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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

idriss-deby

 

Et si les experts nationaux mentent au Président de la République au Tchad sur les indicateurs de la santé au Tchad!

   Depuis 6 mois, une réunion mensuelle sous la houlette du Chef de l’État est organisée en vue d'améliorer les indicateurs de la santé au Tchad. C'est une initiative à encourager mais il se pose la problématique de la sincérité de nos experts de la santé, une fois devant le PR.
  La dernière réunion du 04 avril 2012 (c'est la 5°) des experts nationaux et internationaux (OMS, UNICEF...) autour du chef de l’État laisse entrevoir des contrevérités sorties de la bouche du Ministre tchadien de la santé, Dr Mahamoud Nahor Ngawara. En effet il est publié sur le site de la présidence que le Ministre affirma:   

" pour l’année 2012, aucun cas de choléra n’a été enregistré, alors qu’en 2011, 17.000 victimes ont été recensées, 3 cas de polio pour 2012 contre 15 l’année derrière, en 2011"!

  Cette dernière déclaration est fausse car en 2011, il y a plus de 50 cas de polio au tchad dont 48 cas ont été confirmés par des prélevements envoyés à Yaoundé selon les sources du Programme élargi de Vaccination (PEV)! Alors pourquoi un homme de la trame de Dr Nahor Ngawara, Médecin clinicien respectable et ministre de son état a pu prononcer un tel déni de la réalité sur la poliomyélite dans son pays? Veut-il plaire au bailleurs de fonds  qui aiment tripatouiller les chiffres sur nos souffrances au gré de leur interêt? Pourquoi anticiper sur le choléra alors que cette maladie survient en saison pluvieuse? Sommes-nous déjà en cette saison? Au lieu de parler des mesures prises pour prévenir la maladie, il se perd dans un auto-satisfécit béat, jouant simplement sur des chiffres faux pour berner le Président de la République.
   Par ailleurs il se pose un réel probleme dans la gestion des vaccins, surtout au niveau de la chaine de froid dans un pays où l'electricité est une leurre. Les compagnes de vaccination sont une véritable source d'enrichissement et les ressources financières partent dans les locations des véhicules usés qui n'atteignent souvent pas les enfants cibles à vacciner. Aller côtoyer le PEV lors d'une campagne de vaccination, en face de Novotel et vous verrez la ruée des commis de voyage et autres "copsandji" qui louent des vieux tacots qui entravent le redéploiement des vaccins dans les zones reculées.
   Les superviseurs des campagnes de vaccinations sont des gens coptés sur le tas et n'ont aucune conscience dans la conservation des vaccins dont certains nécessitent une température de 4° ou 8°C. Ces vereux "superviseurs" utilisent de thermos inadéquats pour convoyer des vaccins dont le principe actif (germe atténué) est déjà détruit en cours de route par la rupture de la chaine froide.
   Quant au VIH, il est noté que le Tchad investit 1milliard de nos CFA pour la gratuité des ARV, en plus des ressources allouées par le FOND MONDIAL,  mais cela suffit-il quand les prescripteurs des ARV (quelques médecins véreux qui en font leur spécialité) sont mal formés, n'arrivent pas à gérer les complications liées à ces mêmes ARV dont certains ont une toxicité prévisible et à prévenir? Prescrire un ARV n'est pas une urgence chez un sidéen et de nombreuses maladies opportunistes sous-jacentes nécessitent un diagnostic, une prise en charge adéquate avant l'initiation d'un ARV!! En plus le plateau technique de nos hôpitaux manquent cruellement les appareils, machines et les labos capables de diagnostiquer certaines de ces maladies opportunistes (toxoplasmose neuromeningée, cryptococcose cerebrale, pneumocystose avec analyse de LCR, recherche des germes oppotunistes en général...). Ne faudra-t-il pas investir dans les techniques de diagnostic en formant de vrais techniciens et médecins avant de crier à la gratuité des ARV et investir tant des sous dans ces médicaments toxiques et dont les stocks sont mal gérés et périment parfois ou très souvent dans les entrepôts de la Pharmat du Tchad?
   Concernant le Paludisme, la lutte antivectorielle contre les moustiques passent par l'assainissement des villes et le tarissement des nids de réproduction de ces moustiques anophèles mais hélas toutes nos villes couvent des mares à ciel ouvert. Cette lutte est pluridisciplinaire et concerne plusieurs départements et pas seulement le Ministère de la santé. Il ne suffit de distribuer seulement des moustiquaires imprégnés et des antipaludiques à type des ACT promus par des laboratoires pharmaceutiques à but lucratif. De nombreux antipaludiques sont en péremption à la pharmat du Tchad (encore!) et commandés par des personnes qui ont eu leur part de détournement dans l'octroi des marchés. Il faut se poser la question sur l'authenticité de ces antipaludiques fabriqués en Inde ou Nigeria, sans passer par des firmes respectables.
  Quant à la Tuberculose, c'est un réel capharnaüm. Cette maladie tuera encore de nombreux tchadiens compte tenu de la politique hasardeuse que mène le Ministère qui ne forme ni de pneumologues et phtisiologues  et ne construit pas des structures spécialisées en cette maladie ravageuse. Les malades toussent, épandent les BK et ne sont jamais mis à la quarantaine ou à l'isolement. Chaque un malade tuberculeux contamine 14 entourages et devinez les dégâts!
  Pour finir, je lance un cri de coeur pour que les milliards alloués aux Programmes de lutre contre le Paludisme,  la Tuberculose et le Sida soient judicieusement utilisé en tenant compte de la formation des personnels soignants en qualité et en quantité, dans la construction des centres spécialisés de prise en charge de ces maladies, dans la promotion de la bonne pratique médicale.
 Que le Chef de l'Etat s'entoure des hommes qui lui disent la vérité et non des béni-oui-oui. Que les médecins du Tchad aient un salaire décent qui peut faire vivre eux et leurs familles afin d'être à l'abri des appâts tendus par les corrupteurs et charognards qui écument le système de santé au Tchad.
  Je reviendra sur d'autres situations liées à la santé pour que les choses bougent.

   Confidentiel: Dr A. H