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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Bonjour, Mak !

 

1er mai, fête du travail ! N’est-ce pas 52 fois qu’on célèbre cette journée en tant que pays indépendant ? Entre la première et celle-ci, les conditions de vie des travailleurs de la fonction publique s’est terriblement détériorée. Personne ne les envie. Même les paysans ont pitié d'eux ! Ils en ont perdu leur aura sur les autres.

 

Mak, cCette détérioration me semble plus marquée sous les régimes d’Hissein Habré et d’Idriss Déby Itno. Aujourd’hui, beaucoup de fonctionnaires ont encore en mémoire les souvenirs des périodes sombres des demi-salaires et des contributions à l’effort de guerre de l’UNIR. D’autres n’oublierons pas si vite la diète particulière du MPS avec ses arriérés ses salaires. On ne compte pas ceux qui sont devenus célibaires abandonnés par leurs épouses parce qu'ils ne subvenaient plus aux besoins de la famille. Ceux qui sont morts de stress sont nombreux. La misère a poussé un grand nombre de travailleuses vers la prostitution. Nos larmes coulent pour les victimes de VIH/Sida et des autres maladies vénériennes.

 

Les arriérés des salaires continuent d’ailleurs malgré que le Tchad soit pays exportateur de pétrole ! Au moment où j’écris, les travailleurs tchadiens de la fonction publique n’ont pas gagné leurs salaires d’avril !

 

Pour ces deux derniers régimes, Mak, ça fait bien une trentaine d’années de martyre sincère, une trentaine de printemps de sentiment d’esclaves des temps modernes, une trentaine d'été de colonisation particulière !

 

Aujourd'hui, combien de travailleurs mangent-ils trois repas par jour, vivent-ils décemment dans une maison avec eau et électricité ? Combien sont-ils aptes à pouvoir offrir toutes les fournitures scolaires à leur marmaille, à pouvoir  les inscrire dans un établissement d’enseignement privé de bonne réputation ? Combien sont-ils capables d'amener leurs enfants passer les vacances dans une province ou dans un pays voisin ? Combien sont-ils aptes à offrir à leurs rejetons des excursions dans les parcs comme Zakouma ? Combien sont-ils à pouvoir offrir un cadeau d’anniversaire à leurs fistons ?

 

Après cette souffrance, vient celle de la retraite. Quand on va à la caisse nationale des retraités, on a les larmes aux yeux. Souvent, les retraités sont contraints d'organiser des sit-in avant de percevoir leurs dus ! Si l’on n’a pas d’enfants soucieux, le calvaire est plus cruel. Avec ces salaires dérisoires, personne ne peut bâtir autrement sa vie pour vivre une retraite dorée.

 

Mais, Mak, les travailleurs tchadiens sont-ils soucieux de leurs situations ? A priori, oui. Parce qu’ils ont constitué des syndicats pour défendre leurs intérêts. Ils manifestent généralement pour revendiquer des conditions plus décentes de travail, le respect des clauses des accords, le versement régulier des salaires et leurs adaptations aux réalités vécues. Pour cela, ils ont plusieurs centrales syndicales. Malheureusement, celles-ci ne parlent toujours pas le même langage ! Certaines font le jeu du pouvoir ! C’est-à-dire qu’il y a des travailleurs qui pensent que les revendications sociales peuvent déstabiliser le régime. Il faut donc aller à l’encontre de ces gens qui en veulent au pouvoir. Alors pendant que la majorité manifeste, ces gens appellent leurs partisans à accepter ces conditions malsaines de vie et de travail ! Il y a aussi d’autres fonctionnaires qui, accédés à de hauts postes de responsabilités, se comportent comme des ennemis des travailleurs ! Une fois démis, ces gens reviennent quand même jouir de ce que les travailleurs ont pu arracher comme portion (même incongrue) de salaire !

