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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

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Dr Ali Gadaye, ancien ministre,

 aujourd'hui en exil.

Chroniqueur politique  

sur le Tchad

 

A la veille des échéances électorales au Tchad, l’opposition politique se trouve face à un véritable dilemme. Sa situation est comparable à cette fable populaire tchadienne. Elle vient de découvrir l’œuf d’un oiseau imaginaire appelé en arabe local « amkititi » une espèce de canard sauvage. La fable dit si vous prenez l’œuf, votre père mourra et si vous le laissez c’est votre mère qui le sera. Faut-il que l’opposition politique prenne part aux différents scrutins organisés par Deby en 2011 sachant d’avance qu’elle mordra la poussière. Car, sa participation ne sera que de la figuration. En effet, les dés sont déjà pipés. Autrement dit l’acte ne sera ni plus ni moins qu’un geste de faire valoir. Néanmoins il sera largement suffisant pour le pouvoir pour lui permettre de justifier une pseudo légitimité.

N’oublions pas au passage que le rôle des observateurs qu’ils soient nationaux ou internationaux ne dissuade jamais une dictature de réaliser son objectif. Les événements en cours de la Côte d’Ivoire sont une remarque illustration à cet effet.

L’autre choix qui reste à l’opposition politique, c’est la pratique de la politique de la chaise vide. Cette option requiert deux exigences afin d’éviter un amortissement sans rebond :

 

1.     une cohésion sans faille de l’opposition politique afin qu’elle soit imperméable à toute tentative de division de la part du pouvoir et

 

2.     une rigoureuse explication du bien fondé de la décision à l’opinion nationale et internationale. Faute de quoi, elle risque d’être incomprise et peut ouvrir la voie à une traversée de désert plein d’incertitudes. Ce qui fera le jeu de pouvoir qui mise sur une opposition moribonde qui lui permet d’atteindre son objectif.

 

Il vous souvient que nous avons déjà dans une analyse précédente, fait observer que toutes les structures chargées d’organiser et superviser les élections sont acquises au pouvoir. Elles sont, soit composées des militants du parti au pouvoir et/ou des sympathisants soit des militants et/ou sympathisants des partis satellites du MPS.

Comment peut-on attendre, dans pareilles circonstances, un ultime réveil de conscience de la part des membres de ces structures afin qu’ils posent des actes s’inscrivant dans la droite ligne de la liberté du scrutin et de sa transparence ?

Même le tchadien le plus naïf ne saurait croire à une telle éventualité. Un virage à 90° a été pris pour l’organisation d’une farce électorale. Ceux qui rêvent de voir organiser des élections libres et transparentes conformément à l’accord du 13 août 2007 sous la garantie de Deby vont déchanter très vite. Les tchadiens donnent l’impression d’avoir la mémoire courte. Ont-ils déjà oublié la célèbre déclaration de Deby dont la teneur est « qu’il a accédé au pouvoir par les armes et il n’entend nullement le céder autrement ».

Lorsqu’à Ati il a fermé la parenthèse de ses vingt (20) ans de règne avec tous leurs cortèges de malheur et désolation subis et en décidant d’ouvrir une nouvelle parenthèse appelée « an I de l’Etat de droit » c’est une logique de rappeler sa déclaration susmentionnée.

Pour arriver à une situation normale au Tchad, les tchadiens sont appelés à se mobiliser, à consentir de gros sacrifices à la hauteur de l’instauration d’un véritable Etat de droit  qui garantit la paix, la sécurité, la liberté, l’égalité de chance et l’égalité des tchadiens devant la loi. Toutes ces valeurs ne sont pas de nature à être octroyées mais elles doivent être arrachées. C’est à cet objectif que les efforts des tchadiens doivent être consacrés.

 

Fait le 23/12/2010

 

Dr. Ali Gaddaye