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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

"L'opposition actuelle, réduite à sa portion congrue, ne ne peut

qu"amuser la galerie" 

 

Au moment où les députés viennent d'être installés pour la troisième législture, le Député Fédéraliste Yorongar Ngarlejy passe en revue l'opposition à l'hémicycle ainsi que la configuration de l nouvelle Assemblée. 

  

Notre Temps :  Vous avez actuellement 4 députés seulement à l’Assemblée Nationale, que pensez-vous de la formation des groupes parlementaires état donné que des informations que nous détenons, il risque d’avoir deux groupes ?

Ngarlejy Yorongar : Rappelez-vous qu’en 1977, l’URD et l’UNDR avaient entre 15 et 21 députés et qu’en 2002, ils sont réduits, par le fait de prince, à moins de 5. Au Tchad, aucun parti politique y compris le Mps ne peut évaluer sa force sur le terrain à cause de la CENI et du Conseil Constitutionnel taillés sur mesure pour le besoin des fraudes électorales. Comme le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale fixe le quota à dix députés pour former un groupe parlementaire, je crois que vous avez la réponse vous-même à cette question.

Notre Temps : L’opposition n’ qu’une quarante députés dans la nouvelle Assemblée, quelles sont les marges de manœuvre dont elle dispose pour bloquer certains dossiers qui risquent de mettre à mal le bien être de l population tchadienne ?

Ngarlejy Yorongar : Ce n’est pas avec vingt huit ou vingt neuf députés que cette opposition hétéroclite peut se permettre de bloquer l’adoption des lois antinationales étant entendu que la minorité de blocage pour des lois organiques est d’un tiers (33 députés). Or, le Mps, à lui seul, dispose de deux tiers des députés à cette Assemblée Nationale, pour la plupart, «décrétés» aux fins de disposer de la majorité mécanique pour faire passer toutes les lois initiées par son gouvernement Mps. Donc, l’opposition actuelle réduite à sa portion congrue ne peut qu’amuser la galerie à la satisfaction de tous ceux qui, de l’intérieur ou de l’extérieur du Tchad, ont roulé leur mécanique pour que le Mps en arrive à ce résultat défiant toute concurrence de la République bananière comme la nôtre. Suivez mon regard.

Notre Temps : Quel est votre regard de la nouvelle configuration ?

Ngarlejy Yorongar : Des élections législatives et présidentielles de 2011 sont illégales à tous les points de vue. Elles ont accouché des députés et un président de la République totalement illégaux. Ceux-ci ne peuvent que poser des actes, tout aussi, illégaux, nuls et de nullité absolue. Pour preuves, les décrets pris par l’exécutif présidé par Idriss Déby pour organiser les législatives et les présidentiels sont frappé de nullité, d’irrégularités et d’illégalité, à savoir, entre autres :

Ø  le décret n°370 du 2-4-2010 portant désignation des membres des démembrements de la CENI est pris en violation des articles 16, 17 et 18 de la loi n°020 du 19-12-2008 portant création de la CENI pour défaut de ces démembrements sous-préfectoraux ;

Ø  le décret n°371 du 2-4-2010 portant désignation des Présidents des démembrements de la CENI est pris en violation des articles 2 et 4 de cette même loi n°020 pour le même défaut ;

Ø  le décret n°394 du 4-5-2010 portant nomination des membres des démembrements sous-préfectoraux de la CENI, lesquels ne sont pas prévus par la loi pour le même défaut ;

Ø  le décret n°446 du 4-5-2010 fixant l’indemnité mensuelle des membres des démembrements de la CENI étant entendu que les démembrements sous-préfectoraux ne sont pas prévus cette loi ;

Ø  le décret n°1073 du 18-12-2010 portant publication des listes électorales n’a publié que le nombre des électeurs en violation de l’article 19 nouveau du code électoral ;

Ø  le décret n°068 du 2-2-2011 portant publication des listes électorales des Tchadiens de l’étranger ne publie que le nombre des électeurs de l’étranger au lieu des listes électorales comme le prévoit le code électoral ;

Ø  le décret n°044 du 14-1-2011 portant publication de la liste complète des bureaux de vote n’a publié que le nombre des bureaux de vote en violation de l’alinéa 2 de l’article 38 du code électoral ;

Ø  le décret n°160 du 7-2-2011 portant convocation du corps électoral ne mentionne que le scrutin du 3 février 2011 et non des 24 avril et 25 avril 2011 en violation de l’article 64, alinéa 1 de la constitution et de l’article 34 du code électoral ;

Ø  le décret n°248 du 23-3-2011 portant publication de la liste complète des électeurs tchadiens de l’intérieur et de l’extérieur, liste prévue à son article 2 n’est pas jointe à ce décret etc.

De même :

Ø  la décision n°003/P.CENI/201 du 15-3-2010 portant nomination du personnel permanent du Bureau Permanent des Elections prise par le président de la CENI seul en violation de l’article 22 de la loi n°020 du 19-12-2009 sans qu’elle ne soit approuvée par la plénière de la CENI ;

Ø  l’’accréditation de la Coordination de la Mission d’Observation Electorale de la Société civile Africaine (COMOESCA) décidée unilatéralement par le Président de la CENI sans requérir la décision de la CENI,

Ø  le chronogramme adopté, le 9-10-2010, à la Présidence de la République sous la direction du Chef de l’Etat et non au siège de la CENI comme le dispose la loi n°020 ;

Ø  le protocole d’accord additionnel signé entre le président de la CENI et la l’Union Européenne sans l’avis de la plénière. Faut-il rappeler qu’IDI n’a pas démissionné de son poste de sultan de Dar Bilia comme l’exige la loi n°013 relative aux chefs traditionnels qu’il a lui-même promulguée etc.

Malgré tous ces griefs, le Conseil Constitutionnel n’a pas examiné notre recours en annulations en annulation des législatives et balaie d’un revers de main le recours en annulation des présidentielles. Et pourtant, le même Conseil Constitutionnel a annulé le décret n°229 de 2005 lors du référendum de 2005 créant ainsi une jurisprudence. Faut(il également rappeler que l Chambre administrative de l Cour Supprême se rend aussi coupable de déni de justice comme le Conseil Constitutionnel. De ce qui précède, si les leaders des partis politiques de l’opposition sont conséquents avec eux-mêmes, ils doivent rejeter purement et simplement les résultats de ces élections. Et exiger de nouvelles élections. Mais, hélas, ils sont tenus en laisse par le pouvoir pour avoir été coupables des affaires maffieuses lors de leurs navettes incessantes entre ledit pouvoir aux fins de brouter l’herbe là où ils attachés et l’opposition qui rongent ses freins ! Avec cette configuration-là, que peut faire cette opposition non compacte, non cohérente, non homogène, non harmonieuse, non militante ? Vous allez voir qu’ils allaient se bouffer le nez pour le partage des miettes que leur concédera au sein des bureaux et des Commissions de l’Assemblée Nationale.  Wait and see.