrite vraiment. On semble dire : « chacun pour soi, dieu pour tous. »

 

Bye bye, Mak.