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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 
Vourboubé Pierre
 
L’actualité nationale ne rassure point depuis un certain temps. Mieux, elle nous donne du tournis lorsqu’on souhaite faire des projections à long terme, contraints que nous sommes de vivre sans scruter l’horizon. Et donc de gratter le sol comme des pauvres poules qui convoitent pourtant l’aigle, défiant les hauteurs.
Cette grisaille ne passera pas aussi facilement qu’un sale hiver. Née du manque de rêve et de vision de nos gouvernants qui gèrent la chose publique au quotidien comme les épices de la ménagère. Les conséquences de cette bévue retentiront longtemps sur la vie de la nation toute entière. Un présent rempli de douleur et d’amertume, un avenir incertain et définitivement compromis, tant que ceux qui nous gouvernent seront encore là. La décrépitude s’est durablement installé au point de faire mourir massivement de chagrin, de rendre malades quelques-uns et de mettre en péril  les efforts déployés pour nos progénitures, sinon leur vie même. Pendant qu’il est possible, si l’on s’en donne un tant soit peu les moyens et  si l’on accepte un dépassement de soi, de faire vivre à la communauté nationale des temps paisibles.
Nous ne le diront jamais assez, nos malheurs viennent de la mal gouvernance érigée par le MPS en système. Et cela est connu de tous, même de nos dirigeants. Quand même ceux qui conduisent notre destinée feignent d’avoir un programme politique, il est un devoir pour les citoyens que nous sommes d’avoir un droit de regard sur leur façon de nous diriger, et de les interpeller dès lors que la lisibilité de leur action ne rassure plus. Y’a-t-il adéquation entre leur parole et leur action ? Ne veulent-ils pas d’une chose et de son contraire à la fois ? Il est permis d’en douter et pour des raisons évidentes. Ils beuglent de tous leurs poumons qu’ils sont des constructeurs et démocrates. Dans les faits, ils détruisent la nation et entretiennent la dictature. C’est ce que nous sommes obligés de décrier tant : oui, entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font, il y’a des années lumières.
Dans sa dernière parution, le journal N’Djaména Hebdo, à travers son éditorial, se livre à une analyse déchirante mais sans équivoque du mal qui mine la cohésion sociale de la nation. Il semble qu’il a été voué aux gémonies par ces esprits obscurs qui ne supportent pas la critique constructive. Ils y ont vu l’invocation des démons de la division. Loin s’en faut. Ce journal rapporte là une infime partie de ce que nos gouvernants nous font vivre au quotidien. Le mal est tel qu’il fait des victimes dans le cercle même de la famille du Président de la République. Et c’est ici le sens de notre appel.
Les zaghawa, puisque c’est d’eux qu’il s’agit le plus, sont aujourd’hui stigmatisés au point qu’on en vient à penser qu’ils ne font pas partie de la communauté nationale. Les raisons sont simples. Celui qui a pensé et mis en musique cette ségrégation destructrice s’appelle Idriss Déby Itno lui-même. A cause de lui et de son incapacité à nous convaincre sur ses réelles motivations à faire renaitre le Tchad des cendres de la guerre et à l’engager sur la voie du développement durable, il a plutôt excellé dans l’art de la diversion, de la division, et de la destruction au point de faire voler en éclats tout ce qui fait une nation : des institutions fortes. Pour finir, il a inculqué aux zaghawa, peuple pourtant riche en culture et en réalité fidèle en amitié, l’idée qu’ils sont des surhommes et que les autres composantes de la nation leur sont tributaires. Aujourd’hui, les zaghawas, se sachant minoritaires, vivent à part et dans la peur. Lorsque nous parlons même de la communauté spirituelle musulmane dont ils font partie, certains de leurs coreligionnaires nordistes s’en méfient, faisant d’eux des parias. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les richesses qu’ils ont accumulées sous l’œil complice d’Idriss Déby Itno, ne sont pas investies dans le pays, mais mises en sureté quelque part, dans la crainte que, livrés à la vindicte populaire, ils y perdraient vie et biens. Ils se sont exclus de facto de la communauté nationale, quand même un grand nombre pensent qu’ils ne gagnent rien à faire bande à part. La méfiance ayant achevé de faire voler en éclat le peu de ciment qui nous tenait encore ensemble, fait qu’ils sont rejetés, et obligés à vivre en autarcie. La menace est pire que ce qui a fait éclater la guerre civile en 1979, puis qu’une génération entière a vécu ainsi les méfaits du manque de vision et l’incapacité à nous engager à vivre ensemble, qu’incarne la gouvernance débyenne. Les années qui viennent seront plus que difficiles.
Si donc Idriss Déby Itno, n’a en tête aujourd’hui que sa propre sécurité et celle de sa descendance immédiate, il importe bien d’attirer l’attention des autres composantes de la nation, et particulièrement ses zaghawa, sur ce qu’ils perdent tout à suivre Déby dans son égarement et sa logique suicidaire. Car 4 choses ruinent irrémédiablement la notoriété et la probité d’un homme. L’argent, le plaisir, la gloire et la réputation. Déby a goûté à toutes ces choses et cela l’a rendu débile. Rempli d’orgueil, il est devenu plus qu’arrogant.  Il n’a cure de la souffrance présente et future de ses compatriotes, fussent-ils de son ethnie. Une seule préoccupation le hante : continuer à vivre dans l’opulence insolente, les honneurs indus et l’isolement regrettable. Il ne cessera d’ignorer la réalité de cette vie difficile dans laquelle il a entrainé la nation entière, compromettant par là même l’espoir de voir le pays vivre la renaissance qu’il prône par méprise.
Il manque donc une seul voix au chapitre : celle qui appelle à sauver le Tchad de la destruction qui l’attend. A une seule condition que les Tchadiens s’entendent que seule la cohésion sociale et l’entente cordiale sont le ciment d’un lendemain qui chante. Cela est possible. Il nous faut regarder nos faiblesses en face, les admettre, les analyser, les assumer et les combattre. Il nous faut évaluer les défis, cultiver et aimer la vérité et le patriotisme. Il nous faut apprendre et respecter le droit à la différence. Il nous faut apprendre à garder le rang que nous ont procuré nos efforts à tous égards. Il nous faut apprendre à respecter la séparation des pouvoirs et l’expression du suffrage du peuple. Il nous faut être affranchi de la peur. Il nous faut oser penser un mode de société qui nous garantisse un avenir meilleur. Il nous faut oser demander à Déby et à ses acolytes de balayer le plancher. Nous n’en avons que trop souffert et cela ne saurait continuer. L’on ne saurait admettre qu’un individu, à cause de son égoïsme, hypothèque irrémédiablement l’avenir de toute une nation. Seul un sursaut national peut consacrer des efforts réparateurs des torts que chacun de nous et sans exception a vécu dans sa chair et dans son âme des affres de plus de 20 ans d’obscurantisme et de concupiscence. L’HEURE DU PRINTEMPS TCHADIEN A SONNE  et le ton est donné !