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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Bonjour Makaila, d'abord félicitations pour ton blog. Je t'envoi un article sur l'extradition de Hissein Habré, merci de le publier.

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Extradition de Hissein Habré, quel défi pour le Tchad !

 

Depuis 10 ans que le collectif des victimes du régime de Hissein Habré (HH), soutenue par la « communauté internationale », demandent l’extradition de ce dernier vers Bruxelles pour qu’il soit jugé, le Président Wade n’a jamais daigné même lever le petit doigt pour que cela se fasse. Pourquoi alors le Sénégal décide maintenant, de façon aussi subite, de répondre à l’appel qui lui est lancé depuis plus d’une décennie ?


Les récents évènements au Sénégal ne sont certainement pas étrangers à cette décision d’un amateurisme grossier. En effet, le Président de la République du Sénégal n’a dans son viseur ces derniers temps, que sa réélection en 2012. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela se présente très mal pour lui. Le 23 juin dernier, les députés sénégalais devaient examiner un projet de réforme constitutionnelle instigué par le Président Wade et dont une des mesures phares stipulait qu’un « ticket » président-vice-président  pouvait être élu dès le premier tour en ne recueillant que 25% des voix. Face à de violents heurts dans les rues de Dakar ce jour, une protestation farouche de l’opposition et de la société civile, le Président Wade a décidé, en catastrophe, de retirer le projet de réforme constitutionnelle.


Bien entendu, il ne s’agit pas ici de dire s’il faut ou pas que Habré soit extradé, mais de dénoncer l’opportunisme indécent des hautes autorités sénégalaises pouvant avoir des conséquences déstabilisantes pour notre pays.


En effet, au vu des pancartes portées par les manifestants et sur lesquelles pouvait-on lire, entre autres, « Wade go », « Wade dégage », « Touche pas à ma Constitution »…, l’on mesure la détermination des sénégalais à voir partir leur Président en 2012. Ayant mesuré l’ampleur de cette amertume générale, ce dernier joue toutes ses cartes en multipliant les actions visant à satisfaire la «communauté internationale ». Car, n'oublions pas que le Président sénégalais est parmi les rares chefs d’Etats africains qui ont reconnu la CNT en Libye, il est, à ce jour encore, le seul à avoir été à Benghazi et demandé au Colonel Kadhafi de partir.


Pour avoir une idée du type de contrepartie qu’attend Abdoulaye Wade de la part de la « communauté internationale », il est utile de rappeler l’initiative qu’aurait prise Karim Wade, le fils du Président sénégalais, le soir des émeutes  contre les coupures intempestives d’électricité dans la capitale sénégalaise et sa banlieue, dans la nuit du 27 juin 2011 (soit 4 jours après les protestations contre la réforme constitutionnelle). Selon Robert Bourgi, l'officieux « conseiller françafrique » de Nicolas Sarkozy, Karim l’aurait appelé cette nuit-là « paniqué », pour lui demander une intervention militaire de la France !


HH doit être jugé pour les crimes commis sous son régime et justice doit être rendue aux victimes et à leurs familles. Mais dans le contexte actuel, le Tchad est-il prêt pour accueillir un tel procès ? La réponse est clairement non ! Tout d’abord pour une question de timing, le Président sénégalais ne peut pas appeler un bon matin pour dire que 4 jours plus tard, il extrade Habré vers le Tchad.


Cette extradition qui semble n’être qu’une manœuvre électoraliste d’un président sénégalais de plus en plus impopulaire, peut sérieusement compromettre cette paix fraichement retrouvée par notre pays et cette bataille pour la réconciliation nationale que nous sommes en train de gagner. Un tel procès, c’est-à-dire où sera jugé l’ancien Président tchadien, requiert des préalables vitaux pour la cohésion sociale et la paix au Tchad. Un travail pédagogique pour expliquer au grand public, surtout aux jeunes, qu’il ne s’agit pas d’une vengeance, une humiliation ou quoi que ce soit de ce genre, mais d’une justice qui doit être rendue et qui se doit d’être irréprochable comme l’ont toujours réclamé les familles des victimes.


Par conséquent et pour conclure, si le pouvoir judiciaire tchadien estime que ces conditions sont réunies (ce dont il est permis de douter pour l’instant), alors pourquoi pas une extradition de HH demain ? Mais s’il y a ne serait-ce qu’une once de doute par rapport à ces préalables, alors les tchadiens doivent exiger plus de temps pour se préparer, ou tout simplement abonder dans le sens de Reed Brody (responsable de Human Rights Watch, avocat des victimes) qui espère que le Tchad prenne à son tour la décision de renvoyer HH vers la Belgique. Car, il y va de la mémoire des victimes et de la stabilité de notre pays.


Au lieu de courir après une "communauté internationale" qu'il croit pouvoir lui sauver son siège, le Président sénégalais devrait plutôt commencer à accorder un peu plus d'égard à son peuple et répondre à ses besoins, parce dorénavant les choses sont entrain de changer.


Que le Tchad et les Tchadiens soient protégés des manigances désespérées d’un Président sénégalais à la déroute.  


M. M.