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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Dr Ali Gadaye, ancien ministre tchadien. Actuellement, opposant en exil.

 

Tout observateur averti de la situation au Tchad, serait tenté de conclure que l’élite tchadienne constituée de nos illustres cadres est ballottée entre un fatalisme ambiant et une résignation choisie.

En effet, le silence ou plutôt l’hibernation profonde observée par l’élite tchadienne frôle la limite de l’indifférence.

Rappelons que l’élite d’un pays constitue la crème du peuple. Elle a, à cet effet un rôle d’avant-garde. C’est à elle que revient le devoir de développer une conscience nationale.

Pour réaliser un tel objectif, elle peut utiliser divers moyens :

a)     Tout d’abord les organisations de la société civile constituée par :

 

-         les organisations syndicales ;

 

-         les organisations de défense de droits de l’homme ;

 

-         les organisations de défense de l’environnement ;

 

-         les associations culturelles ;

 

-         les associations sportives etc…

 

b)    Ensuite les partis politiques.

 

Ces moyens sont, soit mal utilisés à cause d’un encadrement défaillant ou d’un programme mal conçu, imprécis et donc difficile à être internalisé ; soit que ces moyens sont investis par des opportunistes mus par le souci d’émerger et ensuite troquer cette notoriété par un strapontin proposé par le pouvoir ; soit enfin que l’objectif de ces organisations de la société civile voire celui des partis politiques fut biaisé suite à une infiltration de leur direction par des agents du pouvoir dont la mission est le sabotage en créant des fausses dissensions entre membres susceptibles de conduire à la sclérose de l’organisation infectée.

Ces maux sont accentués par une indifférence prononcée de l’élite eu égard à une entreprise de mobilisation et de sensibilisation, justifiée (indifférence) par la crainte de perdre un privilège quelconque ou par pure désintéressement vis-à-vis de la chose publique. C’est un égoïsme qui ne dit pas son nom.

Où sommes nous ? Bien entendu nous sommes au Tchad. Est-ce notre chère élite se remémore un peu de ce que fut le frolinat dans sa genèse. En effet, le frolinat était le premier mouvement a voir le jour en

Afrique pour lutter contre la néo colonisation. C’était en 1966. C’est-à-dire que le frolinat était né six (6) ans après l’indépendance nominale du Tchad. C’est déjà à cette époque que les premiers cadres tchadiens avaient cette maturité politique reflétée par le refus de la néo colonisation qui est en fait le prolongement de la colonisation par autochtones interposés. Nous sommes en droit d’attendre de notre élite actuelle un rôle plus éclatant qui dépasse les frontières nationales grâce à un attachement profond aux valeurs sur lesquelles reposent la démocratie et la bonne gouvernance.

Comme dit l’adage : ‘‘ vaut mieux tard que jamais’’ ; l’élite tchadienne se doit de prendre le taureaux par les cornes afin de créer les conditions objectives pouvant conduire le peuple tchadien à bon port.

Cinquante (50) ans de dictature, d’instabilité, de violence de tout genre et de lourds sacrifices, doivent être capitalisés par une mémoire collective initiée et dirigée par l’élite tchadienne pour gommer à jamais l’image négative collée sur le dos de tout tchadien.

 

Fait le 30/10/2010

 

Dr. Ali Gaddaye