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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Depuis l’avènement du MPS et d’Idriss Deby au pouvoir, le Tchad s’est doté de plus de « généraux formés » dans les grottes et dunes du septentrion que dans les écoles de guerre à travers le monde. Et ce sont ces « généraux assimilés » qui défient chaque jour le Général de Corps d’Armée du Tchad, le Président Idriss Deby, et l’autorité de l’état. Tous ces « gradés de la rébellion» qui gagnent des guerres à reculons dans l’est du Tchad sont en grande partie les « déçus » de la politique fantaisiste d’Idriss Deby de promouvoir des quidams à des postes de responsabilité pour deux jours et les remercier le troisième jour. Cette politique d’apaisement de  « Je mange, tu manges » entretenue par le président du Tchad en personne est la cause de cette pléthore de rébellions armées contre lui et son régime. Alors qu’on ne me dise surtout pas que ces « ennemis personnels d’Idriss Deby » à l’est du Tchad ont pris les armes pour nous libérer d’une dictature. Ca serait une bonne chose si cela se passe ainsi et si ces « ennemis personnels » du chef de l’état tchadien y croient vraiment. Mais depuis les événements d’avril 1975, et de HH à Deby Itno, nous, Tchadiens, sommes tellement habitués et fatigués d’applaudir des héros-bourreaux comme c’est toujours le cas chez nous. Donc, peuple tchadien, si « tu as conquis ta terre et ton droit », soit débout pour ta propre libération!

«Un problème n’est pas un problème s’il n’a pas de solution», chante banalement un artiste. Peut-on aujourd’hui dire que le problème d’instabilité politique au Tchad, avec soubassement de rébellions politico-ethniques armées, n’est pas un problème parce que les hommes et les femmes qui habitent ce pays d’Afrique n’arrivent toujours pas à trouver de solutions adéquates à leur quiproquo politico-militaro-ethnique ? Comme beaucoup le croient,  la solution viendra-t-elle  vraiment après toute victoire sur Idriss Deby Itno (IDI) et son armée clanique? Ou bien, les chefs de rébellions ethno-clanique armées vont-ils décider d’eux-mêmes de s’asseoir sur leurs armes un beau jour et nous faire la paix sans trompette ni tambour à l’est de notre pays où le soleil tarde à apparaitre pour une catégorie de « libérateurs » du peuple tchadien?

En fait, les Tchadiens aspirent à la paix, mais ils oublient tous que la paix demande de sacrifices de bonne foi. C’est aussi « une culture et un comportement » comme nous rappelait feu Talino. Parlant de comportement, le président Goukouni Weddeye ne cesse d’attirer l’attention des Tchadiens à ce niveau. Malgré sa « révolution » contre le pouvoir d’antan du Tchad, il a compris au fil des ans que les mobiles qui l’ont poussé à prendre « le fusil » contre le pouvoir d’état ne servent plus ! Liant l’acte à la parole, il a publiquement brulé des armes, fait des médiations, a décidé de rentrer définitivement au bercail et enfin a remis son « premier fusil de combat » à l’actuel président en guise de rachat personnel devant le peuple. Mais IDI et compagnie comprennent-ils la vraie portée de ce « fusil historique » qu’ils décident de ranger simplement au musée national ?

 

Au lieu d’en faire une lecture de paix, les mauvais esprits et les démons de la guerre au Tchad en voient une faiblesse, trahison ou soumission à une dictature. Voilà encore la mauvaise foi de certains Tchadiens à travers cette lecture simpliste des gestes de cet ‘ancien maquisard’ tchadien reconnu des media internationaux. Cependant le site de la présidence a bien compris la portée du dernier geste de Goukouni. Il rapporte, « La cérémonie de ce vendredi 15 avril a un caractère symbolique et elle restera inscrite en lettres d’or dans les annales du pays. En effet, l’ancien président Goukouni Weddeye a remis au Chef de l’État IDRISS DEBY ITNO, par l’entremise du médiateur de la République Abderahman Moussa, le tout premier fusil qu’il a utilisé aux premières heures de la rébellion dans son maquis du Tibesti » (Source:presidencetchad.org). Ngarta n’est plus ! Malloum a quitté le pays croyant laisser les Tchadiens trouver leur paix. Il y est revenu et y est mort sans voir la paix. Habré a dit au micro de RFI « Si Deby veut le pouvoir, je le lui laisse ». Aujourd’hui, c’est ce que Deby fait du pouvoir d’état qui chauffe les esprits au Tchad. Sinon pourquoi la guerre continue-t-elle au Tchad sans ses initiateurs des premières heures ?

