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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

ABOUDInterview exclusive avec M. Abdelwahid Abdoud Mackaye, Président par intérim de l’UFR

M.Abdelwahid Aboud, ancien membre du Front Uni pour le Changement (FUC), qui avait attaqué en 2006, la capitale tchadienne, est l’un des acteurs clés de la rébellion tchadienne.

Depuis quelques années, il est dans la  lutte armée,  combat avec détermination et abnégation le régime d’Idriss Deby au nom de la liberté, de la justice, de l’égalité, de la dignité humaine et de la démocratie.

Après le départ de M.Timan Erdimi, du Général Mahamat Nouri, du colonel Adouma Hassaballah et de M. Tahir Guinassou de Khartoum pour Doha, M.Abdoud reste le seul à réorganiser  l’Union des Forces de la Résistance (UFR) pour d’éventuels pourparlers ou bien de lutte armée.

Il accepte volontiers de répondre aux questions de notre rédaction, pour apporter d’éclaircissement sur l’évolution de la situation politique et militaire en cours à l’est du Tchad.

M.Abdoud dément catégoriquement les rumeurs qui circulent ces derniers jours à travers les médias en ligne, annonçant  son probable ralliement au régime d’Idriss Deby.

Interview

1-      Bonjour M. Abdelwahid Abdoud Mackaye ! Quelle lecture faites-vous de la décision des autorités soudanaises d’expulser de Khartoum, quatre principaux responsables de la rébellion tchadienne ?

 

- M. Abdelwahid Aboud Mackaye : Bonjour ! Vous parlez d’expulsion, mais quant à moi, je dis non, c’est une entente entre nous pour laisser la place au dialogue que nous avons toujours privilégié. Et ceci depuis deux rencontres informelles que nous avons eu avec les acteurs externes à la crise tchadiennes (à savoir les européens et les américains). Maintenant la balle est dans le camp du gouvernement tchadien s’il est prêt pour des pourparlers francs et sincères.

 

2-      Vous avez été épargné de cette décision prise par le  gouvernement soudanais, pourtant vous êtes un des acteurs clés de l’Union des Forces de la Résistance (UFR). Comment expliquez-vous cela ?

      M. Abdelwahid Aboud Mackaye : C’est un sacrifice que les autres ont fait pour que le Tchad retrouve la paix car, les pourparlers sont conditionnés par leur départ selon le gouvernement tchadien. Il paraitrait que Deby n’entend plus dialoguer avec des gens qui étaient hier à ses cotés et aujourd’hui en face, hors en ce qui me concerne, j’étais hors de cette sauce et donc je dois m’estimer heureux de n’avoir commis aucun péché sur le peuple tchadien pour être taxer de tel ou tel et je serai prêt pour ce genre de sacrifice si on me le demande.

 

3-      Quelle est actuellement, la situation militaire sur le terrain ?

 

-  M. Abdelwahid Aboud Mackaye : La situation militaire est au beau fixe, nos vaillants combattants sont prêts à toute situation, il suffit qu’on leur face savoir que le pourparlers sont caduques, alors dans ce sens, nous reprendrons avec perspicacité et sagacité le combat contre le gouvernement. Car il vaut mieux pour nous (combattants) de mourir en martyr  que d’aller se rallier simplement.

4-     Plusieurs observateurs soutiennent que Le rapprochement entre N’djaména et Khartoum, signifie que la lutte armée n’a plus sa raison d’être. Qu’en-pensez-vous ?

 -  M. Abdelwahid Aboud Mackaye : La lutte de libération nationale n’a rien à voir avec ce rapprochement. Il faut noter le bon voisinage entre le deux pays n’empêcherait guère la continuation de la guerre contre le régime en place, je dis bien, les combats se dérouleront à l’intérieur du Tchad et ce serait la vraie lutte.

5- Ces derniers temps, votre personne fait l’objet des rumeurs persistantes, selon lesquelles, vous allez rallier le régime d’Idriss Deby. Que dites-vous ?

 -          M. Abdelwahid Abdoud Mackaye : Ceux qui disent cela ne me connaissent pas et l’histoire nous dira s’ils ont tort ou raison, dès maintenant je leur avoue d’ores et déjà qu’ils  se sont trompés de personne.  Je ne suis un homme qui dit de mauvaises choses des autres, même s’ils sont mes ennemis, mon éducation me l’interdit, mais je ne cède pas facilement de mes principes comme ceux qui se sont montrés les plus farouches envers le régime de Deby aux yeux des autres, or ils sont dociles et même ils ont fait des courbettes devant lui. Il ne sert à rien d’insulter ou de vilipender, nous discutons dans le respect et avec plus de raisonnements convaincants.

