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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Au Tchad, l’alternance n’est pas pour demain

Dans notre pays, ni le pouvoir constructif, ni une opposition constructive capable de s’organiser et de s’entendre pour les grandes orientations en matière de politique nationale existent. Chaque leader de l’opposition ne voit devant lui que ses intérêts personnels et non les problèmes réels du pays qui exigent le dépassement des rivalités personnelles, ethniques, religieuses ou régionales. Tous voient à travers les élections un moyen d’avoir de la promotion et non une occasion pour faire sortir les Tchadiens de la misère  profonde  dans laquelle ils sont tous plongés, qu’ils sont soient du nord, du sud, de l’ouest ou de l’est du Tchad. Un exemple pertinent, du manque de la cohésion au niveau de l’opposition et de la volonté des uns et des autres d’avoir les honneurs présidentiels, vient du sud du pays où les cinq préfectures les plus peuplées du pays ont présenté sept candidats à la présidentielle (Kamougué, Kebzabo, Alingué, Yorongar, Kassiré, Naïmbaye, Romba), sans oublier ceux dont la candidature a été rejetée comme Adoum Maurice Helbongo et Fidele Moungar. Au nord aussi pas d’entente pour résoudre les difficultés communes. On se cantonne autour des rivalités personnelles et régionales.
C’est donc sous ce climat de manque de stratégie globale de l’opposition que le premier tour de l’élection présidentielle du 2 juin a eu lieu. Déby était sur le plan national mal placé pour remporter la compétition électorale, mais encore fallait-il que l’opposition soit unie pour déjouer les manœuvres des tenants du pouvoir. En effet, après le premier tour, tous les leaders de l’opposition ont crié « au voleur », en déclarant ouvertement que la présidentielle de Juin 1996a été truquée de mille et une façons par Idriss Déby. Même s’il y avait des irrégularités dans le déroulement du scrutin que peut faire une opposition dont les responsables ne sont pas conséquents avec eux-mêmes en pensant à leurs propres intérêts face à un pouvoir qui bénéficie de tous les soutiens extérieurs nécessaires et disposant d’une armée privée plus puissante que l’armée nationale ?  
A la présidentielle de 1996, M. Kamougué a occupé le second rang et il va au second tour avec Idriss Deby. Au lieu de se coaliser avec lui au nom de la solidarité de l’opposition, nos pseudo-opposants ont soutenu Deby moyennant quelques enveloppes, quelques prébendes. Parler d’alternance au Tchad est un rêve lointain, mes chers compatriotes. Mais ce n’est pas une raison de baisser les bras devant ce régime sanguinaire qui, par des moyens occultes, élimine la crème intellectuelle de notre pays.

Al-Hadj Garondé Djarma