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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

MAHAMAT MOUKHTAR AHMAT KHAYAR                                    

PONARI NEMBONDE  

MOUSSA MAHAMAT SALEH

MAHAMAT ASSILECK

ENSEIGNANTS-CHERCHEURS A L’UNIVERSITÉ

ADAM BARKA D’ABÉCHÉ (U.N.A.B.A).                                            

 

L’UNABA (université Adam Barka d’Abéché) : ‟Un État dans un État ou chronique d’une institution prise en otage par quelques individus”.

          L’université Adam Barka d’Abéché a  été créée dans le souci de former les jeunes cadres de demain. C’est un lieu d’intelligentsia et le creuset du savoir. Cependant, les enseignants qui assurent les cours ne sont pour la plupart que des simples assistants, des contractuels et des vacataires novices. Ceux-ci méritent beaucoup d’encadrement et de formation pour réussir la noble mission qui leur a été assignée. Malheureusement, il leur en manque cruellement. Toutefois, ils se donnent corps et âme pour remplir leur tâche convenablement.

Suite à la nomination de Monsieur, MAHAMAT ALI MOUSTAPHA comme Recteur en 2008, tous les enseignants croyaient à un changement radical mais ce rêve s’est très vite volatilisé : relèvement du personnel à leur poste pour placer les siens (cousins et neveux), ne peuvent accéder à un poste que ceux qui lui font allégeance quotidiennement, le syndicat national des enseignants-chercheurs du supérieur (SYNECS), section/UNABA est récupéré par ses proches. Ainsi, le jeu est joué. Ceux qui lui font allégeance se transforment en des agents secrets qui rendent compte systématiquement de tout ce qui se passe au Recteur. Une psychose totale s’installe et les enseignants commencent à se recroqueviller  dans un silence absolu. Depuis 2004, date de la création de cette université, qui de ce monde a entendu grogner les enseignants de l’UNABA pour retard des primes et autres ? Aujourd’hui, cela est une habitude, expressément la paie est retardée parfois deux (2) semaines après le décaissement à N’Djamena. En dépit de tout cela, les enseignants ne se sont pas mêlés dans ses affaires. Les inscriptions parallèles pour empocher les espèces sonnantes et trébuchantes se font à chaque rentrée académique. Tout ceci, personne n’a osé dénoncer.

