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Publié par Mak

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                                  Lise Trégloze en conférence de presse

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Groupe de Capoeira en scène à Dakar (Institut Culturel Français)

 

 

Interview  avec Lise Trégloze

Militante française et altermondialiste, Lise Tréglose  est venue de France pour  Dakar par voie terrestre  à bord de sa camionnette en compagnie d’Anthony Jean de Totasprod, son collègue de travail, volontaire altermondialiste.

Ils ont participé activement à la tenue  du Forum Social Mondial qui a eu lieu au Sénégal du 6 au 11 février 2011.

Pendant son séjour à Dakar,  Lise a joué un rôle transversal pour apporter sa contribution à  toutes le commissions qui travaillent autour des différentes thématiques pour un « Autre Monde est Possible. »

 

En chemin de retour en  France,  elle a animé à Dakar  un point de presse   le 25 juin dernier  à l’Institut  Culturel Français,  en compagnie de  (Ypiranga France), Mamoudou Fassassi (Ogun Eru Bénin) et Lion Moktar (Africa Capoeira Sénégal).

 

Mais aussi un spectacle « autour de la capoeira »  avec le groupe Berimbau Sagrado et ses invités.

Une brillante exposition photo sur la coporeira, a été réalisée par Anthony Jean de Totasprod, photographe du mouvement altermondialiste.

 

La rédaction du blog de makaila saisi l’opportunité pour réaliser une interview avec Lise Tréglose sur la Caporeira et son historique.

 

Interview.                               

 

 

1.       Blog de makaila : Vous êtes de passage à Dakar pour fêter la capoeira, parlez nous un peu de votre séjour ?

 

Je suis militante altermondialiste mais aussi capoeiriste ! Je suis venue au Sénégal pour le Forum Social Mondial qui a eu lieu en février 2011. J’ai donc passé plusieurs mois à Dakar où je travaillais au comité d’organisation du FSM ; et j’en ai profité pour rencontrer les différents groupes de capoeira au Sénégal et pour m’entraîner.

Ensuite je suis partie au Bénin en avril 2011 pour un festival de capoeira appelé « To Blo Dayi » que nous organisions avec mon groupe en France, et le groupe de capoeira du Bénin. A cette occasion nous avons invité les groupes de capoeira du Sénégal et nous avons crée un spectacle autour de la capoeira pour l’Institut Français de Cotonou.

Par la suite, un des groupes de capoeira de Dakar,  le groupe Berimbau Sagrado a organisé un évènement pendant le mois de juin appelé « Batizado », et nous avons crée un autre spectacle pour l’Institut Français de Dakar où nous avons fait notre représentation le 25 juin.

 

2.       Blog de makaila : Pourriez vous définir qu’est ce que la capoeira ?

 

La capoeira est un art séculaire, né à l’époque douloureuse de l’esclavage. C’est une lutte-danse qui s’est développée au Brésil, mais qui a pour sources des danses et luttes traditionnelles africaines. La musique et la spiritualité sont aussi très ancrée dans la capoeira et provient directement de cet héritage africain. La capoeira est un jeu entre deux camarades qui miment un combat en y mélant le théâtre, la danse, la malice… C’est un art d’émancipation que pratiquaient les esclaves en quête de liberté. Après l’abolition de l’esclavage, la capoeira a continué à être pratiquée par les afro-descendants principalement, mais elle était interdite. Au XXème siècle, deux styles de capoeira ont commencé à se formaliser : la capoeira angola traditionnelle, et la capoeira régionale plus moderne.

 

3.       Blog de makaila : Quel est le côté militant de la capoeira ?

 

La capoeira de part son histoire, est un art de résistance et de préservation des cultures africaines. Les esclaves qui réussissaient à fuir se réfugiaient dans des « kilombos », des communautés auto-organisées qui luttaient contre l’oppression des colons. Puis la capoeira a été un outil d’éducation et de sensibilisation des jeunes dans les communautés pauvres au Brésil, dans les favelas, où les académies de capoeira jouent le rôle « d’école de la vie » pour les enfants des rues. La capoeira véhicule des valeurs de respect, tolérance, solidarité, que la société très inégalitaire au Brésil ne prône pas toujours, particulièrement dans les zones pauvres où vivent la plupart des afro-descendants. Ce rôle militant de la capoeira, de préservation des traditions et de la diversité culturelle, de lutte contre l’oppression, est aussi poursuivi par les groupes de capoeira en Europe et en Afrique, comme au Sénégal.

 

4.       Blog de makaila : Pourquoi la capoeira est elle plus développée au Brésil qu’en Afrique ?

Parcequ’elle est née au Brésil ! Bien sur elle trouve son origine en Afrique mais c’est dans le contexte brésilien qu’elle s’est développée. Ensuite elle s’est diffusée principalement dans les pays riches en Amérique du Nord et Europe, pour la simple raison que ces pays ont la capacité financière d’inviter des maîtres de capoeira, de trouver des subventions publiques pour mener des événements, d’organiser des cours payants… La capoeira s’est donc développée dans ces pays du Nord comme n’importe quel « sport » ou « art martial ».

En Afrique les choses sont différentes, la capoeira n’est pas comme le kung fu ou le judo, puisqu’il s’agit réellement d’un art martial africain. Cependant, les jeunes ont moins de possibilité pour créer des groupes, trouver des salles et des financements pour ouvrir des cours, aller se former au Brésil ou inviter des maîtres… Mais grâce à la solidarité entre groupe de capoeira, et le dynamisme des capoeiristes africain, la capoeira se développe de plus en plus, au Sénégal mais aussi Burkina, Guinée, Togo, Bénin, Mozambique, Maroc… et sans doute ailleurs !

 

5.       Blog de makaila : Selon vous quel sera l’avenir de la capoeira dans le monde

 

La capoeira se développe de plus en plus, mais surtout dans sa version moderne : la capoeira régionale. Je souhaiterais que sa version traditionnelle : la capoeira angola, et son côté militant se développe aussi pour que la capoeira « sport-art » ne soit pas déconnectée de son histoire et de sa réalité.

 

On peut espérer que la capoeira se développe plus en Afrique, notamment grâce aux rencontres et évènements qui ont eu lieu en 2010-2011 qui ont motivé certains groupes de capoeira africains à mieux travailler en réseau pour la diffusion d’une « capoeira africaine » ! En cela les appuis institutionnels (Ministères des sports, de la jeunesse… Ambassade de France, du Brésil) ou les liens avec des ONG travaillant avec les enfants ou jeunes en difficultés ; sont essentiels.

 

Pour plus d’informations sur la capoeira à Dakar : www.berimbausagrado.com, mail : zumbasoul@gmail.com, tel 77 520 92 29

 

Interview réalisée à Dakar le 2 juillet 2011

Le Blog de makaila