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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Quand Idriss Deby, président Tchadien s’adresse au peuple ou à son homologue français, cela donne naissance à une large fumisterie. Paroles, paroles et  encore des paroles, Idriss Deby a compris le sens du terme populisme (journaliste française Nabila Hamdani).

Ahmat Zéïdane Bichara/Regards d’Africains de France

                    Prix Lorenzo Natali 2006-UE

 « Si la France veut à tout prix maintenir son armée au Tchad, elle doit payer l’espace qu’elle utilise », s’adressait Idriss Deby, le président tchadien le 11 août 2010,  aux journalistes locaux et internationaux  en conférence  de presse, organisée à l’occasion du cinquantenaire d’indépendance de son pays. Visiblement son discours n’a intéressé guère en France, notamment dans le microcosme politique, toutes tendances confondues. C’était juste comme une tasse  d’eau  versée sur le  dos d’un canard au moment où les français sont préoccupés par les vacances qu’à d’autres choses. Malgré la prégnance d’un climat politique en surchauffe à cause du discours controversé du président Nicolas Sarkozy à Grenoble. Personne n’est dupe de  cet amalgame entre immigration et délinquance qui vise simplement à soigner l’image écornée de la majorité qui peine à faire tourner la page de l’affaire Béthencourt ou  Eric Worth, ministre du travail  et  soupçonné de conflit d’intérêts.

Le président tchadien marche à côté de ses pompes 

Les autorités qu’elles soient françaises ou tchadiennes sont habituées à raconter des sornettes à leurs peuples. Ce n’est d’ailleurs pas une surprise, car le président  tchadien a l’habitude de marcher à côté de ses pompes. En politique, toute déclaration, tout discours si anodin soit-il cache une vérité. Si la présidence française a réagi timidement aux fameuses déclarations du chef d’état tchadien, c’est parce que monsieur Sarkozy avait compris que c’était juste l’ivresse politique qui a conduit son homologue à fumer la moquette.  Il a peut-être raison d’adopter une  telle posture face à son homologue qui est sur le gril. D’après les nouvelles en provenance du Tchad, des confrères de la presse présidentielle ou journaux locaux,  Deby pense avoir totalement éradiqué la rébellion armée de l’Est dont le Soudan en est la base arrière. La normalisation de ses relations  politiques avec son homologue  El-Béchir l’a conduit à penser qu’il est définitivement hors de danger. Bravo Deby ! Qu’il continue de rire à gorge déployée  aujourd’hui et on verra entre lui et El-Béchir, deux monstres politiques, celui qui rira le dernier ou du moins versera la  première larme ou mangera son pain blanc ? Ivre  de sa victoire et derrière ses  mots aux allures provocateurs, il paraît serein et donne l’impression d’être sûr de lui.

La France reste  et restera le gendarme de l’Afrique 

Le tchadien est à l’ouest comme d’habitude et ce n’est pas un casus belli.  De toutes les façons, danger ou pas, ce n’est pas  ce petit  Déby Itno qui va  prétendre renvoyer les troupes françaises du Tchad. Les journaux français des années 50 n’ont-ils pas écrit, d’ailleurs à juste titre que la France reste  et restera le gendarme de l’Afrique, même s’il fallait se servir des moyens immoraux. La France n’est-elle pas  psychologiquement malade de l’Afrique et particulièrement du Tchad qui lui permet d’avoir une position stratégique pour exercer son influence sur le Maghreb, le Moyen Orient et sur l’ensemble des pays africains. Deby doit savoir qu’en politique, rien n’est définitivement acquis. On n’est jamais à l’abri des surprises.  Les anciens royaumes, petits ou grands ont connu des périodes de turbulences, de prospérité et de déclin. Un cycle qui reste toujours valable pour les  Etats modernes administrés démocratiquement ou de façon autoritaire.

Un temps pour vaincre ses ennemis et un autre pour s’incliner 

Il y a un temps pour  vaincre ses ennemis et un autre  pour s’incliner, perdre le pouvoir avec tous les avantages qui s’y rattachent. Conscient de son avantage actuel, il sous-estime certes, la capacité de nuisance des rebelles affaiblis et aux abois, grâce aux soutiens massifs de la droite française  et d’Israël, sans l’intervention de laquelle, son pouvoir aurait été balayé par l’attaque foudroyante des rebelles sur la capitale tchadienne, Ndjamena le 2 et 3 février 2008. Il sait  parfaitement ce qu’il doit à ces mêmes troupes françaises et à leurs autorités politiques  en particulier. C’est comme en football, tant que l’arbitre n’a pas sifflé la fin du match, l’équipe potentiellement  sur le point de gagner la partie ne se laisse pas envahir par les sentiments de joie. Quelques fussent la nature des accords signés avec le gouvernement, un révolté le sera toute sa vie malgré le retour au bercail. Des exemples d’accords conclus sans lendemain sont nombreux. Ce qui rend difficile le retour définitif de la paix dans ce pays. L’espace politique ne fait aucune place ni pour la vérité, ni pour la religion. Tous ceux qui s’y engagent sont rarement des honnêtes hommes. C’est un monde d’idolâtres  et d’immoraux.  On est prêt à tout, même au prix d’un lourd sacrifice des êtres chers.

Une mascarade qui vise à faire diversion

Après ses retentissantes déclarations, Deby a sûrement joint au téléphone son mentor pour implorer son pardon, au cas où cela  aurait  pu choquer. Cette mascarade vise simplement à faire diversion, faisant croire au peuple tchadien qu’il s’engage à prendre ses distances avec les méchants français. Ces derniers considèrent encore le Tchad comme leur chasse gardée à l’instar d’autres pays francophones. Beaucoup des tchadiens prennent à rêver que rien ne sera plus comme  avant dans les rapports entre les deux pays. Pour les plus sceptiques, ils ne croient guère à cette farce qu’ils mettent sur le dos d’une prise de tête sous l’emprise de l’alcool. D’ailleurs, ce n’est un secret pour personne, puisque même les adolescents savent que  leur président est réputé consommateur d’alcools forts en provenance de certains pays occidentaux et de la Russie. On se demande si parfois sa cohorte des conseillers et communicants sont vraiment à la hauteur des  missions qui leur sont confiées. Ils se révèlent soit de piètres soit de dangereux conseillers qui savent parfaitement ce qu’ils font pour enfoncer le président actuel.

Fini la désinformation et la propagande communiste !

L’époque communiste caractérisée par la désinformation  et la propagande est révolue. Fini les mots crus et barbares, c’est le temps de la finesse et du tac politique.  Que Deby prenne le soin et le temps de réfléchir sur le bien-fondé des discours qui lui sont rédigés avant de les prononcer. Dites de sa bouche, cela engage la nation toute entière. En cas des maladresses commises, elles se paient cash dans le monde diplomatique. Convenons avec l’écrivain philosophe français Jean-Paul Sartres que « les mots sont des pistolets chargés ». Comme quoi, l’ennemi n’est pas loin de vous. Autrement dit, Deby est en danger et son pouvoir pourrait prendre brutalement fin, un soir ou  un matin. Ce n’est pas en suggérant aux membres de son clan de se marier à plusieurs femmes pour se multiplier qui changera la donne.  En réalité, tous les tchadiens ont marre de ce régime autoritaire, corrompu et partisan qui se maintient contre le gré du peuple. Les zaghawas  sont appelés à réfléchir à leur manière de gouverner le pays et de traiter les autres groupes ethniques. Aucune âme  n’est immortelle. Chacun doit rendre compte de ses actes tôt ou tard. Sachons enfin  « l’homme est poussière et il retournera poussière » dit la Bible.