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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak


Dr Djimé Adoum,

Cet article s'inspire du commentaire posté sur le blog de Makaila relatif à l'article que nous avons écrit le 31 octobre 2009 et que nous avons intitulé - "tchad:  il est peut-être temps!"    L'auteur du commentaire qui a utilisé un sobriquet "tchadien" nous a traité d'"ignard".  Notre objectif n'est pas de polémiquer autour du fait que "tchadien" nous a traité ainsi mais nous aimerions seulement retorquer que l'étiquette "ignard" est mal placée.  L'auteur du commentaire est libre de son comportement.  Nous essaierons seulement de lui faire savoir le contexte qui nous a emmené à relever certains faits dans l'article précédent.

 

Nous avions fait un constat dans l'article précédent en remarquant qu'il se passe quelque chose de nouveau et d'extraordinaire au Tchad:  la lutte contre la corruption est entrain de faire des victimes même dans les hautes sphères de l'Etat, y compris le Dr Haroun Kabadi.  Compte de l'importance du gros bonnet, nous nous sommes posés une série de questions à savoir si c'est le début de la fin de la véritable kermesse du désordre, ou bien, allons-nous revenir à "business as usual?" 
 
Notre analyse était dénouée de toutes considérations tribalo-ethniques comme semble vouloir intimer "tchadien".  En effet, les fillets de la lutte contre la corruption ont déjà emporté les parents du Président Deby, en l'occurrence M. Abdelkerim Issakha DIAR, ancien directeur de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), et son oncle le Général Oumar Bahar, conseiller principal du Président.  Nous ne cherchons pas à verifier le degré de parenté du Président Deby par rapport à M. Diar et le Général Bahar.  Ce lien a été déjà établi par le site tchadactuel qui nous a déjà donné la quintessence en titrant  "1 nov 2009 ... Tel un chien enragé, Deby se retourne contre les siens et jette son conseiller principal, le général Oumar Bahar (Djargouy), au gnouf. ..." De ce qui précède,  "tchadien" peut en tirer quelques enseignements.
 
En effet la plus grande question reste toujours posée.  Pourquoi il a fallu tout ce temps pour vouloir rompre ou amorcer la rupture avec la kermesse du désordre?  Nous admettons qu'il est très difficile d'assembler les donnés quantitatives et fiables pour nous permettre de tirer les conclusions.  Mais cela ne nous empêche pas de faire quelques généralisations:
Ceux qui gravitent autour de la chose publique puisent d'abord pour leur famille et leur tribu.  De ce fait, les autres tribus se frustrent et manifestent leur mécontement.  A cet effet il faudra donc faire de la place pour eux.  Cette hypothèse est soutenue aussi par le nombre impressionnant de premier ministres et ministres (nous avons cessé de compter).
Les mécanismes de controle ont fait défaut.  C'est ainsi que l'octroi des marché était marchandé à raison de 10 pourcent de pot de vin.  Tout le monde y participe et en parle.  De ce fait, il nous est très difficile et innopportun d'indexer une telle ou telle tribu.  Beaucoup y ont puisé et c'est aussi pour cela qu'il est difficile de doigter un tel ou tel. 
 
Il y a aussi des personnes qui ont gravité ou qui gravitent toujours autour de la chose publique depuis l'avènement du MPS au pouvoir.  D'autres y sont restés longtemps et sont finalement parties en rebellion.  Pour autant que nous sachions, ceux qui sont partis en rebelliion l'ont fait après une longue quinzaine d'années.  Que ceux qui sont partis ou sont restés nous disent qu'est ce qui a fait que le pays soit perçu comme le plus corrompu de la planète?  Pour raffraichir la mémoire, nous situons le problème du Tchad à trois niveaux par rapport à:

  • Ceux qui détiennent le pouvoir
  • Ceux qui vendent les illusions et les trafics d'influence
  • Ceux qui sont attachés et qui broutent tous azimuts  

 
L'état de délabrement du pays serait donc dû en grande partie à la combinaison des trois concepts cités ci-haut.  Nous pouvons aussi intimer que nombreux sont de nos citoyens qui ont pris part au pillage systématique du pays.  Il est peut-être temps que commence le début de la fin de cette véritable kermesse du désordre.  
 
Peut-on espérer que cette nouvelle vague d'indignation puisse créer un déclic national susceptible de redefinir l'image du tchadien du 21e siècle comme un homme honnête et intègre?