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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

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Bonjour, Mak ! 

L’évènement est rare pour être passé sous silence : ce matin, c’est une pluie fine sur la capitale ! C’est tout mouillé que je t’écris. En venant, j’ai vu des gens se mettre à l’abri sous les arbres, les hangars, les boutiques aux abords des routes. Par contre d’autres, comme moi, ont préféré continuer, à pied, sur une moto, un vélo. C’est donc le début de l’hivernage ici. Du coup, Dieu merci, la chaleur s’en trouvera moins intense, à condition qu’un retournement de situation ne se produise pas. Oui, c’est fréquent ici : après les premières pluies, la sécheresse reprend le dessus. La chaleur fait peur. Tout le monde en souffre sauf M. Idriss Déby Itno et les siens. D’ailleurs, ils nous étouffent plus cette canicule naturelle. Mais, un jour, j’en suis sûr, une pluie mettra fin à leurs actions macabres sur le peuple.

 

S’il continue de pleuvoir, Mak, j’imagine le calvaire des N’Djaménois : les moustiques vont revenir avec le paludisme. Surtout dans la périphérie où, voilà des semaines, nous dormons à la belle étoile sans les moustiquaires ! Le cholera pourra aussi faire son apparition, notre capitale étant demeurée une poubelle à ciel ouvert. Surtout dans la périphérie où personne ne se soucie de nos souffrances. Sans oublier les autres maladies liées à l’insalubrité de l’eau et les dermatoses qui pourraient en profiter pour faire des victimes. Surtout dans la périphérie où nous utilisons encore l’eau des puits traditionnels et pataugeons dans l’eau des pluies pendant nos courses. Les ordures ne sont pas collectées mais jetées aux pieds des maisons, sur les routes en pensant qu’elles peuvent nous aider à remblayer nos passages. Comme la famine est annoncée sous nos cieux, la malnutrition malmènera les enfants, ce qui accroîtra le taux de mortalité. Surtout dans la périphérie où vivent les pauvres, l’accès est difficile, les structures sanitaires inadaptées, peu fréquentées par les taxis. Et puis, faible nombre d’ouvrages de drainage des eaux de pluies oblige, des quartiers entiers, sous-quartiers vont être inaccessibles, des routes impraticables. Les gens feront des grands détours pour se rendre à une encolure de leurs domiciles. Un grand public sera sinistré du fait de leurs habitats en potopoto : beaucoup de maisons s’écrouleront.

La frontière avec le Nigeria restera-t-il fermé ? Boko Haram n’a pas donné le feu vert pour sa réouverture. Les vendeurs de bottes, par-dessus en plastique, de terre, sable et remblais vont encore se frotter les mains. Les prix vont augmenter ! L’INSEED, le gouvernement et le conseil économique, culturel et social font se contredire, la première publiant des chiffres qui feront croire que les prix baissent d’année en année. Alors que le gouvernement et le conseil économique reconnaitront la cherté de vie ! Les tensions entre les voisins pour le passage de l’eau vont se raviver…

 

Et le gouvernement dans tout ça ? Il semble avoir d’autres préoccupations ! Exemple ? La gestion de la ville de Doba. A en croire tes bloggeurs, Mak, cette gestion semble donner du souci à notre premier Ministre, plus que la campagne de vaccination contre la méningite. Encore la poliomyélite sous nos cieux ? Oui, Mak, le poliovirus sauvage circule toujours ici ! Il semble que le Tchad occupe le douzième rang des pays les plus touchés par la poliomyélite ! La vaccination a commencé le 19 avril dernier. Mak, à la fin de la campagne, on affichera des taux de vaccination au-delà de 100% ! Mais, le poliovirus poursuivra son chemin car deux gouttes ne stoppent pas la polio au Tchad !  Comme le Dr Bara Mallah, délégué sanitaire de N’Djaména, on accusera encore les parents qui refusent de laisser vacciner leurs enfants !

 

Dans la périphérie sud et est de N’Djaména, je ne vois aucune route en bitumage, aucun caniveau en construction, mis à part l’échangeur en bâtissage aux abords de la route allant du rond-point de Chagoua vers le marché de Dembé. On va attendre le pic des malheurs pour… visiter les ruines, parler à la radio et sur les antennes de la télé, distribuer des médicaments qui se retrouveront sur les marchés. Après quoi, on croisera les bras pour attendre 2013 où l'on reprendra de la même manière, en faisant les mêmes promesses, peut-être par de nouvelles têtes ! Oui, de nouvelles têtes car je ne pense que M. Emmanuel Djélassem Nadingar puisse demeurer premier Ministre jusqu’au prochain hivernage. Maudit Tchad ?