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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Plus analphabètes, moins couvertes médicalement, soumises au mariage forcé et précoce, condamnées à l’excision, les femmes tchadiennes dans leur ensemble vivent des formes variées de discrimination et de souffrances. Leur bien-être est aussi affecté par l’infection au VIH/SIDA, le non accès à l’héritage et le poids de la pauvreté.

 

Le mariage précoce

 

Concernant le mariage précoce, les résultats de Enquête démographique et santé Tchad (EDS-II 2004) ont montré de manière nette que les femmes tchadiennes se marient très jeunes. En effet, plus d’un tiers (35%) des femmes de 25 à 49 ans s’étaient mariées avant l’âge de 15 ans. À 25 ans, la quasi-totalité des femmes tchadiennes (97%) avaient déjà contracté une union. Par ailleurs, les résultats ne font apparaître aucune modification du calendrier de la primo nuptialité au fil des générations : selon l’enquête 2004, l’âge médian à la première union des femmes entre 45 et 49 ans (15,9 ans) est pratiquement identique à celui des femmes entre 20 et 24 ans (16,0 ans). De plus, les résultats ne semblent pas montrer une quelconque tendance à la diminution des mariages précoces : 36% des femmes de 30 à 34 ans étaient déjà mariées à 15 ans exacts contre 34% parmi celles entre 25 et 29 ans, et 35% parmi celles de 20 à 24 ans à l’enquête.

 

L’héritage

 

En ce qui concerne l’héritage, une proportion de 33,9% des femmes urbaines déclarent ne pas pouvoir hériter de leurs parents, à cause de leurs oncles (enquête de 1999). Si le Code civil a prévu des dispositions favorables concernant l’héritage au profit de la femme, le droit coutumier animiste a plutôt institué une injustice à l’encontre de la femme en la matière. La coutume musulmane est plutôt favorable à l’égard des femmes auxquelles elle accorde une portion de l’héritage légué par leurs parents ou leurs proches, même si elle est discriminatoire en faveur des garçons.

 

Quant à l’héritage d’un mari, seulement 5,8% des femmes mariées interrogées pensent pouvoir l’obtenir ou l’ont obtenu pour elles-mêmes, contre 29,7% grâce à leurs enfants. Une proportion de 4,3% des femmes pensent ne pas pouvoir hériter parce qu’elles sont stériles, et 14% à cause des obstructions des parents du mari. Le Code de la famille et des personnes qui est en chantier devrait prendre en charge le rétablissement de l’égalité des sexes dans ce domaine.

 

L’excision

 

L’excision, passage obligé pour la famille dans plusieurs ethnies, constitue également une violence contre la femme et affecte leur santé. En effet, selon les récentes données de EDS-II 2004, près d’une femme sur deux (45%) a déclaré avoir été excisée.

 

Les comparaisons édifiantes

 

En essayant de comparer la situation de la femme à travers les indicateurs de quelques pays africains, on se rend compte de la réalité difficile que vivent les tchadiennes. Au Tchad, le taux de fécondité est estimé à 6,3% en 2005 alors qu’à l’Ile Maurice il n’est que de 2% en 2004.

 

Au Tchad, le taux de mortalité infantile est estimé à  117 pour 1000 naissances vivantes (2003). Les Seychelles est le pays qui a le taux de mortalité infantile le moins élevé, avec 12 pour 1 000 naissances vivantes (2004). C’est à Maurice que l’on trouve le deuxième taux le moins élevé, à 14 pour 1 000 naissances vivantes.

 

Au Tchad, le taux de mortalité maternelle est estimé à 827 pour 100 000 naissances vivantes (1996). Les pays qui ont la plus faible mortalité maternelle sont Maurice, avec 24 pour 100 000 naissances vivantes, et le Botswana, avec 100 pour 100 000 naissances vivantes.

 

Le taux d’alphabétisation des femmes au Tchad est estimé à 38%. Le pays qui a le taux d’alphabétisation des femmes le plus élevé est les Seychelles, à 92%. De plus, le Tchad demeure le pays qui a la plus faible proportion de maîtresses du primaire avec 11%. Les Seychelles sont le pays qui a la plus forte proportion de maîtresses du primaire, à 86 %.

 

Par Edmond Dingamhoudou, edingamhoudou@worldbank.org