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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Bonjour, Mak !

 

Le compte à rebours a-t-il commencé pour les dictateurs africains ? En tout cas, hier, François Hollande a pris les rênes du pouvoir en France. Tous les regards sont maintenant tournés vers lui. Koffi Yamgnane, un des artisans de la victoire du PS à la dernière présidentielle en France, a déjà érigé un ring au Togo. Faure Eyadéma et les siens n’ont qu’à tenir bon. Lors de la prochaine présidentielle togolaise, le duel, me semble-t-il, va passionner. Les arguments juridiques, politiques et occultes resont opposés à Koffi Yamgnane. J’ai l’impression qu’on tend vers une Côte d’Ivoire bis.

 

Ici, Mak, les gens ne veulent pas d’un départ musclé de notre Général – Président – Sultan, d’un départ avec effusion de sang, je veux dire. Mais, celui qui nous martyrise depuis 1990 ne voudra pas d’une sortie honorable par les urnes. N’a-t-il pas modifié la constitution pour mourir au pouvoir et le transmettre à un de ses fils comme Eyadéma ? Mak, rappelle-toi, il a bien dit qu’il n’est pas venu par un vol Air Afrique. Depuis, cette compagnie a mis les clés sous le paillasson. Quelques petites autres tentent de la relayer. Aucune d’elles n’a l’envergure nécessaire pour contenir notre Général – Président – Sultan. Alors quoi faire pour qu’il s’en aille ?

 

Moi, je pense qu’on ne fait pas les omelettes sans casser les œufs : s’il faut que le sang coule avant qu’il ne s’en aille, essayons la recette.

 

En attendant, Mak, nous avons beaucoup de préalables. Parme ceux-ci, notre armée. Pour moi, sa réforme de l’année dernière a été une déformation, un trompe-l’œil terrible. Cette institution n’est pas nationale. Sa pyramide demeure exceptionnelle : un nombre effarent d'officiers pour une poignée d'hommes de troupe. Elle est la vraie priorité de ce pouvoir. En effet, il a envoyé certains services dans la rue pour caser les hommes en treillis. De la préfecture jusqu’à la chambre de commerce, on circule avec la peur au ventre. Seuls les canons sont alignés devant les portes ! L’armée a aussi récupéré des bâtiments de l’agriculture ! Les hommes et les femmes qui la composent continuent de se comporter comme des sauvages. A côté de cette terrible entrave, il y a l’administration et les chefferies traditionnelles. Pour les gardiens de nos us et coutumes, les opposants t’en parleront. Kebzabo en particulier. Il est l’homme à abattre du chef traditionnel des Moundang. Me Jean-Bernard Padaré, un juriste défenseur des droits de l’homme, depuis son entrée au gouvernement, suit la voie tracée par le Gong, son beau-père. Personne ne connaît le nombre de féticheurs qu’il a recruté contre Kebzabo et les jeunes qui le soutiennent ! Jadis, Lol Mahamat Choua aurait vécu la même inimitié face au feu sultan du Kanem. Pour l’argent malsain, nos chefs traditionnels sont devenus des entraves sérieuses à l’épanouissement démocratique de leurs administrés.

 

Et puis, comme je le disais il y a quelques jours, le nord n’a jamais été ouvert à la démocratie. Tout le processus dans cette partie, souffre de disfonctionnements graves. Les résultats affichent parfois des taux de participation au-delà de 100% ! Chez les nomades, la situation est identique. C’est au nord et au sein de ses derniers que François Hollande et ses hommes doivent nous aider à contrôler vraiment les élections. Sans oublier les hommes et les femmes qui doivent dire le droit. Pendant les législatives, ils ont validé tous les procès-verbaux de toute une circonscription signés par un seul homme !

 

Mak, à vrai dire, nous avons des hommes forts et des institutions faibles. Le pouvoir les foule aux pieds. La vraie lutte consistera à inverser cette tendance, à rendre les institutions plus fortes que les hommes qui les respecteront vraiment. Autrement dit, faire en sorte qu’on comprenne que les hommes s’en vont et les institutions restent, même si ceux qui viennent peuvent les modifier. Le MPS doit par exemple pouvoir interpeller Idriss Déby Itno sur ce programme qui ne répond pas aux aspirations du peuple, un programme qui permet à une minorité de s’enrichir sur le dos de la majorité. C'est tout le monde qui souffre de ce dysfonctionnement, de cette manière rétrograde de traiter avec mépris nos institutions qui sont pourtant sacrées. Les hommes et les femmes qui composent ce parti doivent se dire que l’un d’eux peut remplacer Idriss Déby Itno. Cet homme a trahi leurs idéaux. Comme tel, ils doivent lui demander des comptes au lieu de ramper devant lui comme ses chiens, pour des miettes.

 

En attendant, Mak, le gouverneur du Dar Sila a levé sa mesure liberticide : les gens de Goz Béïda vont à nouveau pouvoir frimer dans les rues après 22 heures. La radio locale a diffusé le papier du gouverneur allant dans ce sens hier soir. Mais, les militaires violeurs sont dans la nature. L’Etat, leur employeur, répondra-t-il de leurs actes devant la justice ? Et si ces barbares ont transmis des sales maladies à leurs victimes ?

 

Par ailleurs, sache qu’à Goz Béïda, une bagarre pour problème de cœur a entraîné une suspension de cours pendant quelques six jours. Les élèves bagarreurs auraient foncé la porte du proviseur pour saccager et brûler les papiers. Heureusement que les dossiers des candidats au baccalauréat et au CEPE avaient déjà été envoyés à la hiérarchie. Le gouverneur aidera-t-il à les rattraper pour les punir ?