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Publié par Mak

A Conakry, Reporters sans frontières appelle les autorités à appliquer les lois sur la presse promulguées en 2010

Ahmat Zéïdane Bichara,prix Lorenzo Natali 2006/ Regards d'Africains de France-

Avec  l’arrivée au pouvoir par les urnes du professeur Alpha Condé on croyait que les choses allaient changées positivement à l’égard des journalistes guinéens, puisque lui-même l’avait maintes  fois déclaré qu’il est venu pour changer les choses et permettre à sa peuple de vivre en toute liberté. Malheureusement, les Reporters Sans Frontières constatent encore des difficultés énormes qui étouffent souvent certains journalistes  pendant leurs missions respectives. Dans un communiqué de presse parvenu à notre rédaction, le vendredi 27 mai 2011, les défenseurs des journalistes appellent les autorités à appliquer les lois sur la presse promulguées en 2010.

Dès aujourd'hui, à l'issue de leur mission, et avant de quitter le pays , les  responsables des Reporters sans frontières (RSF) invitent le président de la République, Alpha Condé, à s'affirmer comme garant de la liberté de la presse et du respect du pluralisme des médias.L'organisation demande au secrétaire général du gouvernement de transmettre sans délai les trois lois de 2010 à la Cour suprême qui examinera leur conformité à la Constitution et permettra leur publication au Journal officiel.Partant du constat que la Radio Télévision Guinéenne( RTG) a été saluée pour sa couverture équitable de la campagne présidentielle. Les responsables des  Reporters sans frontières(RSF) appellent les nouvelles autorités à veiller à ce qu'elle reste un média de service public accessible à toutes les forces politiques et dans lequel se reconnaît l'ensemble de la société guinéenne.Ils invitent le ministère de l'Administration du territoire et de la décentralisation à tenir un discours clair sur le respect de l'intégrité physique des journalistes et à sensibiliser les forces de sécurité au respect de leur travail, particulièrement lors de leur couverture d'une élection.Les Reporters Sans Frontières demandent aux autorités d'engager une réflexion sur le statut du journaliste en Guinée.Enfin, les défenseurs des journalistes encouragent les associations de journalistes à revendiquer collectivement l'amélioration de leurs conditions de travail (contrat professionnel, salaire minimum, etc.)

Guide pratique du journaliste en période électorale : En prévision des élections législatives qui devraient avoir lieu avant la fin de l'année, Reporters sans frontières mettra à disposition des journalistes le Guide pratique du journaliste en période électorale qu'elle a publié en collaboration avec l'Organisation Internationale de la Francophonie. Lors d'une entrevue au ministère de l'Administration du territoire et de la décentralisation, l'organisation a insisté sur l'importance du respect par les forces de sécurité du travail des journalistes lors de la couverture de la campagne et du scrutin.Reporters sans frontières publiera fin juillet un rapport qui précisera son analyse de la liberté de la presse en Guinée et détaillera l'ensemble des recommandations adressées aux autorités et aux médias. Et c’est Ambroise Pierre, le chef du bureau Afrique des Reporters Sans Frontières et  Gilles Lordet, le directeur de l’information qui ont décidé de livrer ces premières conclusions sur la situation des médias  en Guinée  lors d’une conférence  de presse tenue le vendredi 27 ami 2011 et adresser des recommandations aux autorités du pays à l’issue d’une mission de cinq jours qu’ils ont éffectué à Conakry. Pour Ambroisse Pierre et Gilles Lordet, les médias affichent une liberté de ton qui tranche parfois avec ce que l’organisation observe dans certains autres pays africains.

Plusieurs questions restent en suspens : Les membres des Reporters Sans Frontières constatent toutefois que plusieurs questions restent en suspens, suscitant des interrogations sur la volonté du gouvernement du président Alpha Condé  de consolider la liberté de la presse. « Amorçant une phase de transition qui, nous l'espérons, conduira le pays vers la démocratie, processus toujours long et fragile, nous souhaitons convaincre les autorités publiques de l'importance de la liberté d'expression comme valeur démocratique.La loi sur la liberté de la presse, celle portant création de la Haute Autorité de la communication (HAC) et celle sur l'accès à l'information ont été promulguées par le général Sékouba Konaté en juin et décembre 2010. Elles attendent toujours d'apparaître au journal officiel et d'être appliquées », déclarent les deux responsables.Par ailleurs, les Reporters Sans Frontières ont appris que trois journalistes ont été évincés, debut mai, de la présentation du journal télévisé de la Radio Télévision Guinéenne(RTG). L’organisation française pour la défense des journalistes s’interroge sur les raisons de cette décision qui leur a été simplement notifiée verbalement et demande des explications. Pour  la réussite de  leur mission,  Pierre Ambriosse et Gilles Lordet ont rencontré le collège du Conseil national de la communication(CNC), le président de la Cour Suprême, la présidente du Conseil national de transition(CNT), le ministre de la Justice, des responsables des ministres de la communication et de l’Administration du territoire et de la décentralisation, le secrétaire général du gouvernement, ainsi que les principaux acteurs de la presse et plusieurs associations de journalistes. Grâce à cette rencontre, les responsables de l’organisation de défense des journalistes  se réjouit de constater un climat apaisé  qui permet aux journalistes  de faire leur travail dans de bonnes conditions, et une vitalité nouvelles du secteur depuis l’élection présidentielle de 2010, malgré une nette précarité de la profession