 

6-      Selon vous, est-il possible que les mouvements politico-militaire tchadiens  peuvent-ils  encore espérer  à un changement du régime par la voie armée ?

-       M. Abdelwahid Aboud Mackaye : L’UFR est et restera la seule arme redoutable pour un changement au Tchad, soit par les armes ou par la voie pacifique (Dialogue) selon le désir de régime en place. Il faut relever ici que ce régime nous impose cette lutte armée (guerre) par son refus aveugle de dialoguer.  

7-     Certains analystes politiques tchadiens et étrangers soutiennent que le gouvernement  soudanais ait juste utilisé la rébellion tchadienne à des fins personnelles contre les mouvements d’opposition du Darfour et pour dissuader Idriss Deby, mais en réalité, il est  peu préoccupé par la situation politique et la gestion du Tchad que vous décriez. Quelle est votre appréciation des choses ?

-     M. Abdelwahid Aboud Mackaye : Il est vrai que la vie politique du Tchad ne concerne pas le gouvernement soudanais, c’est notre affaire à nous donc, c’est à nous de faire le changement et nous seuls. Donc cette décision du changement est sacrée et ancrée dans les cœurs de tous les réformateurs sociaux qui sont nos vaillants combattants et  nous sommes tenus d’aller jusqu’au bout.

 

8-      Croyez-vous à la normalisation des relations entre Khartoum et N’djaména ?

                                                 

-   M.Abdelwahid Aboud Mackaye : La normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan est à mon avis éphémère même si Khartoum prend cela avec beaucoup de sincérité. Il est impossible et quasiment impossible que M. Deby garde le scénario qui s’est passé avec Dr Khalil à l’aéroport de N’djamena, car ce sont des manœuvres pour tout ce qui a fait Dr Khalil pendant nos successives attaques contre le gouvernement, trouve qu’il a été très mal récompensé par Deby et ce dernier a vite compris et est immédiatement parti lui présenter des excuses et je crois qu’ils ont déjà tourné cette page et ont commencé leurs relations voilées et par personne interposée. Ceci dit, le MJE continuera la guerre à partir du Tchad bientôt et pour longtemps.

 

9-      Que reste-il à la rébellion tchadienne ?  

 

-          M. Abdelwahid Aboud Mackaye : Nous sommes cinq milles hommes bien entrainés et attendons avec impatience les derniers mots oui ou non pour une table ronde.

  10-   Quel schéma proposeriez-vous pour une sortie de crise au Tchad ?

 

-     M. Abdelwahid Aboud Mackaye : Ce qui est juste et raisonnable, c’est d’aller vers une table ronde inclusive qui sera pour nous et le régime,  une sortie honorable, dans le cas contraire, l’honneur ne sera plus divisible. Et je pense bien que cette question mérite d’être posée à Deby lui-même.

11-   Avez-vous un message à adresser à l’opinion publique nationale et internationale sur la situation sociopolitique du Tchad ?

 

-   M. Abdelwahid Aboud Mackaye : Le Tchad vit comme un paria entre les mains d’un seul homme qui reste imperméable au cri de la famine, de la détresse, nous demandons aux institutions internationales de venir au secours du Tchad. Et surtout à la France à qui sont attribués tous les maux de ce pays, (parce qu’elle n’a pas réussi son sevrage ou que sais-je), pas parce qu’elle est une puissance, mais plutôt parce qu’elle est notre métropole et nous attendons beaucoup d’elle. Car la France n’a pas droit fouler l’espoir du peuple Tchadiens et l’abandonner afin qu’il fasse appel à d’autres puissances….

 

12-   Quel est votre mot de la fin à nos lecteurs ?

 

-      M. Abdelwahid Aboud Mackaye : Nous dirons à tous vos lecteurs que la lutte pour un Tchad libre continue et nous restons fidèles aux aspirations profondes du peuple Martyr du Tchad qui sont la paix, la justice et l’égalité avant toute autre chose.

Je vous remercie !

  Interview réalisée par Makaila Nguebla