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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Compte-rendu de la conférence-débat centrée au tour du livre de Guy LABERTIT :

IBNI( 1949-2008) Une vie politique assassinée au Tchad. Préface de Théophile KOUAMOUO

Lieu : Centre BERNANOS Aumônerie Universitaire Catholique

                                    ( Par Jean-Prosper BOULADA) 

 

La conférence-débat centrée sur le livre de Guy LABERTIT, s’est bien déroulée comme prévue au Centre Bernanos.

Jean-Prosper BOULADA, au nom des trois modérateurs a été le premier à prendre la parole. Il a présenté à l’assistante Mme Khadidja SAHOULBA, la Représentante en Europe du Parti pour les Libertés et le Développement (PLD) et M Ferdinand OUSMANE son représentant dans la capitale européenne, Strasbourg.  Après avoir remercié l’assistance de sa présence, il a tenu à dissiper un malentendu tendant à faire admettre que Survie serait à l’initiative de l’invitation de Guy LABERTIT et serait probablement l’organisatrice. Ce qui est inexact.

Tout comme à Aubervilliers (région Parisienne) le 23 février 2013 où le même type de  conférence-débat a eu lieu, la Représentation  en Europe du PLD a organisé et organisera dans toutes les grandes villes françaises des manifestations à la mémoire de  IBNI, le  fondateur PLD, assassiné à N’Djamena, en février 2008 par le dictateur tchadien Idriss Deby Itno. A travers IBNI, ce sont tous les opposants tchadiens, personnalités de la société civile, assassinés par  les sbires de ce même dictateur que l’opposition tchadienne  veut rendre hommage. Le livre de Guy LABERTIT est venu à poing nommé. Guy est intimement associé à ces manifestations.

Jean-Prosper a rappelé que les liens de solidarité agissante entre une certaine gauche française et les militants africains de la première heure des mouvements de libération nationale, datent des années 70, à une époque où IBNI et bien d’autres intellectuels tchadiens progressistes vouaient une foi inébranlable en la lutte armée comme seul moyen de conquête de pouvoir politique.

IBNI fut le coordinateur d’un groupe révolutionnaire clandestin des intellectuels tchadiens qui travaillaient dans l’ombre à travers un cloisonnement strict pour prendre le pouvoir par un préalable de travail de conscientisation politique et idéologique au sein de la direction et de la base du mouvement de libération national tchadien.

Ce groupe s’appelait Groupe Mahamat Camara (GMC), en mémoire à ce jeune intellectuel tchadien, professeur de Mathématiques, incarcéré et mort dans les geôles du premier dictateur tchadien N’garta Tombalbaye, en pleine période de “révolution culturelle”, “du retour au source” par la pratique du « Yondo « d’où la nécessité pour N’Garta de substituer au PPT-RDA(Parti Progressiste Tchadien -Rassemblement Démocratique Africain) le MNRCS ( Mouvement National pour la Révolution Culturelle et Sociale), hérité de l’authenticité zaïroise du dictateur Mobutu Sessé Seko .

Guy LABERTIT fut le responsable ultérieur du GIT (Groupe d’Information sur le Tchad) et nouait tout naturellement de relations de travail de militantisme très intenses  avec IBNI. Cette voie de lutte armée fut pour le GMC une impasse. IBNI qui rompra tous liens organiques avec cette voie et les tenants de cette voie pour faire siens le concept et la pratique de l’alternance démocratique par le suffrage universel, a été rattrapé par son péché originel. En une brève vacance de pouvoir, le dictateur Idriss Deby Itno, retranché dans son bunker du Palais Rose, lui aurait reproché d’avoir pris langue avec les rebelles qui faisaient le siège de la capitale le 2 février 2008. Ce fut le drame.

Ce bref rappel est destiné à situer le contexte de cette solidarité entre une certaine Gauche française et les intellectuels africains ayant porté sur les fonts baptismaux la FEANF, précise Jean-Prosper  qui laissa la parole à Mme SAHOULBA. Dans une brève allocution, la Représentante en Europe du PLD, remercie l’assistance d’avoir sacrifié un samedi de repos pour honorer de sa présence afin de rendre hommage au Professeur IBNI, puis laissa la parole à Guy LABERTIT qui présenta son livre.

Le débat était houleux car pour l’assistance constituée à forte majorité par les Africains, la personnalité de l’orateur, de part sa proximité  avec le PS et les fonctions occupées au sein du parti, troublait. Mais Guy LABERTIT n’est pas comptable de tous les égarements de la Gauche et les résistants africains devraient jeter un regard sur son parcours qui lui a valu bien des inimitiés. Aussi le débat, après cette mise au point, s’était déroulé dans une ambiance  bon enfant car Guy, aux dires de  Jacques MOREL, est “très intelligent et maitrisait son sujet”.

Pour les plus soupçonneux du positionnement politique de Guy, ce dernier nous a fait une confidence: ses amis socialistes en pleine opération Serval, lui ont demandé de différer la sortie de son livre. Il leur a opposé une fin de non recevoir.

 Le fils aîné d’IBNI, HICHAM, était présent dans la salle. Dans une brève déclaration très émouvante, il a appelé tout le monde et particulièrement la jeunesse tchadienne à la mobilisation pour le triomphe des idéaux de liberté, de démocratie et de développement. Son message me fait penser à Stéphane Hessel, qui vient de nous quitter. Nous devons faire en sorte qu’”une vie qui nous indigne, fasse l’objet d’une attaque de notre part”. C’est une manière de rompre avec l’inaction, au devoir pour nous de témoigner aux générations futures.

De Survie, il n’y a que Jacques MOREL et Jean-Prosper BOULADA. Jacques a pris des notes. Il sera beaucoup plus complet s’il veut nous faire un compte rendu .

boutrad@neuf.fr