Depuis lors, l’administration rectorale a adopté une politique qui consistait à nous récupérer à sa cause. Comme les salaires tombent généralement après le dix (10) de chaque mois, c’est grâce aux primes et salaires des contractuels versés entre les 26 et 27 de chaque mois que nous parvenions à joindre les deux bouts. Là où le bât blesse, depuis quatre (4) mois, nous accusons chaque fois le retard dans le paiement de nos primes et salaires. Alors que ce n’est pas le cas dans d’autres institutions universitaires. Et n’oubliez pas qu’Abéché, est une ville dont la cherté de vie a atteint son paroxysme, poussant les fonctionnaires de l’Etat que nous sommes à vivre dans un cycle d’endettement infernal, à subir mensuellement les tracasseries des bailleurs de maisons, parfois impatients, lorsque sonne la fin du mois. Ainsi, le 05 du mois de Novembre dernier, les enseignants membres du Syndicat National des Enseignants et Chercheurs du Supérieurs (SYNECS), se sont réunis en assemblée et ont adressé une pétition à leur section SYNECS /UNABA afin de leur fournir des explications concernant le retard dû aux paiements des primes, salaires et heures supplémentaires, de rendre compte de leur bilan passé et d’organiser les élections pour permettre au futur bureau de prendre en main le problème des enseignants. Cette pétition a trouvé suite le 07-11- 2012, rencontre au cours de laquelle, la date a été fixée pour les élections (voir copie en annexe). Sachant que le bureau du SYNECS sortant était tenu par le neveu au Recteur, nous avions pris des mesures pour que ce bureau ne tombe pas encore dans le même travers. A ce sujet, nous nous sommes retrouvés au sein de l’UNABA pour désigner des collègues qui doivent nous représenter et défendre nos intérêts. Nous avions présenté une liste de candidature comme l’administration de même a concocté ses sbires. Voilà, notre péché mortel, sinon le non respect caractérisé des textes régissant l’université, selon le Recteur. Sans nous écouter et sans aucun préalable, le Recteur, le Vice Recteur et le Ministre se sont retrouvés au Centre National d’Appui à la Recherche, le 12 courant, et le 13, des préavis de résiliation de contrat sont notifiés à MM : MOUSSA MAHAMAT SALEH, de la Faculté de Droit et Science Economique (FADSE), MAHAMAT ASSILECK de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FALASH), MAHAMAT MOUCKTAR AHMAT KHAYAR et PONARI NEMBONDÉ, respectivement de la FALASH, quant à eux, sont reversés au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et Technique le 12 Novembre 2012. M. MADJITOLOUM BETOLOUM SALOMON de la Faculté des Sciences et Technique (FAST) écope, quant à lui, un avertissement. Ce n’est pas tout, dans les coulisses, ces sbires font comprendre qu’il y a d’autres têtes qui seront tombées, c’est-à-dire sanctionnées ou reversées au ministère. Pourtant, ce sont ces menaces répétées qui ont poussé certains enseignants à vouloir avoir un SYNECS neutre qui puisse les défendre. Voici, les raisons qui ont guidé les enseignants à se réunir au sein de la FALASH pour adresser une pétition et demander une élection rapide du nouveau bureau, car l’ancien bureau arrivait déjà en fin de son mandat. Cette sanction hâtive, n’est-elle pas une forêt qui cache le soleil. La logique administrative aurait voulu que Monsieur le Ministre diligente une enquête, ne serait-ce que pour écouter les incriminés, leurs collègues et l’administration afin d’établir les faits. Mais sans ce préalable, on sanctionne les agents de l’Etat, depuis le bureau, comme les vulgaires brigands ayant commis un crime.

             Nous sommes, des enseignants et fonctionnaires de l’Etat et nous refusons que le Recteur nous prenne en otage, lui et ses enfants de la cour qu’il a placés ça et là. Pour preuve, le service financier est tenu par le neveu du Recteur et la section SYNECS par un autre. Ceux-ci ne peuvent agir que sur ses injonctions propres et tant pis pour tout l’ensemble du corps enseignant. Même dans les amphithéâtres, les enseignants contrôlent leur langage de peur de donner un exemple qui touche à son ‘bouton rouge’’. Dans les débats avec les amis et même au quartier, nos conversations sont contrôlées, car pour peu que vous teniez des propos critiques, il vous retourne au ministère. Ce qui nous est arrivé, ce n’est pas pour la première fois; il l’avait déjà fait par le passé, au temps du Ministre TABOYE. Nous ne nous sentons pas libres parce que, chaque jour que Dieu fait, l’épée de Damoclès pèse sur nos têtes. C’est cette épée qui nous est tombée dessus aujourd’hui. Le Recteur est notre chef, lui-même fonctionnaire de l’Etat et il doit apprendre à collaborer et respecter son personnel. Bref, la bonne gouvernance. C’est la moindre des choses pour qu’il y ait un bon climat dans le service. L’Université ne doit en aucun cas se transformer en une académie militaire. En fait, nous nous réservons le droit de nous mêler dans ses hautes fonctions. Ainsi, le bon  sens aurait voulu qu’il nous renvoie aussi l’ascenseur. En revanche, qu’il nous laisse tranquilles pour que le travail que l’Etat nous a confié puisse être accompli, c’est-à-dire dans l’esprit scientifique. Pour finir, au moment où nous rédigeons cette correspondance, le souhait de nombreux de nos collègues est de quitter cette université.  C’est un ras-le-bol et trop c’est trop. 

 

PJ : 1 -Pétition et PV de la réunion des enseignants ;

       2 -Arrêté de reversement et préavis de résiliation de contrat.

 

                                                                   Fait à Abéché, le 14 Novembre 2012