 

Mais, Mak, parfois, on a l'impression que les revendications ne visent que les salaires ! Dans très peu de services, les conditions de travail décentes sont réunies. Tout manque. l'insécurité sévit sur les lieux de travail. En rentrant, ceux qui habitent loin peuvent tomber dans les guet-apens des voleurs. Le système de transport dans la capitale est inadapté et cher. Il faut marcher sur de longues distances avant de trouver un minibus ou un taxi. Sinon, il faut faire appel à un mototaxi. La plupart  dépense 600 F CFA par jour pour le transport en faisant une bonne partie du trajet à pied.   

 

Mais, Mak, beaucoup de travailleurs s’adonnent à des pratiques qui les enfoncent ou les maintiennent dans le cercle vicieux de la pauvreté : alcoolisme, polygamie, cents deuxièmes bureaux, la vie de délinquant sexuel en courant après les gonzesses aux seins pointus (c'est là qu'ils abandonnent leurs maigres salaires), etc. Quand on les interpelle, ils fulminent leur colère et disent que c’est leur vie privée !

 

Parmi les travailleurs, il y a les bonnes, les domestiques, les garçons ou serveurs et les autres débrouillards au quotidien. Selon la loi, ils doivent gagner au moins 60 000 F CFA par mois. Dans les faits, la plupart gagne entre 7.500 et 30.000 F CFA. N’Djaména compterait les trois quart d'employés domestiques ! Les responsables de leur association ne savent pas quel est leur ministère de tutelle. Mais, tous les matins, ce sont des contingents exceptionnels qu’on voit allant du sud vers le nord ou le centre de N’Djaména. Ils viennent exclusivement des localités du sud du Tchad ! Parmi eux, on recense beaucoup de mineures et de mineurs ! Les recruter n'est pas un souci: il suffit d'en parler à une ou un domestique du voisinage et en moyenne 24 heures après, on est satisfait. Le (la) recruté(e) peut débuter séance tenante, sans exhiber un diplôme. Il (elle) répond à tes questions en se donnant toujours raison.

 

Certains employeurs, en plus de ces salaires très dérisoires, les maltraitent physiquement aussi. Je veux dire qu’ils leur infligent des sévices corporels d’un autre âge. Pour une cuillère perdue ou un verre cassé ! Pour ne pas les payer, d’autres les accusent de vol. Là, ils peuvent être horriblement torturés avant d’être congédiés. Beaucoup y ont perdu la vie ! Bon nombre ont passé un longtemps séjour dans des prisons sans jugement. Toute une armée de torturés ont séjourné à l’hôpital avant de retrouver la plénitude de leurs capacités. Ne parlons pas de ceux qui se retrouvent à Abéché, Faya-Largeau, Adré, Bardaï, AmDjarass, etc. Des villes du nord, où ils sont exploité comme des esclaves ! Leurs employeurs les emballent en leur promettant des salaires plus élevés et des conditions plus décentes de travail. A l’arrivée, tous regrettent du fait qu’ils vivent le contraire ! Parce qu’on les loge, les nourrit, les soigne en cas de maladie, on leur refuse le salaire. Ils n’ont pas droit aux congés ! Ils sont islamisés contre leur gré. Ils ne peuvent plus revenir. Sinon, il faut organiser sa fuite. Quand ils sont surpris, la sentence est sévère. Lorsqu’ils réussissent, ils ne s’arrêtent pas à N’Djaména…

 

Mak, il faut aussi reprocher des choses à des employés domestiques comme celle-là qui t’achète la viande quand tu lui dis que tu veux du poisson ! Elle peut revenir avec le gombo sec alors que tu lui as dit que tu en voulais frais ! D’autres volent tous tes ustensiles de cuisine et vêtements. Quand tu ne leur confie pas les achats au marché, ils peuvent démissionner sans crier gare. Les baby-sitters torturent les enfants, mangent leur repas...

 

Enfin, Mak, je dis merci à ces deux bloggeurs qui ont infirmés les informations que j’ai eues le weekend derniers concernant Amani et MSA. Nos deux amis me donnent raison d’avoir tout mis au conditionnel. Heureusement, aucun n’a fulminé sa colère pour l’usage de ce temps.

 A demain, Mak.