 

La mauvaise gestion du pays par IDI et compagnie serait-elle vraiment à l’origine du foisonnement de bandes armées à l’est du Tchad ? J’ignore personnellement les noms de cette myriade de rebellions. Et je ne vois pas les mobiles politiques, voire le bien fondé de la cause du sacrifice dont une grande partie de la jeunesse tchadienne du septentrion consent contre ce régime ou contre le Rais de N’djamena. Un petit calcul pourrait dire qu’il y a actuellement plus de « révolutionnaires armés » au Tchad que dans n’importe quel pays du monde en guerre contre lui-même. Bref, peut-on bâtir l’avenir politique d’un peuple sur de la haine personnelle ? Ou bien, pourquoi n’y a-t-il pas jusqu'à là une prise de conscience des  soi-disant « leaders de l’opposition armée » quant aux générations de jeunes Tchadiens du septentrion qu’ils continuent à transformer en chair à canon  pour des causes et mobiles de « libération nationale » dont eux tous ne maitrisent pas individuellement les conséquences? Il est alors temps, pour les esprits éclairés parmi les politico-militaires ou rebelles, de réfléchir pour trouver de solutions au problème d’instabilité politique au Tchad. Ce dernier temps, les indices de paix sont là, mais seule la mauvaise foi écarte les uns et les autres du chemin de la paix que nous invoquons dans nos discours, causeries, écrits et pleurs etc. La preuve, l’accord de paix entre le Soudan et le Tchad a créé une panique parmi les rebelles tchadiens et les a poussés à chanter pour une négociation de paix avec le pouvoir de N’djamena.

 

Par ailleurs, le gouvernement tchadien a lui aussi demandé aux rebelles tchadiens de déposer les armes avant toute négociation. C’est la raison de l’immobilisation des rebelles Tchadiens au Soudan, dit-on. Même si je ne suis pas militaire, il y a une différence entre demander à l’ennemi de cesser le feu (pour négociations) et demander à l’ennemi de déposer les armes (par signe de défaite, faiblesse ou capitulation). Voilà peut-être le dilemme que le pouvoir de N’djamena crée aux rebelles (Tchadiens) tout en les invitant au dialogue inclusif ou élargi pour  la paix par émissaires interposés à Khartoum, Soudan. Cependant, les correspondances, communiqués et réactions écrites contradictoires des rebelles ou leurs représentants en occident disent long sur l’aventure guerrière au Tchad et l’avenir d’une paix nationale dans le pays. Du moins, beaucoup reconnaissent parmi les rebelles qu’il y a de combattants sur les terrains, mais pas de « leaders » !!! Alors quel est l’avenir d’une armée ou d’une révolution sans leader ?

 

Le mois d’avril 2010 nous révèle ce que le peuple tchadien, s’il en existe, doit faire pour pousser les uns et les autres à la table de dialogue ou de réconciliation nationale. Pourquoi Idriss Deby aime-t-il faire la réconciliation au cas par cas ? Cela témoigne-t-il qu’il reconnait que ces bandes armées ont des griefs personnels, et non politiques contre lui? Ou bien, ces rébellions sont-elles sciemment entretenues par IDI pour se maintenir au pouvoir au Tchad ? Tout compte fait, la fatigue et l’épuisement gagnent les milieux rebelles à l’est. Ce n’est pas le réveil du FPRN – ce énième regroupement de rebelles tchadiens - qui doit détourner les attentions. Car le mois passé, nous avons appris sur les blogs que Mahamat Nouri a refusé d’organiser un congrès demandé par ses combattants-militants. Et Timan Erdimi est exclu des terrains de combats par ses propres éléments. Et un communiqué signé par un certain Alhadj Mahamoud Ali du ‘Frolinat Fondamental’ demandait au pouvoir de N’djamena d’organiser une transition de deux ans et que sa bande comptait regagner le pays sans procès « pour participer aux prochains élections municipales et présidentielles ». Bien décidé et dit !

Cependant, les correspondances d’Albadour Acyl, SG du CDR et celui d’un certain Nationaliste Tchadien, tous deux publiées par le blog de Makaila (04/18/2010), épluchent les micmacs des leaders de rébellions armées, les défaillances de la soi-disant « résistance nationale » ou UFR ainsi que les soubresauts et autres mécontentements parmi nos « libérateurs » à mains armées à l’est du Tchad. Tout de même, le récit de Mr. Albadour Acyl du CDR  semble très intéressant parce qu’il comprend ce dont le peuple tchadien attend de ses « libérateurs » à mains armées pour espérer la paix: une conférence de réconciliation organisée par la Libye et parrainée par les instances internationales – CEN-SAD, UA, ONU, USA, France etc. A défaut de s’asseoir sur leurs armes, les rebelles et IDI nous montrent qui peut faire la paix au Tchad à leur place. La carte est jouée et on attend le tour du peuple tchadien avant les présidentielles de 2011.

 

Laounodji M.Monza

Washington DC

E-mail: laoumonzal@yahoo.fr