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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

 Dans une sorte de raisonnement politique sans queue ni tête dont seuls les politiciens tchadiens ont le secret dès qu’il s’agisse de défendre l’indéfendable ou raisonner l’irraisonnable, le camarade Beremadji Félix, le chroniqueur-éditorialiste du site tchadactuel, dans sa lutte contre le régime de Deby, a cru nécessaire de s’attaquer à la volonté apparente de Deby de redonner à l’arabe sa place naturelle en tant que langue nationale de la république toute en entière.

Avant de dire mon point de  vue sur l’édito de Beremadji, je dois apprendre à Beremadji Félix, au cas où il ne le savait pas, qu’il ya une langue locale, une langue régionale et une langue nationale. Beremadji Félix, qui écrit, parfois, des articles que je qualifie de très intéressants, sombre par moment sur des analyses politiques franchement insensées dont certaines prises de position tout à fait boiteuses.

 Et donc, sans être un linguiste, sociologue ou anthropologue, je crois qu’au Tchad comme un peu partout ailleurs, il y a des langues locales c'est-à-dire des langues dont les limites géographiques ne dépassent pas un territoire souvent réduit, d’un village ou quelques villages à la ronde. Le cas du Tchad, surtout la partie septentrionale du pays, est exceptionnelle vue l’immensité du territoire. Malgré cela,  le Beri (langue zagawa) ne pourrait être qu’une langue locale.

Il y a aussi, une langue régionale : cette langue dite régionale traverse les limites géographiques des groupes de villages pour s’étendre à d’autres contrées en sorte qu’elle soit la langue de communication de tous les habitants ou presque de ce territoire qu’il faudrait appeler région. Cette langue devrait être appelée « régionale ». Exemple de la langue Sara.

Il y a enfin, une langue qui traverse les limites des régions pour se rependre dans tout le pays et devenir l’unique langue de communication ou presque des différents groupes ethniques. C’est le cas de la langue arabe au Tchad.

Ceci étant dit, allons-y voir ce que Beremadji a écrit concernant la langue arabe : « Deby vient d’imposer l’arabe total et intégral au Tchad, encore une nouvelle trouvaille ! Mais quelle mouche a piqué ce M. (…) Lui-même n’étant pas arabophone, ni arabophile mais fortement arabophobe, pourquoi prend-t-il des décisions qui divisent les tchadiens. »

 A ce sujet, j’aimerais rappeler à M Beremadji que Deby n’a rien imposé aux tchadiens moins encore pris une « décision qui divise les tchadiens ».

L’arabe est la langue de tous les grands royaumes du Tchad, des siècles avant l’imposition de la langue française au peuple tchadien. L’arabe est la langue administrative de l’empire du kanem et du Kanem Bournou c'est-à-dire presque mille avant la création de la première école française qui fut, comme par hasard, construite dans la région du Kanem. Cela dit quelque chose, je crois.

 La langue arabe est aussi la langue de l’empire du Ouaddaï qui opposa une farouche résistance à la pénétration coloniale.

 La langue arabe est aussi la langue du royaume du Baguirmi au cas où Beremadji Félix l’ignore. Bref, la langue arabe est la langue des tous les royaumes et sultanats ainsi que les grandes chefferies traditionnelles administrativement structurées du nord du pays, du centre jusqu’à la frontière de l’extrême sud du pays. Et de ce fait, l’arabe est une langue tchadienne et donc nationale. A moins que les kanembous, les ouddaiens, les baguirmiens ne sont pas des tchadiens.

Lorsque ces royaumes cités ci-haut ont adopté cette langue, il n’y avait pas un Habré ou un Deby pour la leur imposer.

Et donc, Deby n’a rien imposé comme langue au tchadien. D’ailleurs non seulement il n’a rien inventé ni imposé, sa déclaration faisant état de rendre à l’arabe sa place naturelle n’est que de la poudre aux yeux. Que Beremadji Félix dont toute la haine contre les arabes apparaisse avec un tact mal mesuré, se rassure. Deby ne fera rien pour appliquer ses intentions annoncés avec fracas et dont on a vu le soutien que lui a apporté la population (cette fois-ci c’est un soutien réel pas à Deby, mais à la déclaration).

 Il ne le fera pas par haine ou par hypocrisie, moins encore une opération de charme vis-à-vis de la population à la veille des élections en vue dont notre cher Beremadji disait qu’elles sont gagnées d’avance ; c’est qui vrai, mais il est comme cela, Deby. Il annonce une chose et aussitôt il oublie sa promesse.

Quant à l’assertion selon laquelle « pourquoi prend-t-il des décisions qui divisent les tchadiens. », je suis tenté de dire à Beremadji que cette décision, si elle en est une, ne peut jamais être un facteur de division comme il le dit. Les causes des problèmes tchadiens sont connues des tchadiens et une langue n’a jamais fait partie fut-elle arabe puisque Beremadji dit dans sa chute « Deby a tort de s’amuser avec cette fibre très sensible et qui est le facteur principal de division entre les tchadiens. »

Autre chose, toujours concernant la langue arabe, il faut rappeler que Deby fasse ses discours en arabe plus rarement que Tombalbaye. C’était sous le régime du président Tombalbaye que l’arabe fut imposé dans toutes les écoles françaises à partir du cours élémentaire première année (CE1) ; le passeport tchadien comporte les deux langues (française et arabe) c’était toujours sous le régime de Tombalbaye. Les premières écoles modernes arabes ont vu le jour toujours sous le règne de Tombalbaye.

