Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

41787 10181518313 7109662 nQuand Deby corrompt les étudiants de Niamey

Jamais un évènement n’aura marqué les étudiants tchadiens au Niger. Chaque étudiant résident au Niger a reçu en ce jour 26 avril 2011 une somme de cent vingt cinq (125 000) mille FCFA chacun. Une aide sociale dit-on ! Les étudiants sont surpris d’une telle générosité de l’Etat vis-à-vis d’eux au lendemain des élections  présidentielles. Cela donne matière à réflexion, mais on prend les sous et on réfléchit après.

 

125 000 francs ! Quelle aubaine ! En tout cas les étudiants et élèves de Niamey n’ont pas dit non à ce bonus qui leur est tombé sur la tête. C’est deux jours providentiels de fête assurée pour certains, un sac de riz pour d’autres, en attendant l’approvisionnement des parents. Même si beaucoup se sont demandé ce que peut bien cacher cette somme dit « bonus ». Les étudiants au Niger depuis 2007 sont de ceux qui ne bénéficient pas assez des largesses de Deby et des membres de son Gouvernement. Ceux-ci distribuent de l’argent à tout bout de champ aux communautés tchadiennes à leur passage dans les pays visités. Cette grosse somme d’argent est celle qui vient après celle de la première Dame Hinda passée en 2007 au Niger et de Deby lui-même au sommet de la CILSS en 2008. Aussi dans le même panier, l’on compte celle du Premier Ministre, il y a quelques semaines à l’investiture du président du Niger. Si le partage de l’argent de Hinda n’a pas fait tâche d’huile, par contre les dix mille (10 000) Euro de Deby ont été le théâtre d’un conflit régionaliste ouvert entre les étudiants au Niger. En effet, ces 10 mille Euro ont été détournés par le Trésorier général de l’Association des étudiants qui a disparu avec cette somme. Malgré les tractations de l’Ambassadeur sortant et du Bureau des étudiants, ces sous n’ont pas été retrouvés. L’argent donné par le Premier Ministre de passage à Niamey qui était estimée à 800 000 FCFA a failli encore mettre le feu à la poudre. Selon le Bureau des étudiants, chacun devait avoir 1600 FCFA. Ces derniers ont refusé de se partager cette somme et se concertaient pour demander à travers une marche le départ de quelques diplomates véreux qui seraient entrain de bafouer leurs intérêts. Aussi, une commission de distribution de fonds est-elle venue en Afrique l’Ouest satisfaire la plupart des étudiants des autres pays à l’exception du Niger. Raison avancée: les étudiants résidents n’y sont pas organisés et pire ils ont détourné la somme que le Président avait remis lors de son dernier passage.

Cette fois-ci, les étudiants étaient pleins aux as, eux qui ne s’attendaient pas à pareille somme.

Pourquoi un tel geste de faveur ? La réponse serait loin d’être trouvée par les bénéficiaires qui ne se contentent, pour le moment que de cette manne tombée du ciel.

Mais, il serait important de rappeler que ces dernières semaines une tension régnait au sein des étudiants due au déchirement entre les membres du Bureau exécutif élu, soutenu par l’Assemblée Générale, et un groupe d’anciens membres qui ont, eux aussi, formé un Bureau parallèle. Pour arriver à un consensus, l’Ambassade a sommé les étudiants de fusionner les deux bureaux. Une fusion de circonstance pour étouffer une tension qui allait transparaître à l’arrivée du Premier Ministre. Une situation qualifiée d’illégale et illégitime par des nombreux étudiants, en désaccord avec le Bureau de l’Association, et n’adhérant pas à cette décision.

Des manifestations couvaient pour demander le départ de l’Ambassadeur et certains diplomates qui, selon les étudiants, apportent leur soutien au Bureau illégitime. Une telle tension certainement allait avoir des répercussions sur les élections et autres activités des étudiants et de l’Ambassade.

Rien n’était encore sûr à propos des élections qui étaient déjà sous la menace de boycott. L’engouement n’y était pas au même titre que la mobilisation du moins pas comme on l’aurait au Bureau de vote dans la matinée.

Cette somme qu’on prétend être une aide sociale dénote l’attitude du régime à utiliser tous les moyens même illégaux pour arriver à ses fins. Surtout la crainte d’un soulèvement en cette période électorale où le Régime a peur même de la toux de ses proches voire du mouvement de son ombre. Comme si se moquer tout le temps des étudiants ne lui suffisait pas, cette fois il humilie les fils de pauvres qui n’ont que la dignité qui leur reste dans le pays des autres.

 

Aujourd’hui encore, vouloir corrompre les étudiants, en appelant cela aide sociale, revient à dire que les étudiants jouissant des mêmes droits que d’autres, ne sont que des cas sociaux. Une insulte de plus que plusieurs, conscients de ce fait, sont loin de digérer.

Des étudiants qui se sont battus corps et âmes, passant par tous les moyens pour ne serait qu’avoir une bourse d’étude. Hélas, leurs efforts et ceux de leurs parents et connaissances sont restés vains. Pourtant, ils se retrouvent à l’étranger avec d’autres Tchadiens comme eux dotés de plusieurs bourses n’ayant pour seul souci que l’achat des diplômes. Ces Tchadiens qui narguent d’autres pour les avantages que leur octroie le pouvoir, pourront toujours continuer à le faire. Au fait, il s’agit ici des Tchadiens défavorisés encore loin de leurs parents qui se sont rués sur les 125 mille comme sur des bouts de pain parce qu’ils en ont besoin pour survivre quelques jours. La mobilisation impressionnante qui a caractérisée le retrait de cette somme laisse à poser encore la question de la misère que vit toujours les étudiants tchadiens à l’extérieur et par ricochet celle de leurs parents qui n’ont que des miettes pour assouvir les quelques besoins élémentaires de leurs enfants loin de chez eux, et devenus des cas sociaux.

 

Une situation dans la quelle hommes, femmes et enfants ont vécu pendant plus de 20 ans et décident aujourd’hui d’en découdre une fois pour toute lorsque la machine de tripatouillage des élections mise en place vient corrompre des jeunes qui savent ce qu’ils font et où ils vont. Ce n’est pas en achetant leur conscience qu’ils se diront satisfait de la gouvernance des 20 dernières années. Ils n’abdiqueront pas si leur volonté de dire NON est une conviction.

 

Source: étudiant tchadien