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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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La réponse logique est bien sur que non. En effet, celle-ci a été presque sacrifiée. Une bonne partie a été utilisée comme chair à canon par les seigneurs de guerre. Qu’ils soient du côté du gouvernement ou du côté de l’opposition armée.

Les conditions de scolarisation sont quasi nulles. Les infrastructures scolaires existantes ont subi une forte dégradation, faute d’entretien alors que des nouvelles réalisations en matière d’infrastructure scolaires sont insignifiantes par rapport à la progression démographique connue par le pays.

Les infrastructures de loisirs sont inexistantes. Par exemple, comment peut-on imaginer qu’un pays au 21e siècle ne dispose pas des salles de spectacles. Au Tchad, il n’existe ni salles de cinéma, ni salles de théâtre. Pire les infrastructures sportives héritées de premières heures de l’indépendance sont restées presque à l’état. Aucune initiative n’a été entreprise pour un véritable épanouissement des jeunes tchadiens.

Les performances réalisées jusque-là par la jeunesse tchadienne sont timorées et ne sont pas du tout à la hauteur des talents de notre jeunesse.

En matière d’images, l’unique exemple que le Tchad est en mesure de brandir est celui du cinéaste Mahamad Saleh Haroun. A propos de la musique, le seul exemple qu’on peut citer avec fierté est celui de la lauréate de la découverte RFI 2007 Mounira Mitchala. Sinon pour les autres musiciens faute de soutien, ils n’arrivent pas à décoller et déborder les frontières nationales.

En matière de théâtre, malgré le travail tétanique abattu par feu Baba Moustapha pour baliser le terrain, les jeunes tchadiens faute d’appui conséquent n’arrivent pas à y exploser.

En athlétisme le talent des tchadiens a été révélé dès les premières heures de l’indépendance par feu Ahmad Issa dit ‘‘ la gazelle’’ mais en dehors de notre championne nationale Kaltouma Nadjinan, la relève se fait attendre alors que le pays regorge des potentialités considérables.

En football, le Tchad n’a jamais pu accéder au 2e tour des éliminatoires organisées par la CAN pour participer à cette grandiose manifestation africaine à savoir la coupe des nations. Pire, le Tchad n’a jamais réussi à remporter la coupe de la CEMAC alors que celle-ci est vraiment à la portée de nos poulains.

Rappelons tout simplement que le Tchad est le pays de TOKO, Jaffet Ndoram, Maître Taureau, Bébé Jazz et d’autres ; pourquoi, malgré ces bels exemples de réussite nous ne pouvons nous hisser à un niveau honorable. D’autres disciplines tel que : le basket, le volley-ball, le handball, la lutte traditionnelle etc… sont autant des occasions qui auraient du permettre à nos jeunes d’exceller. Malheureusement, la négligence voire l’ignorance affichée par les dirigeants vis-à-vis de la jeunesse tchadienne, confine celle-ci (la jeunesse) à de rôles médiocres.

Nous pouvons noter par ailleurs que même en matière de formation de ressources humaines, il n y a pas un engouement particulier pour donner une formation conséquente à nos jeunes. En effet, les différents établissements semi universitaires érigés dans certaines grandes villes n’ont jamais fait l’objet d’une étude préalable relative au contexte géographique et social, à la viabilité ainsi qu’à la garantie d’assurer à l’établissement un corps professoral disponible et compétent et enfin avec un budget avec ses deux volets : fonctionnement et équipement tout en déterminant qui le supportera. Est-ce qu’il sera supporté dans son intégralité par l’Etat ou une partie doit revenir aux collectivités locales bénéficiaires sans oublier de prévoir la possibilité à accorder aux établissements de pouvoir générer de ressources propres à travers les frais d’inscription et de scolarité, dont les taux seront plafonnés afin de les rendre accessibles à tous.

Quant au complexe en construction, il n’a pas la dimension d’un véritable campus universitaire. Le Tchad, après cinquante (50) ans d’accès à la souveraineté nationale et surtout après le nouveau statut qui est le sien ; pays pétrolier, doit montrer à sa jeunesse qu’elle est choyée et qu’elle mérite un joyau, qui sera l’un des plus beaux et plus grands campus universitaires de l’Afrique. Si l’on prend en compte une considération qui a provoqué tant de bruits et qui fut la cause de la brouille entre Deby et la Banque mondiale, à savoir les 5% du revenu du pétrole destinés selon l’accord initial entre les deux partenaires aux générations futures mais violé par Deby, la jeunesse tchadienne est en droit d’attendre plus que des miettes.

L’édification tout comme la rénovation des bâtiments publics à l’instar du lycée Jacques Modeïna de Bongor est une charge supportée par le budget de l’Etat. Elle ne peut en aucune manière être considérée comme un don fut il celui du chef de l’Etat.

Jeunesse tchadienne réveille-toi. Il te revient à toi de défendre tes droits. Ta grogne ne doit pas se limier seulement à une revendication de bourses.

La jeunesse tchadienne se doit d’arborer l’étoffe de la responsabilité et se montrer plus ambitieuse et plus exigeante dans ses revendications. Elle doit par ailleurs se sentir davantage concernée par la notoriété du pays, l’honneur et la dignité de son peuple. Ces vertus ne s’octroient pas mais elles s’arrachent.

Jeunesse tchadienne l’avenir est à toi, donc c’est à toi de jouer pour créer les conditions d’un avenir radieux au Tchad.

 

Fait le 05 novembre 2010

 

Dr. Ali Gaddaye