 Tombalbaye avait donné à l’arabe, quoi qu’on dise, une importance beaucoup plus que les autres chefs d’Etat tchadiens pourtant plus arabes et arabisés. Sauf qu’à son temps il n’y avait pas assez des cadres arabophones à la hauteur de l’intention du chef de l’Etat pour donner à l’arabe toute sa place administrative qu’il mérite. Et je crois, ce n’est pas la faute à Tombalbaye.

 En 1962, Tombalbaye avait demandé à ce que la prochaine session de la Ligue Arabe se déroulera à Fort-Lamy. N’eut été  la forte mise en garde de la France, Tombalbaye aurait adhéré à cette organisation arabe. Tombalbaye, contrairement à Beremadji Félix et Cie, savait que l’appartenance à une organisation régionale ou internationale n’a d’autres buts que tirer des profits pour toute la nation. Tombalbaye n’est ni arabe ni musulman, mais pourquoi il agissait ainsi ?  Je ne demande de réponse au camarade Beremadji qui se spécialise de plus  dans l’art de la diversion et des discours populistes.

 Bien plus, Tombalbaye s’étonnait même qu’un tchadien qui ne connais pas la langue arabe prétende à la magistrature suprême de l’Etat.

Dans son livre « prisonnier de Tombalbaye » Antoine Bangui, rapportait à peu près ceci (ayant lu ce livre il y a de cela presque dix ans, je ne me rappelle pas exactement des termes employés par l’auteur, mais le sens est le même: « Tombalabaye, écrivait M Bangui, me posa une question en arabe et étant donné ma mauvaise connaissance de cette langue, je n’ai pas pu comprendre ce qu’il me voulait, il se tourna vers l’assistance et s’exclama : « regardez-moi celui-là, il ne connais même pas l’arabe, mais il prétend être président du Tchad »

 L’ex-président tchadien, Hussein Habré, a pris la question de l’arabe à bras-le-corps en réclamant et obtenant son statut de langue officielle du pays au même titre que la langue française, et cette reconnaissance-là est consacrée par la constitution. Là encore, il faut préciser que contrairement à ce qu’insinuait Beremadji, Habré ne l’a pas fait par pure tactique politicienne. Il l’a fait par réalisme ; rien n’obligeait le président Habré à réclamer au gouvernement du CSM de reconnaitre l’arabe comme langue officielle. Il faut dire  que si Habré est toujours au pouvoir, contrairement à l’avis de Beremadji, on ne parlerait pas aujourd’hui de son application effective dans l’administration. Ce serait une question depuis longtemps réglée.

Beremadji ayant remarqué que personne au Tchad ne s’était intéressé au discours de Deby concernant son intention de faire appliquer le bilinguisme, il monta sur ses grands chevaux pour faire marquer sa propre désapprobation d’une telle décision, en mettant le ketchup dans son thé vert pour lui donner un gout américain c'est-à-dire bizarre.

 Comment ça ? Lisons Beremadji « le Tchad étant un pays d’abord et avant tout francophone, les lauréats dans la langue arabe doivent maitriser le français pour pouvoir travailler efficacement dans les différentes structures publique ou privées au Tchad ; par contre le choix est laissé aux francophones d’apprendre ou non l’arabe. » il est claire que Beremadji est contre l’application du bilinguisme, ce qui est son droit, mais voyons l’horreur culturel de ce Monsieur : « le Tchad étant un pays d’abord et avant tout francophone… » Ay yai…yaaaaaaaaa ! Non, non, non…M Beremadji, moi, j’ai reconnu à maintes reprises que j’ai des lacunes très sérieuses en français. Mais toi, c’est une horreur. Dire que le Tchad est un pays d’abord et avant tout francophone ! Il n’y a toi qui serais capable de telles incongruités.

Non, M Beremadji, le Tchad n’a jamais été, ni avant ni après, un pays francophone. Pour reprendre ta formule, le « le Tchad étant un pays d’abord et avant tout arabophone, saraphone mabaphone, dazagaphone, beriphone etc., mais jamais francophone. Attend ! Je t’explique pourquoi: le terme francophone se compose de « franc » dont je suppose tu sais ce que c’est vu que tu t’es oublié de la sorte que tu ne voies que des Francs partout, et « phone » qui, en grec, veut dire « voix ». le « o » au milieu c’est pour la liaison. Cela veut dire, sans passer par la définition « mot à mot » , francophone est celui dont la langue des francs est sa langue maternelle et aussi est francophone celui qui ne l’a pas apprise à l’école mais spontanément, par son milieu. Exp : les corses dont on sait leur origine italienne sont des francophones. De même, les écossais comme les irlandais sont des anglophones, mais jamais un tchadien ou un autre africain.

Nous sommes des francisants et non des francophones. En tout cas en ce qui nous concerne, nous autres tchadiens. As-tu entendu un jour un français qui maitrise la langue arabe dire qu’il est arabophone ? Jamais. Il te dira toujours qu’il est arabisant, et c’est exact.

 

ce n'est pas fini; je reviens dans quelques instants
 
source: www.alhifrig.com